‹ De la logique d'AristoteChapitre 3 sur 244 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De raithenticitë de rorgauoa en féuéral.

Pour tout ouvrage de Tauriquité , la première question à résoudre est de savoiri s'il appartient bien réellement k l'époque et à l'homme auxquels on le rapporte ordinairement. De nos jours surtout où l'érudition y en corrigeant tant d'erreurs confirmées par les siècles, en a peut-être commis une nouvelle et non moins grave en poussant le doute beaucoup trop loin , il importe d'établir les titres authentiques de tout ouvrage qu'on étudie, quet> que peu légitimes que soient les motifs de suspidoa. Une série non interrompue de monuments qui commencent à la fin du second siècle avec GaHen, Apulée, et Alexandre d'Apbrodise, et qui se continuent sans lacune jusqu^à nos jours, attestent et constatent la légitimité de toutes les parties dont l'Oi^anon se compose. L'Organon se

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trouve par là dans une position tout exceptionnelle , et c'est peut-être le seul de tous les livres aristotéliques qui ait cet avantage. Ceci s'explique et se comprend sans peine, quand on se rappelle le rôle qu'a joué l'Organon dans toutes les écoles grecques et romaines, dans toutes celles»du moyenâge et de la Renaissance.

Pourtant , l'exemple même des commentateurs grecs doit ici nous servir de leçon. Dans les questions préliminaires qu'ils ne manquent jamais à se poser avant d'aborder l'explication du texte , l'une des plus importantes est d'en examiner l'authenticité. Tous les commentateurs du cinquième siècle j imitant sans doute leurs prédécesseurs, ont suivi cette marche qu'ont adoptée plus tard les interprètes latins, et qu'on retrouve dans Boëce, Ammonius , David l'Arménien ', Simplicius ; ils appliquent tous cette méthode qu'indique la raison elle-méroe, et qui paraît avoir été dès long-temps prescrite dans les écoles. On peut la faire remonter, sans crainte d'erreur, jusqu'au temps de Porphyre et de Jamblique , c'est-à dire au milieu du troisième siècle. Les doutes élevés dès l'âge d'Andronicus de Rhodes sur l'authenticité de certaines parties de l'Organon, faisaient une loi aux commentateurs

z. Un passage du Commentaire de David rArménien , man. 1939, ^ 147 , lierait croire que Ton doit attriboer à Proclos la fixation des dix points préliminaires qoe tonte exégèse doit édaircir avant d*ezpliqùer nn onvragQ aristotéliqae : le nom de la pbilotophie péripatéticienne, i«i point de départ, etc.

DB L'ACTHBimcni Dl L'OEGâNON. — CHAP. I. 45

de les discuter, mais il £sdlut un assez long espace de temps pour que cette méthode fût convertie en règle formelle ; et l'on n'en trouve pas encore Tapplication complète dans les commentaires d'Alexandre d'Âpbrodise.

Si donc les interprètes nationaux ont cru devoir se livrer à cet examen j à plus forte raison devonsnous nous y livrer aussi , bien qu'aujourd'hui l'opinion générale , éclairée par toutes les discus*» sions antérieures , n'élève point de doute sérieux sur l'authenticité de l'Organon, et n'exige point aussi impérieusement une investigation de ce genre. Mais l'opinion générale ne peut être une autorité suffisante aux yeux de l'érudition; et puisqu'on a bien révoqué en doute l'authenticité des poèmes homériques et leur composition , ce sera du moins se mettre en garde contre de futures attaques du même genre, que d'établir les titres irrécusables et l'authenticité de la logique d'Aristote.

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