‹ De la logique d'AristoteChapitre 86 sur 244 · LIVRE PREMIEB DES TOPIQUES · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIEB DES TOPIQUES

Aristote débute, selon son habitude , par exposer, d'une manière générale , Tobjet qu'il se propose, et ici (ch. i. loo, a, 18), « l'objet de ce 9 traité, dit-il, est de trouver une méthode qui « nous mette en état de raisonner sur toute espèce « de sujet, en parlant de données probables, et « qui nous apprenne à ne point nous contredire « nous-mêmes, dans le cours de la discussion. » Ces opinions probables, sur lesquelles va reposer toute la doctrine des Topiques , spnt celles qui ont pour garant l'autorité des hommes, que l'on prenne d'ailleurs la totalité des jugements humains, ou la pluralité, ou bien qu'on s'adresse seulement aux sages, et parmi eux encore, soit à la totalité^ soit à la majorité, soit même à la minorité des plus connus et des plus illustres.

Aristote reconnaît quatre genres de syllogismes: le démonstratif, qui part de principes vrais, primitif , évidents par eux-mêmes , et sans qu'il soit nécessaire d'en rechercher la cause; le dialectique^ qui part des opinions probables, ayant pour elles d'imposants suffrages ; l'éristique (èpirixoç) ou con • testable, partant d'opinions qui semblent probables, sans l'être cependant réellement; enfin, une quatrième espèce qui ne mérite même pas le nom de syllogisme , parce qu'elle ne donne pas un raisonnement proprement dit ; c'est celle qui semble procéder d'opinions paraissant probables, .mais

SS4 AVcxiin PAftTq^ ^ ssmnm u

qui, par quelque vice de foripe, n'en procède même pas véritablement.

loi, a, 5. Il faut joindre à ces quatre espèces dusyllpgisiiie, le paralogisme, qui se rapproche de la dernière , mais qui est borné à une science spé* ciale, dans laquelle on prendrait des données Élusses, qui n'auraient même point pour elles Tassentiment d'aucune autorité.

Aristote s'arrête fort peu à ces distinctions du syllogisme, il nefait qu'en donner une esquisse (âç Tuir» ireptlaSsiv) , comme il le dit lui*méme; et cette réserve semble tout-à-fait convenable, si l'on admet que la composition des Topiques est postérieure à celle des Analytiques. Il est peu probable, en effet, qu'Ariatote n'entende point encore ici par syllogisme démonstratif, tout ce qu'il a compris sous ce nom dans les traités qui précèdent

Ch. 2 , loi , a, a5. Cette étude des Topiques peut être utile de trois manières} i"* d'abord, comme exercice d'intelligence (yu|4v«9(av); a* elle peut servir aux discussions , où l'on ne rencontre habituellement (irpàc t«c vnviiuç) que ces opinions probables, qui servent de point de départ à la dit*» lactique ; 3* enûn , elle peut être bonne mépie k l'acquisition de lu connaissance philosophique («fiiç tàc xotrà fiXosof (oey imci(|ACK)9 ^ dei prioci|>iS eoxpmêmes. Investigatrice par nature {tiSjiftmçaà yJBpoiira), la dialectique peut ouvrir le cihewin ymn les priacipei généraux des aoieneai^ tool en proeédâot pqr le pffdbaUa

AiiALTii hm Toan^/OË». •^hsv. u enàp. ti. S55

Ch. 3y 10I9 9, 5. Il serait à déiirer ici que la méthode qu'on trouvera fût aussi bonne que celle de la rhétorique et de la médecine, et qu'on arrivât |dfi moins 9 à savoir tirer tout le parti po!tsibIe des éléments dont on peut disposer. (;^i voit par et vœu d^Aristote qu'il assimile la Topique à un art, et qu'il est loin de la placer k la même hauteur que la science analytique.

Ici finit la première partie de ce livre, et ce qu'on pourrait appeler l'introduction des Topiques. Aristote y a exposé l'objet, et l'utilité de la méthode dialectique qu'il va développer. Il cherche, dans la partie suivante, k montrer sur quels éléments elle s^ezerce, c'est^^'^dire , quelle est la matière et la forme des discussions dialectiques*

Ch. 4 9 lof , b, 1 1 • Il énumère donc les seuls objets possibles de toute discussion, et ces objets sont précisément ceux des jugements et des syllogismes. Cette- classification est la base même de toute la Topique : et l'on verra qu'elle sert à' en donner les divisions principales; Aristote y demeure constamment fidèle. Voici comment il Pexpose hii-méme :

Gh. 4, lof, b^ 1 1. <K II faut voir d'abord d'où « procède cette étude. Si nous avions en eflfet tous < les oîbjett auxquels s'appliquent les raisonne- « meotS| et ceux dont ils sont formés, si nous avions « en entre les moyens assurés de nous les procu« « inv BOUS miricms préoisépent oe que nou&^cher» « chooa. Ût sont en effet oes objets identiques el

556 Mtuxiàias partie. — section i.

« égaux en nombre que ceux d'où viennent les « raisonnements (Xoyoç)) et ceux auxquels se rapcc portent les syllogismes. Les raisonnements secom* a posent de propositions, et les syllogismes concera neut les questions. Or toute proposition, comme a toute question, ne démontre que le genre, ou le « propre, ou Taccident, puisque la différence , en a tant qu'appartenant au genre, doit être classée « avec lui. Quant au propre, il peut à la fois ex- « primer, ou ne pas exprimer, l'essence même de la « chose : divisons-le donc d'après ce point de vue; a et que le propre, qui exprime ce qui fait Tesa sence de la chose , soit appelé définition (j^)i a et que l'autre espèce de propre garde spécialea ment la dénomination commune aux deux. Ceci « montre donc évidemment que, d'après notre di- « vision , il n'y a ici que quatre objets en tout : le «c propre, la définition, le genre et l'accident. Qu'on a ne suppose pas du reste que nous veuillons dire « ici, que chacune de ces choses forme à elle seule a une proposition ou une question; nous disons « seulement que ce sont elles qui forment toute « question, toute proposition. La question et la « proposition diffèrent par la forme ; en void mi a exemple : Animal terrestre bipède, est-ce la dé- « finition de l'homme? Animal terrestre bipède, « est-ce le genre de Thomme? C'est une proposi- « tion. Riais si l'on dit : Animal terrestre bipède, « est-ce, ou n'est-ce pas, la définition de l'homme? « ou bien, l'animal est-il legenre de l'bomtne^CNi ne

A9ALTSE DIS TOPIQUES. — LIV. I. CBAP. TI. 557

c l'est-il pas? C'est une question , et de même pour « tous W autres cas. Ainsi les questions et les pro« c positions sont toujours en nombrei égal; car de « foule proposition , on tirera une queslipn y en m ne faisant que changer la. forme.

« Ch. 5., loiy b, 38. J^ terme ou définition « exprime ce qui fait Tessence de la chose. On 0 peut du restte. remplacer l'explication complète « par le nom simple , ou' substituer une explicac tion H une autre explication

« loa, a, i8. Le propre n'exprime pas l'essence « deja chose; mais il n'appartient qu'à la chose « 3eule f et il peut être pris réciproquement pour c elle* Par exemple,, le propre de l'homme^ c'est 9 de pouvoir apprendre la grammaire : car, s'il est «homme, il peut apprendre la grammaire; et, « s'il peut apprendre la grammaire, il est homme. « En effet, personne n'appellera Propre ce qui • c peut être aussi à une autre chose; aipsi, on ne « ,dira jamais que dormir soit le propre de l'homme, « quand bien même il pourrait se faire que, du- «rant quelques instants, l'homme seul possédât c cette qualité. Si donc on, donnait comme Propre « une qualité de ce dernier genre, on ne donnerait « p^s ainsi un propre absolu^ mais, un propre tem- « poraii*e et relatif. Ainsi, être adroite, peut être un ç propre temporaire; avoir d^ux pieds, peut être « un propre relatif de l'homme, par rapport au « cheval ou au chien. On voit donc qu'on ne peut « Élire une attribution réciproque des choses qui

55»^ DEUXIÈME PÀllTlE. *- SECTION I.

« peuvent appartenir aussi à quelques autres; car « il n'y a pas nécessité, par exemple, qu'un être c qui dort , soit homme.

« Le genre est ce qui est attribué essentiellece ment à plusieurs objets qui diffèrent en espèce. « J'appelle attribut essentiel ce qu'on peut ré- « pondre, quand on demande ce qu'est l'objet en « question. Par exemple, si l'on demande pour « rhomme ce qu'il est, on peut répondre qu*il est « animal....

a L'accident n'est rien de tout ce qui précède; « il n'est ni définition , ni propre , ni genre; « mais il appartient pourtant à la chose. Cest tf aussi ce qui peut être, ou ne pas être , k une « même et unique chose : ainsi, être assis peut être, ' a et ne pas être, à une même et unique personne; « et de même pour sa blancheur ; rien ne s'op- • « pose à ce que cette j)ersonne soit tantôt bl;inche « et tantôt ne le soit pas. La seconde définition de « l'accident vaut mieux que la première. Celle-ci a en effet, pour être comprise, exige qu'on sache « préalablement ce qu'est la définition, le genre « et le propre : la seconde, au contraire, suffit à « elle seule pour faire connaître ce qu'est en soi « ce qu'on cherche ici.... Du reste, l'accident peut « être un propre temporaire et relatif; par exem- « pie : être assis, qui est un accident, devient un « propre, si on l'est seul ; et , si l'on ne est pas seul, « ce sera un propre , relativement k ceux qui ne « sont pas 85619. Ainsi dans tel temps, relativement

Àlf ALY8S DBS TOPIQUES. -* UT. I. CHAP. VT. K9

a à telle chose, Taccident peut devenir un propre; « mais absolument parlant , il ne Test pas.

« Ch. 6, 102, b, 117. Il faut remarquer que tout 0 ce qu'on a dit ici du propre /du genre et de « Taccident, pourrait s'appliquer aussi bien à la « définition.... et toutes les choses que nous avons « énumérées sont, d'après ce que nous venons de « dire^en quelque sorte définitrices; ce qui ne veut « pas dire pourtant qu'on doive les confondre dans « une seule étude.... »

Ch. 7, io3, a, 6. Aristote définit ensuite les diverses significations de Fidée du même, et il se résume ainsi (ch. 8, io3, b, i) : tt Pour se convaincre c que tous les jugements se forment des éléments « énoncés plus haut, que c'est par eux qu'ils se pro- « duisent 9 et que c'est à eux qu'ils s'appliquent, il c existe une première voie : c'est celle de l'induction, c £n examinant , en effet , chacune des propositions « et des quesitions, on verra clairement qu'elle vient « toujours de la définition, du propre, du genre « ou de l'accident. On peut aussi prouver ceci par «raisonnement (ouXkoynsiuiïà). Il faut nécessairement a que tout ce qui est attribué à une chose, puisse 4 « ou ne puisse pas, en recevoir réciproquement « l'attribution. S'il peut en recevoir l'attribirtion « réciproque, c'est une définition ou un propre: «définition, s'il exprime l'essence delà chose: « propre , s'il ne l'exprime pas. Nous avons en « eifet nommé Propre, ce qui est réciproquement « attribué à la choses sans exprimer son eatcnoe.

540 DIUXlEin PARTIE. — SRCTION I.

K S'il ne peut être attribué réciproquement à la m chosç, il fait partie , ou ne fait pas partie , delà <c définition du sujet. S'il fait partie de la définice tion, il est geifre ou différence ; car la définition ff Tient du genre et des différences. S'il ne fait pas a partie de la définition , il est clair que c'est un ce accident : car on a nommé accident ce qui n'est ce ni définition , ni genre, ni propre , et qui cepena dant est à la chose.

a Ch. 9, io3, b, ao. L'accident, le genre, le « propre et la définition , sont toujours dans ce quelqu'une des dix catégories, puisque toutes ce les propositions qu'ils forment expriment toua jours la substance, la qualité, la quantité ou a telle autre des catégories. »

C'est ici que se trouve, comme on Ta dit antérieurement (Voir première partie, p. 5i), l'énumération complète des catégories, la seule qu'on puisse citer dans les œuvres d'Aristote, et qui, de plus, les donne avec l'ordre même, où elles sont développées dans le traité spécial qui porte ce nom. Ainsi, l'on doit penser qu'à l'époque de la composition des Topiques, Aristote avait déjà fixé^ si ce n'est écrit, la doctrine fondamentale de l'Organon.

L'attribution est essentielle (oùaiocv aY)|taivei), quand le sujet et l'attribut sont tous deux dans la catégorie de la substance; elle n'est qu'acciden* telle, quand le sujet est dans cette catégorie el l'attribut dans une autre. Ainsi ^ quand on dit :

AMÀLTSB DBS TOPIQUES. — LIV. 1. CHAP. Tl. 544

L'homme est un animal, Tattribution est essentielle; car homme et animal sont tous deux de la catégorie de la substance. Mais quand on dit, devant une couleur blanche , que Tobjet qu'on a sous les yeux (63cx6i(X6vov) est blanc, ou qu'il est de couleur, on dit bien ce qu'il est , mais on ajoute sa qualité ( ttoiov (n)[JLaivefc ) : si l'on dit qu'il a une coudée de long, on ajoute sa quantité; et ce ne sont plus des attributions essentielles.

' La définition, le genre, le propre et l'accident, forment ce qife les Scholastiques ont appelé les quatre attributs dialectiques; et ce sont là, dans la doctrine d'Aristote, les quatre seuls points auxquels puissent s'attacher l'Aude d'une chose, et h discussion qui s'y applique.

Ch. lo, io4v a» 3. Ici le philosophe a besoin de distinguer, d'une manière plus nette, ce qu'il entend par proposition dialectique et question dialectique. La proposition dialectique est celle dont on peut raisonnablement discuter : ainsi , se trouvent exclues les propositions dont la vérité ou l'erreur sont parfaitement évidentes, puisque personne ne voudrait combattre les unes, ni soutenir les autres. Les opinions dialectiques sont donc, à proprement parler, les opinions probables, qui du reste peuvent l'être à divers degrés : probables, comme on l'a dit, parce qu'elles ont pour elles l'assentiment des sages ou de la majorité , ou l'assentiment des habiles , dans quelque science spéciale} probables , parce qu'eUes sont l'expression

542 DBVXIÈAIB PAUTIK. — 5RCTI0N I.

contradictoire des opinions contraires aux opinions probables (èvavTia xar avrtçadtv).

Ch. II, 104? b, J. Les questions vraiment dialectiques sont celles où les avis sont partagés, et où il s'agit de savoir le parti qu'il faut prendre, et celui qu'il faut éviter. La thèse, qui se distingue de la proposition et de la question dialectiques, est Topinion paradoxale soutenue par quelque philosophe illustre (^*mÙcn^iç xapa&oÇo; T(i5vyva>pi(ji(av twoç xarà 91X0^0^ lov) : telle est l'opinion d' Antisthène,qu'il n'y a pas de contradiction possible; celle d'Heraclite, que tout se meut; celle de Molissus, que PLtre est un. Du reste , toutç thèse est une question dialectique;^ mais toute question n'est pas une thèse : il faut les distiuguer, quoiqu'babituelleroent (vuv) on les confonde. D'ailleurs, il ne faut pas plus discuter toute thèse, toute question, qu'il ne faut discuter toute proposition , et par les mêmes motifs. Il ne faut s'occuper que de celles dont un esprit raisonnable peut concevoir quelques doutes. On doit négliger les autres où Ton peut en appeler à l'évidence de la sensation seule, ou qui seraient évidemment immorales , et mériteraient, non pas d'être discutées, mais d'être châtiées; par exemple, si l'on demande : La neige est-elle blanche, ou ne l'est-elle pas? Faut-il, ou ne &ut-il pas, honorer les dieux, aimer ses parens?

Après ces définitions, Aristote établit que la discussion dialectique peut procéder par syllogisme^ ou par induction. Il ne s'arrête pas du reste

ANàLTSB DBS TOPIQUES. — LHk 1. CUAP. YI. 545

syllogisme, parce qu'il en a traité antérieuremt (TrpoTfipov cipTiTat). Ceci est une preuve nouvelle e les Topiques ont été composés après TAnaique :

Ch. 12 , io5, a, lo. c II y a deux sortes de méhodes (\6yiù>t) dialectiques, Tinduction et le sylogisme. On a dit précédemment ce qu'est le syllogisme : Tinduction est un passage du partinilier au général. Par exemple, si le pilote iuitruit est aussi le meilleur cocher, on dira d'une manière générale que celui qui est instruit est lussi le meilleur en tout. L'induction se fait Odieux croire du vulgaire; elle est plus claire, et plus facilement comprise par la sensation. Le lyllogisme, au contraire, est plus impérieux (^laçileiiTepov), et plus énergique dans la discussion, c Ch. i3, io5, a, ao. Les divers objets auxquels s'appliquent les raisonnements, et ceux dont les raisonnements se forment, sont tels qu'on l'a dit. Les instruments (opyava) qui nous procureront des syllogismes et des inductions, sont au nombre de quatre : l'un, cVst de choisir des propositions; l'autre, de savoir préciser tous les sens divers qu'une chose peut recevoir; le troisième, de découvrir les différences des choses; le quatrième enfin, de distinguer les ressemblances. Trois de ces objets sont aussi en quelque sorte des propositions; car, pour chacun d'eux, on peut faire une proposition. Par exemple. — Ufaut préférer rhonnéte k l'agréable

544 OEUXliSIft PARTIE. — SECTION I.

c et à l'utile. — lia sensation diffère de la science, en « ce qu'on peut ressaisir l'une, après l'avoir pM^rdue, <K et qu'il est impossible de ressaisir l'autre. — Le a sain est à la santé, comme le vigoureux à la via gueur. De ces trois propositions, l'une se rap- «r porte à la multiplicilé des significations, la se» a conde vient des différences, la troisième enfin se a forme par la ressemblance. »

Il faut attacher une grande attention à ces quatre instruments dialectiques, qui, comme on le verra par la suite, s'appliqueront successivement, tous ou en partie, aux quatre attributs dialectiques. On a déjà dit qu'il était possible que le titre d'Organon eût été emprunté de la signification remarquable, et du reste fort claire, qu'Aristote donne ici au mot opyava(Voir plus haut p. i5).

Ch. 14* io5, a, 34. Pour procéder au choix des propositions (ex^exTeov), il faut, ainsi qu'on Ta dit plus haut, prendre celles qui sont appuyées de quelque autorité, ou les propositions semblables à celles-là, et reposant sur des données identiques. Il sera bon aussi de faire des extraits des ouvrages écrits (ex tûv ytyfa^l,^U>tiù^ Xoycov), pour chaque genre de sujets ; de faire des divisions, des classifications (^laypaf àç iroulaOai x^p'w) 9 ^^ cle noter les opinions de chaque auteur; par exemple celle d'Empédocle, qu'il n'y a dans l'univers que quatre éléments (T^Trapa afùfjuxTtù^ oroixeut). £n gé« néraly et d'une manière peu précise (tuttc^ mpi]^« €wi ) 9 il y a trois ordres de sujets : moraux | phy-

siques^et logiques (Xoyixal). En philosophie, on cherche à les traiter avec vérité; en dialectique, on se contente de la simple probabilité (^laXexTtxûç irpo; ^o^ov). Une attention qu'il faut avoir pour toute espèce de propositions, c'est de prendre les plus générales ((toXiça xaOoXou), parce que celles-là en renferment toujours d'autres, qu'il est facile d'en (aire sortir par la division. Si Ton dit, par exemple, qu'on connaît simultanément les opposes, on pourra tirer de là cette double proposition, qu'on connaît simultanément les contraires et les relatifs, puisque les contraires et les relatifs sont lies opposés (âvTfcxifcfiivoiv).

Telles sont les règles à suivre pour le premier instrument dialectique, le choix des propositions. Pour le second , qut est la distinction des divers sens des mots (ch. i5 , io6, a, 3), elles sont aussi simples. Il ne faut pas d'abord s'arrêter seulement à la forme du root, il faut aller jusqu'à sa signification (^oyouç). Il ne faut pas se borner à la chose même (106, a, 9), il faut aussi regarder à son contraire, et en rechercher également les significations différentes, de manière à reconnaître, de part et d'autre, les homonymies. Parfois, le nom s'accorde; mais l'espèce, si on la consulte, montre aussitôt la différence (106, a, a3). Ainsi, Claire s'appliquera à la voix aussi bien qu'à la couleur. Il se peut, du reste, que l'une des deux significations homonymes ait un contraire, tandis que l'autre n'en aura pas (106, b, 3) : ainsi, aimer au moral

346 DIUXIÈm PARTIE. — SECTION I.

(xarà TYiv ^tovoiov) a un contraire, qui est haïr; mais aimer au physique (xarà tov <r(i)(JLaTtxy)v cvepysioev] n'en a pas. De plus, l'une peut avoir des intermédiaires, et l'autre n'en point avoir; ou bien, l'une peut en avoir plusieurs, et l'autre n'en avoir qu'un seul (106, a, i3). Il faut bien examiner encore si le contradictoire de la chose a plusieurs signi6catiunsr; car alors le mot lui-roéme en aura plusieurs également. En outre, il faut regarder aux contraires par privation et possession; car, si Sensible a phisieurs significations, InsensiMe en aura également plusieurs (106, b, Q9). Les cas aussi sont importants à étudier (irrc&aeiç); car, si Justement a plusieurs sens, Juste.les aura comme lui (107, a, 3). Les catégories, les attributions, qui se rattachent au mot, exigent encore une grande attention (tôv xarà Touvejjwe xaTTryopiôv ). Si ces attributions diffèrent, c'est que le mot est homonyme : ainsi, Bon est homonyme; car il se dit, en fait d'aliments, de ce qui cause du plaisir; en médecine, de ce qui procure la santé; pour Tàme, de ce qui lui donne certaines qualités de sagesse, de courage (107, a, 18). H ne f^ut pas ndb plus négliger de voir, si les genres, compris sous le même mot, sont subalternes entre eux, ou ne le sont pas. Ainsi ovoç signifie à la fois : âne, animal, et l'espèce d'instrument appelé de ce nom ; mais on ne peut attribuer à l'âne , animal , ces deux explications. Au contraire, quand les genres sont subalternes , ils s'appliquent tous à la chose : ainsi ^

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