‹ De la logique d'AristoteChapitre 202 sur 244 · DES ÉCOLES PROTESTANTES. — GHAP. XI · texte numérisé non relu

DES ÉCOLES PROTESTANTES. — GHAP. XI

tivées ; et dans ces deux branches de la connaissance , d'ailleurs moins travaillées que la dialectique y la domination du Stagirite n'était ni moins complète , ni moins étendue. Elle était donc loin encore d'être épuisée au seizième siècle , et elle avait plus d'un siècle à vivre avant de suc* comber sous les attaques de Bacon et de Descartes.

D'un autre côté , la logique même d'Aristote , mieux connue par les travaux de philologie et de critique, dont elle continuait à être l'objet, apparut avec tous ses mérites , quand on l'eut dégagée des accessoires dont la Scholastique l'avait étouffée. On revint donc à TOrganon lui-même , en écartant tout ce qui ne lui appartenait point, et en général les esprits sages et impartiaux recon^ nurent le génie d'Aristote en Logique, aussi sincèrement que le moyen-âge lui-même; mais ib le comprirent mieux , et l'admirèrent à meilleur escient. , •

De là cette grande école du péripatétisme padouan , qui eut Pomponace pour premier représentant , et qui compte en Logique des hommes tels que Zabarella, maître de Pacius, et Campanella lui-même, qui, tout en essayant de refaire les Catégories , est resté profondément fidèle à la doctrine d'Aristote. C'est de l'Académie de Padoue , que se répandit d'abord en Italie , et plus tard en Allemagne et en France , cette sage appréciation du péripatétisme, à laqueUe se rangèrent

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les bons esprits, parmi les catholiques et les protestants, et dont Iieibuitz fut, deux siècles plus tard , l'illustre représentant.

Cette intelligente réserve est le caractère àûnent de Mélanchton , et l'une de nés gloives. Loin de partager les haines furibondes de Luther contre Aristote , il s'attacha dès le principe à distinguer le maître de ses écoliers. En poursuivant les travaux de Rodolphe Agricola , et les leçons de Stadianus, son maître d'Heidelberg , il parvint à rendre le péripatétisme acceptable, même au plus hardis novateurs; il l'isola de la Schplsitique. C'est ainsi qu'à Wittemberg, à Leipsick,i Rostoch , il établit la domination exclusive d' Aristote , et fonda des chaires spéciales pour l'enseignement de l'Organon. Lui-même, dès iSao, il donna l'exemple ; et sa dialectique, où il conservait encore les mots techniques de l'École , fut dès lors le manuel de toutes les universités protestantfls; le Ramisme l'ébranla , mais ne la renversa pas. Les doctrines de Ramus prirent cependant assez de développement dans les écoles protestantes, pour qu'à la fin du seizième siècle KeckermaiiB et Beurhusius crussent devoir tenter une oobcîliation. Mais la faveur dont jouit le Ranaîsme M ne fut ni bien étendue , ni bien durable ; il avait trop peu de profondeur et d'originalité. Quelques autres circonstances, indépendantes de la philosophie, venaient d'ailleurs se joindre à ses difr feuts pour infirmer son autorité. Le» pnnoea m

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bdéral se montrèrent hostiles aux doctrines de Eimus, et leur avis était, surtout alors, d'un grand >idsy parce qu'iU étaient les fondateurs et les pro* f teurs des universités* Malgré tous les efforts î Mélanchthon, la Scholastique avait reparu dus I écoles protestantes ; on crut qu'un npmreau loyen de la combattre était de lui opposer lep riocipes encore peu connus du réformateur ençais ; mais il était trop tard : la Scholastique ; Ramus allaient périr tous deux vers la seconde lOitié du dix-septième siècle.

Mélanchtbon eut ce grand avantage , qu'à une mnaissance profonde de la Ix^que il joignait \fi connaissances les ptûs variées et les plus posi- ?es , et que ses idées pratiques venaient au ser (iurs des idées de théorie et de réforme , qu41 ortait dans Torganisation des univeratés protêt intes. Il sentit et proclama hautement que le rotestantisme, pas plus que Home » b^ pouvait 9 passer d'Aristote : Carere monumëniit jérisiQ' ftis non posswnui^ avait-il dit, et ce ftit la règle e condiuite dont il ne s'écarta point, un seul inbmt Les conseils même de Luther ne pùinMt ébranler, et son génie sagace et fondateur Femlorta sur la fcAigue de son impétueux ami Benlant que Luther abattait l'Église de ses coups viciants, Mélanchtbon acquérait et méritait la gloire 4en modestet mais utile, de communia Germaniœ frcfceptor; et quand il resta chargé de tout le poids iu proteiitantismB ^ apnès la mort de Luther , il

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trouva pour soutenir le dogme nouveau, toute une génération formée de longue main dans ses écoles, à une méthode régulière d'argumentation.

Il serait trop long d'énumérer en détail tous les travaux des écoles protestantes : ils sont fort nombreux , et portent tous l'empreinte du génie logique de Mélanchthon : la clarté sans profondeur réelle. Tout l'effort s'y attache à l'exposition ; mais les idées demeurent sans discussion; ce sont toujours celles d'Aristote et de Mélanchthon. Toutes les chaires de philosophie, dans les pays réformés , ont été , jusqu'à Puffendorf , occupées par de purs péripatéticiens. A Leipsick en particulier, il y avait une chaire d'Organon ; et c*est en général le titre que prirent toutes celles deL(h gique. Parmi les plus célèbres professeurs, on pourrait citer; à Leipsick, Neldelius, qui a £ùt un commentaire sur l'Usage de l'Oï-ganon ; à Tu* bingue , Schegkius ; à Rostoch , David Ghytrœos, qui a écrit sur l'Étude de la dialectique; à Strasbourg , Hawenreuter, qui a commenté les Derniers Analytiques; et tant d'autres: Scherbioit Sonner, Piccart, Homeius, Dreier, Zedler.AAltdorf, à Helmstadt , à Genève, à Koenigsbei^, dans toutes les écoles de Hollande , celles d'Angletem et d'Ecosse, on cultivait la dialectique péripat^ ticienne avec un zèle égal. A Oxford , on payait une amende de cinq schellings pour tontes les Êiutes que l'on commettait contre la logique d'Aristote. Mais ce (ut surtout dans les aniver-

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