TOME II, PAGE
De la quatrième figare du Syllogisme.
On sait que la quatrième figure est générale* ment attiîbuée i Galien , d'après le témoignage d'Averroês (Analyl. pr., liv. i ,chap. 8, p. 55, verso, édit. de tSSs'); mais on peut essayer de prouver que cette figure appartenait , comme les autres, aa Stagirite, ou tout au-moins à ses élèves immédiati, Théophraste et Eudème. Il est certain que les comr men ta teurs grecs n'en ont &it aucun usage, ctTasserrion du philosophe arabe doit en conséquence paraître douteuse. En admettant même, ce qui n'est pas probable , que Galien ait donné son nom à cette figure, ce n'est pas lui qui l'a réelleraot inventée.
La quatrième figure existe-t-elle ? et pourquoi les logiciens comptent-ils tantôt trois et tantôt quatre figures? Pour se rendre compte de cesdi* vergences d'opinion, il fiiut voir ce qu*est la qua* trième figure ; et l'on comprendra pourquoi Toa peut tout aussi bien la rejeter que l'admettre.
Le moyen , qui est le terme important, et dont la place diverse forme seule les figures , ne peut avoir que trois positions relativement aux deui termes : i^ou entre les deux, et alors il est moyen par sa propriété et par sa place même; a^ on après
les deux, c'est-à-dire, attribut dans les deux ; 3^ ou avant les deux , c'est-à-dire , sujet dans les deux.
U est impossible d'imaginer une troisième position ; et en ce sens, réellement , il n'y a pas et ne peut y avoir de quatrième figure.
Voici d'où elle vient :
Dans la première figure, où le moyen est entre les deux termes, il peut se présenter deux cas : d'abord le moyen est sujet de la majeure et attribut de la mineure; ou bien , il est attribut de U majeure et sujet de la mineure. On voit qu'il n'en reste pas moins intermédiaire dans Tun et l'autre cas ; seulement , dans le second , le raisonnement est beaucoup moins évident, beaucoup moins naturel que dans le premier; ce second cas est ce qu'on a nommé la quatrième figure.
Je crois qu'il vaut mieux ne pas créer une figure de plus, qui n'en est réellement ppint une, et partager la première en modes directs et modes indirects, comme Tout fait Tfaéophraste, Eudème, Averroès et Zabarella. C'est le moyen seul qui décide des figures; or, dans la quatrième figure, il n'est pas placé autrement que dans la première. Ses rapports aux prémisses sont , il est vrai , différents ; mais sa position n'est pas changée , et c'est précisément cette position qui détermine l'elistence des figures et les constitue.
Pour bien comprendre ces diverses relations des moyens et des deux termes, on peut se les représenter graphiquement dans le tableau sui-
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vant : M veut dire moyen , A attribut ou grand terme y S sujet ou petit terme.
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