‹ De la logique d'AristoteChapitre 50 sur 244 · DI L AUTHEI9TIC1TÉ DE L ORGANON. — - CHAP. X · texte numérisé non relu

DI L AUTHEI9TIC1TÉ DE L ORGANON. — - CHAP. X

d'accord pour le fond, donne cependant quelques variantes. Ainsi : * xpo tûv totcixûv , au lieu de Toirotv : Tçtfl tûv yevûv tou ovto; et irepl âexa yevûv , au lieu de repl Âsxa yevûv toD ovtoç ^ Kairiyopiai âé/ca, etc. lies trois commentateurs repoussent tous ces titres et s'en tiennent à celui de Catégories, KaTTiyopiat; déplus ils l'attribuent à Aristote qui le cite, ajoutent-ils positivement ^ , dans ses autres ouvrages. On a dit plus haut comment il faut comprendre œlte assertion : elle doit aujourd'hui nous paraître inexacte 9 dans Tëtat où nous sont parvenus les ouvrages d' Aristote. Du reste il importe peu qa'Aristote, en employant le mot de KaT^iyopiai, n'ait point voulu indiquer par là le titre même de son traité. Il y a certainement attaché le même sens que nous y attachons, qu'y attachaient les commentateurs : et c'est à lui qu'on peut rapporter avec David, Ammonius et Simplicius, le mot de Kanfiyopiai.

On peut même dire qu' Aristote a forgé ce mot, (wo(tflCToi7oietv, disent les commentateurs), car il lui donne une toute autre signification que celle qu'il mût ordinairement dans la langue. Karriyopta, Mot que le Stagirite ne l'employât à l'usage de sa philosophie, ne voulait dire qu'accusation : et on klRMive fréquemment employé dans ce sens par Ariitote lui-même, notamment dans la Rhéto-

I. iôiplîcfiis , f* 4 ) recto et verso. A et Z. % T«ir plot bant, p. Si.

400 PREMiÈUE PAnriE.

rique ^ De là vient que les interprèles, à commencer par Porphyre ^, ont dû s'attacher à expliquer ce mot, et la déviation que le sens habituel avait éprouvée. « Aristote, dit Porphyre , appelle « Catégories les énonciations des mots appliqués « à désigner les choses : ainsi tout mot simple si- «t gnificatif , quand on l'énonce et qu'on l'applique a à la chose qu'il désigne , est appelé Catégorie : « par exemple, quand nous disons de telle chose <c que c'est une pierre , le mot pierre est un caté- « gorème. »

On peut dire, d'une manière générale, et pour donner une idée claire du mot Catégorie, qu'il répond à peu près à notre mot: attribution. KatTiyopta dans la logique d'Aristote est fort souvent pris en ce sens : Kar/iyopetcôat veut dire être attribué : to 5taT7iyopo'j(jL£vov , l'attribut. Si l'on demande comment le mot de KaTTiyopia , qui signifiait d'abord accusation, a pu changer ainsi d'acception, on pourra s'en rendre compte, en partie du moins, en se rappelant l'acception à peu près aussi singulière que le mot accuser reçoit en français, outre son acception directe et ordinaire : accuser son jeu ^ : accuser son point : accuser les muscles sous la peau.

Le titre de repl ép|xr,vsta; a peut-être embarrassé

I. Rhétorique, liv. i , p. i358, b, xx et pasAÎm. 'À. Porphyre, Questions sar les Catégories. Paris, l543, in'>4. , f* I , verso.

3« Voir ]c Dictionnaire de VAcadcniie française aa mot i Agcvsvh,

DB l'aUTHEMICITK DE LORCAMON. — CHAP. X. -lOi

les commentateurs <ît les philologues , plus encore que celui de Catégories. Les Latins n'ont pas hésité à le rendre, par une traduction très fidèle, mais fort obscure : de Interpretatione. Quand on Ta cité quelquefois en français, on la rendu d'une manière tout aussi peu claire: de l'Interprétation. Boëce s'arrête à ce mot di interprétât io % et il en donne une explication forcée et très peu satisfaisante : a Interpretatio , dit*il , est vox per se ali^ ^quid significans, » Il est évident qu'il a en vue le mot grec, moins encore que l'objet même du traité, et qu'il altère le sens du mot latin. C'est sans doute par un sentiment confus de cette faute que, dans le moyen-âge et dès le temps d'Isidore et d'Alcuin ^ , on abandonna le titre de Boëce : de Interpretatione j et qu'on lui substitua les deux mots grecs ( ^epi épjJiYiveta; ) réunis en un seul, périhemienias, qu'on déclina comme un mot ordinaire : perihermeniarum , perihermeniis. Le mot était barbare; mais, comme il n'avait par lui-même aucim sens , il servait fort bien à rendre l'idée qu'on voulait lui faire exprimer. C'est ainsi qu'on a souvent gardé le titre grec sans du tout le traduire. On pourrait dire, au reste, que cette inscription du livre, si obscure, si mystérieuse, était comme un symbole des pensées difficiles qu*il renfermait.

i« Bocce opéra , p. ^So. Edit. prima in lib. de Interpretatione. 1. Alcoin. opéra y tom. a, p. 3 5o,-*« Isidore, ch. 27, Originuni» lib. a.

Il ne paraît point que ce titre de irapl ép[t»vetaç ait jamais varié comme celui de Kanfiyopiai ; Galien, Alexandre d'Aphrodîse, et probablement Adraste et Andronicus, avant eux, ne connaissent que celui-là. On le retrouve dans tous les catalogues de Diogène%d'Ammonius,etc.Un seul passage de Simplicius polirrait faire supposer quelques changements dans ce titre ^ : « Le traité sur les proposi- <t tions qu'on intitule vulgairement , Ilepl épfXTvetoç. » Mais cette variante de Simplicius parait avoir été peu connue et n'a jamais été adoptée , quoiqu'elle s'appliquât fort bien au sujet de cet ouvrage.

Parmi les tentatives qui furent faites pour expliquer le titre de Trepl Èppveiaç , quelques-unes méritent d'être citées. Isidore de Séville ^ dans son chapitre : de Perihermeniis AristoicHs , dit : « O/n- « nis elocutio conceptœ rei interpres est : indèperi- « hermeniam nominat quant interpretationem n nos appellamus. » La pensée d'Aristote est certainement bien comprise» Saint Thomas 4 n'est pas aussi exact quand il dit : « de interpretatione ctc « si diceretur de enunciatwâ oratione. » C'est l'âwoçavTtKo; Xoyoç d'Aristote et des commenta* teurs; c'est le sujet du livre; ce n'est pas tout-àfait le root même du titre. Duns Scot ^ explique

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