‹ De la logique d'AristoteChapitre 201 sur 244 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

Des écoles protestantes et des purs péripatëticiens.

La Scholastique, attaquée par tous les novateuiii déchirée par des divisions intestines , ne pouvait résister au mouvement général de progrès dont b seizième siècle était animé. Les plaisanteries d'Érasme, les dédains de Reuchldn, d'AgrippSf les réfutations graves et sérieuses de Vives, étaient des coups violens qu'elle ne pouvait plus snp poMer. Le protastantîsine t4nt VmchBwtv, EBe pt

DES ÉGOLBS PROTESTÀNTSI. — CHAT. XI. 255

fut plus cultivée et entretenue que par la portion la moins éclairée du catholicisme. La cour de Rome, qui jadis l'avait combattue quand elle était .une innovation et une hardiesse ^ en prit hautement le patronage quand elle ne fut plus , comme Rome elle-même « qu'un débris du passé. La Sehoiastique subsista donc encore quelque temps parmi les ordres religieux. Les Dominicains^ les Franciscains 9 les Cisterniens, qui l'avaient mise au monde , lui restèrent fidèles. Les Jésuites eu mêmes, tout récents qu'ils étaient, et quoique eltofants du seizième siècle, durent par position l'adopter et la défendre. La congrégation de Saint- Maur , toute livrée à l'histoire , n'étudia la Sehoiastique que sous ce point de vue , et c'est à ses laborieux élèves que nous devons la publication de la plupart des monumens qui forment et ho* norent la Sehoiastique.

Parmi tous les travaux des scholas tiques péripatéticiens du seizième siècle, et même du dixseptième, il n'en est pas un seul qui soit vraiment remarquable. Ils se poursuivent presque sans interruption jusque vers la fin du dix -«septième siècle , et il ne serait peut-être pas impossible de suivre encore leurs traces jusqu'à nos jours. Dans cette agonie de la Sehoiastique , deux points méritefit d'être notés : les Jésuites portèrent la logique d'Âristote , avec l'é tilde de la Sehoiastique, dans le nouveau monde; Mexico et la Yera- Grux virent des commentaires de l'Organon im*

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primés dans leur sein '. D'un autre côté , les Jésuites , qui furent les derniers à faire de savantes et laborieuses recherches ^ de dialectique scholastique, tentèrent une réforme en Logique, vers le milieu du dix-septième siècle. On peut citer, sous ce rapport, le père Honoré Lefèvre, jésuite français, qui professait à Lyon, en 1660. Mais ces eiforts, sans énergie véritable, furent infiructueux.

I Dans cette dernière période de la Scholastiqae, le spectacle qu'offre sa décadence n'a rien qui puisse intéresser réellement la philosophie. Elle se traîne encore pendant deux siècles à côté des lumières qu'elle ne veut pas accepter, qu'elle ne peut pas éteindre, et elle expire à l'entrée de ce dix-huitième siècle, qui n'eut pas à la détruire, comme il détruisit tout ce qui avait vécu jadis de la même vie qu'elle.

Mais si la Scholastique pouvait périr, la doctrine d'Aristote avait toujours en elle-même un af^ nir qui ne lui pouvait manquer. Étudiée depuis tles siècles en logique , elle ne l'avait été que beaucoup plus récemment en physique et en histoire naturelle. Ce n'était guère qu'au treizième siècle que ces deux parties du péripatétisme avaient été cul-

I. La Logiqne d'Antonio Eubo, impriinée à Mexico» «t VezceUent Conunenuire d'Alphonse de la ▼era-Craz, împriBé i Mexico, i544.

a. Entre antres le CoamenUiiie de rUoiversîli de GoUm* ar rOrganoB.

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