CHAPITRE QUATRIÈME
Analyse des Premiers Analftiqaes.
LIYRE PREMIER.
L'objet de TAnalytique dans son ensemble comme le dit Aristote au début même des \ miers Analytiques , la démonstration et la sci< démonstrative (otTr^J^eiÇiç xal exiçmV'yi àTcoJctxt pag. ^49 a y fo). Mais comme la démonsti^ n'est qu'un long syllogisme , il convient de trfl du syllogisme d'abord, et ensuite de la démon! tion, moins générale que lui fpag. a 5, b, 29)* A: c'est Aristote lui-même, comme on Ta, du re suffisamment prouvé ( ch. 12, i*"^ partie), prescrit l'ordre des Premiers et des Derniers l ly tiques.
Le sujet des Premiers Analytiques est don théorie complète du syllogisme, dans sa natur ses modifications. Dans le premier livre , que commentateurs ont partagé avec raisoiuen t parties (voir plus haut, pag. 109), Aristote blit les règles générales du syllogisme simpf modifié, puis celles de la recherche du mo syllogistique ; et enfin, il étudie la manière ramener les syllogismes à leurs éléments matéi de propositions et de termes , et à leurs élémi
AlfÀLTSB DM VKiM. ASXLUT. — LIY. i; CtTAP. IV. t\i
t formels, d'après la théorie précédemment exposée. Le second livre, dont la division varie, selon les commentateurs , de deux à trois parties, renferme k théorie des propriétés du syllogisme , relative* ment à la natui e et au mode de sa conclusion , ka vices du syllogisme qui peuvent être de plusieiu^s genres ; et pour terminer, dans une sorte d'appendioe,le philosophe donne une exposition des formes * de raisonnements moins pures que le syllogisme , mais qui toutes s'y rapportent nécessairement.
Ch. I, 24, a, i3. Avant d'aborder le syllogisme lai-méme, Aristo te explique différentes expressions dont il se servira dans tout le cours de son ouvrage : proposition, terme, syllogisme complet et incomplet; et de plus, les expressions qui coa<* cernent l'attribution, et qui sont ainsi formulées : être ou n'être pas dans tout, être attribué à tout, n'être attribué à aucun (rî 'Trpdra^ç, ti opoç, xat ti ft[iKki/fuj[L6ç , [UTa 8i Taura ti to év oXcr> elvai h ^Ly\ twan rtôt Tâ^e, xol ti X^yoï/iv ti xocTa ttovtoç h pcTi^evèç xaTTrppetGOai). On verra , un peu plus bas , qu'Anstote confond ev oXc^ elvai h piiii elvai et xotk iracvroç h l&Ti^evoç xamyopeiddai.
La proposition , relativement à sa forme , peut être affirmative ou négative, universelle ou particulière, ou indéterminée; c'est toujours, comme on le voit, la théorie de rép[i.>(veia. Relativement à sa nature , elle peut être démonstrative ou dialectique. La démonstrative se partage en syllogistique ilimpie (cruU^oyiçtxA iiA&çjy affirmant ou niant
une chose d'une autre , et en proposition démons^ trative, proprement dite, qui conclut le vrai^ d'après les données primitives (^là tûv èÇ «pj^^ç uiToOldecûv). La proposition dialectique est un des membres de la contradiction , accordé comme yrai| par suite d'une interrogation (ipcÂTYiaiç âvTif obecaç), ainsi qu'on l'a dit dans les Topiques.
Cette citation des Topiques , peut sembler assez singulière y placée comme elle l'est ici ; car elle renvoie à une discussion moins complète; cependant elle est exacte , et peut s'appliquer au liv. I, ch. I. p. loo, a, 29.
Du reste , que la proposition soit démonstrative ou simplement dialectique , peu importe pour la formation même du syllogisme (ou&èv 8i ^loiaet srpoç t6 yevIoSai t^v éxaTepou ouXXoyKrpLov).
Aristote poursuit ses définitions , et de la proposition il passe au terme (^poç), et au syllogisme complet et incomplet. Il est inutile de faire remarquer toute l'importance de la définition du syllogisme; elle est célèbre ; la voici telle que la donne Aristote : .
Ch. I, p. 24, b, 16. «J'appelle terme, dit-il, « ce en quoi se résout la proposition , c'est-à-dire, « l'attribut, et le sujet auquel il est attribué, soit « qu'on les unisse , soit qu'on les sépare par les « idées d'être ou de non-être ( d'affirmation ou de oc négation ). Le syllogisme est une énonciation « dans laquelle, certaines assertions étant posées , <c par cela seul qu'elles le sont , il en résulte né-
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c cessairement une autre assertion, différente tdes premières. Par cela seul qu'elles sont, veut cdire que c'est par ces assertions que l'autre « est produite ; et être produite «linsi , signifie qu'il « n*est besoin , pour que le nécessaire en résulte , «d'aucun autre terme étranger. J'appelle donc «syllogisme complet, celui dans lequel il ne faut « rien de plus que les données , pour que le néces- « saire apparaisse, et incomplet, celui qui a besoin, ^ « au contraire , d'une ou plusieurs données qu'on «ajoute, lesquelles sont bien aussi nécessaires^ « d'après les termes supposés, mais qui, toutefois, « ne sont pas énoncées dans les premières pro- « positions. j>
Voici comment Aristote s'exprime sur les propositions universelles , affirmatives et négatives :
et Qu'une chose soit en entier à une autre, ou que « l'une soit attribuée à l'autre totalement, ce sont « là des expressions identiques. J'entendf par être «attribué à tout, qu'il ne soit pas possible de « prendre l'une des parties du sujet, dont l'autre « ne puisse être dite ; et de même, pour n'être attri- « bue à rien. »
On serait peut-être plus clair en adoptant , pour exposer les idées d' Aristote, les formules créées long-temps après lui, et notamment, les quatre lettres qui désignent les propositions des principales espèces : A, £, I, O; mais ici, comme plus haut, on croirait manquer à la fidélité de cette analyse , si l'on employait des notations qui
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ne sont pas à l'usage du Stagirite; on aurait tort de les mêler à sa théorie, quand il s'agit de la connaître en elle-même, indépendamment des secours matériels dont elle a été entourée par d'autres mains.
Aristote vient de parler de syllogismes complets et incomplets ; il est évident qu'il faudra ramener les derniers aux premiers , c'est-à-dire les rendre parfaits ; autrement ^ l'évidence manquerait au syllogisme. Le principal moyen de ramener la seconde espèce de syllogismes à la première , c'est la conversion des propositions («vnrpofYi). Aristote, sans parler de cette utilité de la conversion, en établit les règles dans deux chapitres, avant de donner la théorie spéciale du syllogisme et de ses figures.
Cb. a, a5^a, i. — Cb. 3, aS, a,27. D'abord, il traite de la conversion des propositions simples , et ensuite de la conversion des propositions modales ; ici , se retrouve , comme l'on voit , la grande division admise dans rép(XTfveia. Aristote trace les règles des unes et des autres, et il établit que la proposition universelle négative ( tt]v piv èv Tw ÛTOpjç^eiv xaôoXou çifyitvLh^) se convertit dans ses propres termes , c'est-à-dire , simplement , pour parler le langage de la Scholastique ( toiç jfpoiç Am-^ rp^f etv ). Ainsi, la proposition universelle négative : Aucun plaisir n'est un bien , se convertit en cette autre proposition universelle négative : Aucun bien n'est un plaisir. En continuant cet exanten , Ans-
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tote recannait que la proposition universelle affirmative (^5, a^ 7; TTiV xaTTiyopixYiv ) se convertit en une proposition particulière (xarà (xipoç); que la particulière affirmative se convertit simplement ^ comme on Ta dit plus haut pour l'universelle négative; et enfin, que la particulière négative n'a pas de conversion nécessaire (ojxfièvayxaiov). Aristpte donne ici des exemples de ces quatre espèces de conversion; et au lieu d'exemples concrets 9 il se sert de simples lettres, à la manière des géomètres.
Ch. 3y 25, a, 27. Les règles de la conversion des modales sont à peu près aussi simples ; seulement la conversion n'affecle pas le mode, mais bien y ce qui lui sert de sujet, le diclum. Il faut remarquer, en outre , que la conversion des propositions contingentes s'écarte de celle des autres modales, en ce que contingent (èv^e^oiuvov ) ayant trois signffications, comme on l'a vu dans l'ip [jt.Y(veia| (svaYxalov,To \f/h oréotrpMLWi, Kcà to ^uvaTOv), il faut distinguer avec soin ces trois significations di-^ verses, les deux premières admettant la conversion ordinaire, mais la troisième ne permettant pas à rimiverselle négative de se convertir (â5,b, 17), comme ou l'a vu plus haut pour les propositions simples. Aristote renvoie , du reste , ici à sa théorie ultérieure sur le contingent, et il a certainement en vue les régies , qu'il exposera plus loin , pour le syllogisme, dont l'une des propositions^ ou les deux
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même, sont contingentes (aiév^e^fipievat'TrpoTa^eiç). (Voir un peu plus loin l'analyse du cb. 8).
Ch. 4» ^^9 1^9 ^6* Cleci posé^ Aristote passe au syllogisme, et en fait une étude spéciale dans ce qu'il appelle ses diverses figures ((r^^TijJux). Le syllogisme se compose de trois termes, dont un doit être attribué à un autre dans la conclusion ; le troisième terme, sans y entrer, doit servira montrer, comment le premier et le second peuvent être entre eux dans le rapport de sujet et d'attribut. Ce troisième terme, qui, dans les deux propositions, sera réuni tantôt à l'un, tantôt à l'autre des deux termes qui forment la conclusion, est ce qu'on appelle le moyen ( (iLé(Tov ). Dans la pensée, le moyen est donc toujours entre les deux autres termes, qu'on appelle les extrêmes (toc axpa); mais, dans la forme matérielle du syllogisme, il se peut que ce terme moyen n'occupe point sa place propre^ et soit posé ou après, ou avant les deux extrêmes. C'est là ce qui constitue la différence des figures du syllogisme. Je laisse Aristote exprimer lui-même comment se présentent à lui ces figures du syllogisme; les voici toutes les trois : v (ch. ^f\>.^5y b, Sa) Lorsque a les trois termes sont disposés de telle sorte, les « uns relativement aux autres, que le dernier est « dans le moyen tout entier, et que le moyeji est «c dans le premier tout entier, soit affirmativement, « soit n^ativement, il faut nécessairement qu'il