‹ De la logique d'AristoteChapitre 48 sur 244 · I. AthcDce Deîpnoftoph. y liv. 5 , ch · texte numérisé non relu

I. AthcDce Deîpnoftoph. y liv. 5 , ch

94 FREMIÈRE PARTIE.

Cicérony contemporain etami de Tyranuion^ ignore complètement les circonstances dont parle Strabon. Or, ce silence de Cicéron est de tout point inconcîcvable, si Ton suppose que les autographes d'Aristote étaient a Rome , entre les mains des biblio* thécaires de Sylla. Ce silence est bizarre, mais certainement beaucoup moins incompréhensible, si Ton admet, d'après le récit de Strabon, que les documenssur lesquels travaillait Tyrannion n'étaient que des copies. Cicéron avait étudié à Athènes où se trouvaient incontestablement les ouvrages d'Aristote, comme ils se trotrvaient à Alexandrie; il les Connaissait, sinon tous, du moins laplupart.il étaft donc naturel qu'il attachât moins de prix à une édition plus exacte , il est vrai , mais qui, pour lui, était peu nouvelle. Si l'on suppose, au oon« traire, que la plus grande partie des ouvrages d'Aristote, inconnus jusque là, furent alors pu* bliés pour la première fois, et que Cicéron pou- Tait, comme Andronicus et les libraires de Rome, consulter les autographes mêmes du Stagirite, alors son silence est tout-à-fait inexplicable : mais ce ne sont là que des hypothèses dont rien n'autorise l'exagération.

Ce qui résulte du texte de Strabon, c'est qu'avant les publications d'ApeUicon et celles de Tyrannion et d' Andronicus, les ouvrages d'Aristote étaient imparfaitement connus, et que, dès lors, ils le furent mieux et en plus grand nombre. Ceci n'a rien qui nç s'accorde avec les témoignages des

DB L'AUTHElfTIGiré DB L'OAGANON. — CHAP. IX. 95

commentateurs, qui tous attestent que les ouvrages d'Aristote étaient dans la bibliothèque d'Alexandrie ', et avec le témoignage de Cicéron ', affirmant que de son temps, ces ouvrages sont peu familiers même aux philosophes de profession.

Dans cette hypothèse, qui a pour elle les textes de Fontiquitéet^a simplicité même, on peut^ il est vrai, 96 demander encore ce que sont devenus les auto^ graphes d'Aristote : d'abord cette question n'en subite pas moins, si Ton suppose qu'Andronicus les possédait ; car alors qu'en a-t-il fait, et quel en a été le destin après lui ? mais ce son t là des difficultés qu'on te donne gratuitement. Rien n'indique que Théo* phraste, et l'on peut ajouter Aristote, au moment de sa mort, les possédât. Aujourd'hui même, où les moyens matériels de l'écriture sont si perfectionnés, quel est l'auteur , surtout quand il a été ftcond, qui pourrait transmettre à ses héritiers ane collection complète des manuscrits de tous set ouvrages? Certes, les autographes d'Aristote * Mient été un monument de la plus haute importance : les philologues ont eu grande raison de s'cQ enquérir; mais il est à craindre que leur imagination, bien plus que leur exactitude, ait été ^ jeu. Les autographes d'Aristote n'ont sans doute jamais existé, dans l'état où on le suppose; peut-être Aristote, comme semble l'indiquer la

1* Voir phu hant, p. 37.

>• Gîccroiiy Toir le débat des Topiques.

composition même de plusieurs de ses ouvrages , n'en a-t-il écrit personnellement que le plus petit nombre, et s'est-il contenté de réviser les rédactions de ses disciples? Quoi qu'il en puisse être, un fait certain , c'est que l'antiquité ne nous parle point de ces autographes, et tout ce que les modernes en\peuvent dire aujourd'hui n'est en définitive qu'un tissu de conjectures, sans doute ingénieuses, mais dont aucune, du moins jusqu'à présent, ne repose sur une base solide.

De cette discussion qu'il fallait ici nécessairement aborder, il résulte, en ce qui concerne l'.Organon, qu'il était, selon toute apparence, un des ouvrages les plus connus d'Aristote, que les savants d'Alexandrie le possédaient, et que le souterrain de Scepsis ne le déroba , ni à leurs études , ni à leurs critiques. Il faut en outre rappeler ici de nouveau qu'Andronicus ' doutait de l'authenticité de la troisième partie des Catégories, et de *l'Herméneia, et qu'on en doit conclure qu'il ne possédait pas les autographes, puisqu'ils auraient infailliblement résolu tous ses doutes. •

On peut donc dire, en résumé, que, d'Aristote jusqu'à nous , il est possible de suivre à travers les siècles la transmission non interrompue de l'Organon.

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