‹ De la logique d'AristoteChapitre 88 sur 244 · ANALYSE DES TOPIQUES. — LIV. III. CHAP. VI · texte numérisé non relu

ANALYSE DES TOPIQUES. — LIV. III. CHAP. VI

qui est absolument bon en soi , à ce qui ne Test qu'à certains égards (tivi); ce cyii est de nature, à ce qui est acquis ou arti6ciel (è7cîxTr,Tov); ce qui est à l'être supérieur : préférer ce qui est à Dieu, à ce qui est à Thomme; ce qui est la qualité propre de l'être le meilleur, etc. 5® (m6, b, 87) Enfin, il faut préférer ce qui en soi est plus beau et plus honorable : ainsi, l'amitié à l'argent, la justice à la force.

Ch. !2, 117, a, 5. Quand deux choses sont tellement rapprochées qu'il est fort difficile de discerner la supériorité de l'une sur l'autre, il faut regarder à leurs conséquences. De là, vingt lieux , dont voici les principaux, subdiviséschacun en plusieurs autres : 1^ si la conséquence est du bien de part et d'antre, choisir la chose dont la conséquence est le plus grand bien ; si , du mai , celle où le mal est le moindre. Du reste, ce qu'on entend ici par conséquence d'une chose peut lui être antérieur aussi bien que postérieur; ainsi, l'étude a deux conséquences : l'une qui la précède , c'est l'ignorance; l'autre qui la suit, c'est la science.

On a conservé ici le mot conséquence , bien qu'en français il ne puisse s'appliquer qu à des choses postérieures; mais le mot ETreoOai, en grec, a le même inconvénient.

117, a, 16. !2^ Il faut préférer les biens plus nombreux à ceux qui le sont moins; ceux qui donnent plus de plaisir à ceux qui en donnent moins.

1 1 8 , a , 20. 3^ Préférer les choses , dans le moment surtout où elles ont le plus d'influence dLÎXkw ^uvarai); ainsi, la tranquillité dans la vieillesse, ' plutôt que dans la jeunesse; de même, aussi, la prudence : le courage , tout au contraire , parce qu'il vaut mieux dans la jeunesse que dans l'âge ' avancé.

1 17 , a, 35. 4*^ Préférer ce qui est utile en tout temps sans exception, à ce qui ne l'est que ilans la plupart des cas: ainsi, la ju^tice à la valeur. Préférer ce qui nous serait également utile, tous les hommes le possédant , à ce qui nous le serait moins, si tout le monde l'avait: ainsi encore la justice au courage, parce que , tous les hommes étant courageux, la justice n'en serait pas moins nécessaire, tandis que, tous les hommes étant' justes, il n'y aurait plus besoin de courage. (Ici l'on peut croire encore que, dans cette insistance sur la nécessité de la justice, Aristote songe à la conduite de son élève, dont le souvenir a paru le préoccuper quelques lignes plus haut ).

1 1 7 , b , 3. 5® Il faut regarder aussi à la destraction , à la perte des choses ; et dans un sens contraire, à leur production, à* leur acquisition, etc. Ainsi , les choses dont la perte est le plus à éviter, sont aussi celles qui sont le plus à rechercher, etc.

6^ Ce qui est le plus près du bien , ce qui lui ressemble le .plus, est préférable, quoique le plus semblable puisse quelquefois être le plus ridicule ( YeXoiorepov ) , et par conséquent le plus 1

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Fuir; ainsi, le singe ressemble plus à Thomme, et cependant il est inférieur au cheval, qui lui ressemble moins.

1 17, b, 28. 7® Choisir ce qui est le plus apparent ( iirifav^çepov ) , ce qui est le plus difficile à obtenir.

8** Dans un genre meilleur, les individus préférables sont préférables aux individus préférables d'un genre inférieur.

1 18, a, 7. 9° Les choses de surabondance, de luxe, (irepw'jaiaç), peuvent être meilleures, et parfois préférables : ainsi , vivre avec vertu plutôt que vivre, quoique le premier soit, en quelque sorte, de luxe, et le second , de nécessité.

10® Préférer une chose désirable sans une autre, à celle qui ne l'est qu*avec une autre. Ainsi, la prudence peut être désirée , même sans la puissance : le pouvoir sans sagesse n'est pas à désirer.

Même remarque qu'à la page précédente. Aristote paraît toujours faire allusion à Alexandre et à ses excès.

Il** Préférer ce dont l'absence est moins blâmable dans le malheur etc. etc. etc.

Ch. 3, f o8,a, 27. Voici dautres lieux. Parmi les choses de même espèce, préférer celle qui a la vertu propre de l'espèce à celle qui ne l'a pas; préférer celle qui l'a le plus; préférer celle dont la présence produit le bien, ou celle dont la présence produit le plus de bien ; regarder aussi aux fts : en effet , si la justice est préférable au couH[||k, justement ne

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le sera pas moins à courageusement. Préférer la chose dont l'abondance est préférable; préférer la chose qui, ajoutée à un tout, le rend plus grand; ou qui, ôtée de ce tout, le rend plus petit; préférer ce qui est désirable en soi à ce qui ne Test que suivant l'opinion des hommes: ainsi , la santé à la beauté. Il faut bien remarquer aussi dans quel but la chose est désirable , et s'enquérir de ses acceptions diverses; il (iu\ examiner sous ce point de vue l'utile, le beau et l'agréable, etc., etc.

Ch. 4. 119, a , I. Les lieux qu'on vient d'indiquer sont utiles pour les choses qu'on compare ((Tuyxpiaeiç); mais ils le sont également, en prenant les choses d'une manière absolue. Par exemple: si le plus honorable est le plus désirable , il s'ensuit aussi que l'honorable est désirable.

Ch. 5, 119, a, 12. On peut, du reste, rendre au besoin tous ces lieux beaucoup plus universels qu'ils ne le sont ; et par cela même, on les rendra beaucoup plus utiles. Il suffira d'un léger changement dans la forme (irpocviyopia). Ainsi, on a dit plus haut, que ce qui est de nature est préférable à ce qui n'est pas de nature : on peut, en partant de ce lieu, et en le rendant plus universel» dire : Ce qui est tel par nature est plus tel que ce qui est tel autrement que par nature, etc.

Ch. 6, 1 19, a, 32. Quand il s 'agit d'une question particulière, les lieux généraux sont les plus utiles, soit pour iMFuter, soit pour soutenir la propo* sition , parce €0une fois le général démontré ^ 00

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té, le particulier le suit. Si l'on démontre, en ;, que la chose est à tout, on aura démontré i qu'elle est à quelqu'un; si Ton démontre lie n'est à aucun, on aura démontré aussi lie n'est pas à tout. Les plus utiles de ces lieux ; ceux qui se tirent des opposés, des contés , des cas , des générations et des destrucs des choses, du plus et du moins: il faut, reste , les choisir, selon qu'on veut réfuter défendre une opinion.

>n ne doit pas oublier non plus que les réfutas sont diverses selon la nature des propositions Oi a, 6.) Ainsi, une proposition indéterminée leut être réfutée que d'une seule manière, c'est re, par contradiction. I^ proposition particu- 3 déterminée, soit affirmative, soit négative, ne t non plus être réfutée autrement. Si Ion a dit plaisir est bon; il faut démontrer qu'aucun sir ne l'est ; si Ton a dit que tel plaisir n'est pas I , il faut démontrer que tout plaisir l'est, etc. in, un dernier soin, c'est de ne pas se borner renre, c'est d'aller aux espèces ; et s'il le faut, [u'aux individus ((XTO(i.(Dv). Si l'on dit, par Qiple, que le temps se meut, il faut considérer ^pèces du mouvement, et voir si quelqu'une plique au temps ; si l'on dit que l'âme est un [ibre, examiner les espèces du nombre, et, ant que tout nombre est pair, ou impair, et ! l'âme n'est ni l'un ni l'autre, on en conclut elle n'est pas non plus un nombre.

pouvoir être attribué à toutes les choses inférieures à celle-là. (i^ii, b^ 7)*^ définition du genre doit pouvoir s'appliquer à l'espèce et à tous les individus de l'espèce (osTej^ovTwv toO eï^ouç). (122, b, la). La différence ne peut jamais être genre, parce qu'elle ne désigne jamais l'essence (to ti è<jTiv) ; elle ne désigne qu'une qualité. I^ différence ne peut pas davantage participer au genre; car ce qui participe au genre est espèce ou individu, et la différence n'est ni l'un ni l'autre (122, b, aS). Le genre ne doit jamais être placé dans l'espèce. Platon a donc commis une faute en définissant la. translation (çopa) : un mouvement dans l'espace. On nedoit jamais placer la différence dans l'espèce^ ni le genre dans la différence; car la différence estz toujours égale à l'espèce ou plus large, et le genre^ au contraire, est plus large que la différence.

Çh. 3, la-i, a, 20. Il faut voir si ce qu'on mer dans le genre n'a pas quelque chose de contraire au genre. Par exemple, s'il est vrai que l'âme participe de la vie, et qu'aucun nombre ne puisse avoir la vie , il est clair que Tàme ne saurait être une des espèces du nombre. Le genre et l'espèce doivent toujours être synonymes. Tout genre doit avoir sous lui plusieurs espèces. Si donc, de deux espèces qui forment le genre, l'une n est pas du genre, il est clair que le genre donné n'est pis exact. (122, a, 33). Le genre doit être attribué proprement à ses espèces (xupi&>ç), et non pas métaphoriquement ((jLfiTofopâ). Si donc l'on dit que la

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