DE LÀ 8CH0LASTIQUE. — CHAP. X
sert pour prouver les autres. L'Église, avec ses dogmes religieux , avait donc la même foi qu'Ans» tote. Seulement, il était évident que les principes du philosophe n'étaient pas les mêmes que ceux de rÉglise, et qu'un jour viendrait ou, s'ils avaient réellement en eux de la vie et de la vérité , ils en* treraient en lutte avec ceux de l'Église. De là, les proscriptions de la Physique et de la Métaphysique du Stagirite, au moment même où la Logique était imposée à toutes les écoles. Mais bientôt l'Église dut tolérer la contradiction dans les matières réservées, de piéme que plus tard le péripatétistne fîit exposé aux attaques de Bacon , combattant les principes physiques d'Aristote, de même que la Scholastique avait combattu , pat; ces principes aussi, ceux de l'Église toute puissante.
La France ;^ut , comme l'on sait , le berceau et le théâtre de la Scholastique. On ne peut douter que ce développement des esprits en France au onzième siècle, ne tînt aux mêmes causes qui avaient fondé, par les Capet, la grande unité nationale , destinée au bout de sept siècles à détruire la féodalité. C'est de Paris et de ses écoles que partit ce mouvement prodigieux qui entraîna l'Europe, comme c'est encore de Paris que sortit, au dix-hui« tième siècle, la philosophie toute révolutionnaire, dans laquelle l'Europe est aujourd'hui emportée. La Scholastique tant attaquée et si peu comprise, a, selon nousi amplement payé sa dette à la France, qui Tavait produite ; et nous ne craignons pas d*af-
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firmer que c'est à la Scholastique que la langue française doit cette précision j cette clarté qui en ont fait le plus actif et le plus précieux instmment des idées, dans les temps modernes. Sans les travaux si subtils de la Scholastique, sans ses dissections logiques, qu'on nous passe le -mot, notre langue n'aurait jamais atteint cette prodigieuse netteté qu'aucune autre n'égale. Je ne pense pas faire un second paradoxe , en ajoutant que c'est encore à la Scholastique que la pensfc moderne doit cet esprit de méthode que l'an* tiquité possédait à un degré beaucoup moins haut, et dont l'Europe accorde le prix à la France, ed la prenant pour son modèle et son guide.