‹ De la logique d'AristoteChapitre 90 sur 244 · ANALYSE DES TOPIQUES. — LIV. IV. CHAP. VI · texte numérisé non relu

ANALYSE DES TOPIQUES. — LIV. IV. CHAP. VI

voler. La simple puissance ne peut doue jamais être le geure d'une chose répréhensible. De plus, toute puissance^ tout possible^ n'est désirable qu'ea vue d'une autre chose, et a^rs on ne saurait en faire le genre d'une chose lopable ou désira})le en soi, etc., etc.

Quelquefois on se trompe m plaçant FafiiBCtioa (to irocOoç, 126, a, 34 ) dans ]e genre affecté : aiasi, on dit que l'immortalité est uue vie éternelle ; l'immortalité n'est qu'une modification (va^oç), une circonstance de la vie, etc., etc.

Ch. 6, 1279 a, 20. Il peut se faire aussi que le genre donné ne soit le genre 4^ rien; et dans cecaS|L il ne saurait l'être de l'objet en question. On ^ pu donner pour genre et différence, ce qui apparti^pt à toutes choses: ainsi, l'on peut prendre pour genrq l'être et l'unité; mais alors, ce serait le genrç de tout, puisque l'être s'applique à tout, tandis que le genre ne s'applique qu'à ses espèces. Si l'on prend des notions universelles pour différences, il ep résulte que la différence est égale au genre, ou plus étendue que le genre; ce qui est impossible , etc.

128, a, 20. On croit communément que la différence peut être attribuée essentiellement aux espèces, mais c'est une erreur. Il faut donc séparer avec soin le genre de la différence, en appliquant les principes indiqués plus haut, à savoir que le genre est toujours plus large que la différence, et que, pour exprimer l'essence, le genre vaut beaucoup mieux que la différence. En effet, quand

on dit que rhomme est un animal , on désigne mieux son essence que quand on dit qu'il est ter* restre '. Déplus, la différence exprime toujours la qualité du genre, mais le genre n'exprime pas celle de la différence : ainsi , quand on dit terrestre, on désigne un certain être; mais, quapd on dit simplement être y on ne désigne rien de terrestre, etc.

Telles sont les règles principales relatives au genre; et tous ces lieux peuvent être employés, les uns pour la défense, les autres pour l'attaque.

On s'est contenté de donner un résumé fidèle de cette partie des Topiques , sans chercher à les expliquer ; elle est en effet assez claire pour se passer de tous commentaires.

On peut remarquer ici que cette théorie des lieux du genre est une des bases de l'Introduction de Porphyre , et qu'il n'a guères fait que reproduire, sous une forme plus didactique, plus serrée, la pensée développée d'Aristote. On peut en dire autant , pour la théorie de l'accident , qui précède, et pour celle du propre , qui va suivre dans le livre cinquième.

Analyse da livre cinquième.

* Ch.i. ia8, b, i4' La première question qui se

présente pour le propre , c'est de savoir , si ce

I. Mène rtmarqne que phu hant sur rtudlMitiGitA dM Gafiégorifli* •i- Voir iwcndère partie, pag« i5o.

ARALTSl DES TOPIQUES. — LIT. V. CHAP. TI. S75

qu'on donne pour le propre^ Test bien réellement^ ou ne Test pas.

Le propre peut être donné (ïê deux façons : en soi et étemel &iaO' aM xal âel); ou bien, relativement à autre cnose , et temporairement ('irpoç {repov 7uà mrj ). Ah|^i , propre en soi — L'homme est un animal naturellement doux ; relatif — C'est pour le bien de l'âme et du corps que la première commande et que l'autre obéit ; étemel — Dieu est un être supérieur à la mort ; temporaire — Tel homme se promène dans le gym-

Pour l'attribution relative du propre , elle peut former deux ou quatre questions, selon qu'on affirme y ou qu'on nie, une même chose de deux autres choses ; ou bien, selon qu'on nie , ou qu'on affirme ,Tune de l'autre à la fois. Si l'on prétend, par exemple, que le propre de l*homme , relativement au cheval, c'est d'être bipède, on peut attaquer cette proposition (ia8, b, a5), en prouvant que l'homme n'est pas bipède , et que le chevall'est^ de là deux questions. Si, au contraire, on avance que le propre de l'homme relativement au cheval, c'est que l'un est bipède, et l'autre quadrupède , on peut faire de ceci quatre questions , en essayant de prouver que l'homme n'est pas bipède, mais qu'il est quadrupède; et du , cheval également, qu'il est bipède et qu'il n'est pas quadrupède.

Le propre en soi est ce qui s'applique à tous

les individus d'une même série , et les isole de tout le reste. Ainsi , le propre de l'homme sera d'être un êfre mortel, susceptible de science. Le propre relatif sépare l'objet, non^de tout, mais seulement d'un objet voisin. Le propre étemel est celui qui est vrai en tout , et ne^cesse jamais ; ainsi, le propre éternel de l'animal , c*est d'être compdsé d'âme et de corps. Le propre temporaire n'est yrai que dans un certain moment , et ne suit pas toujours nécessairement Tobjet.

129, a, 17. Les trois premières espèces de propre sont les plus logiques (^oywca). Logique teut dire, pour Aristote, comme il l'explique luiitiéme quelques lignes plus bas ( mg, a, 3o): qui fournit de nombreux et bons raisonnements. (>.oyotov ^8 tout' ici irpoêXy;(i.a rpoç ô^(îyot ysvoivt' ov ffuj^voi xal xa>.oi ). On voit que cette acception du mot logique, qui est parfaitement claire, est assez éloignée de celle qu'il reçut plus tard.

129,3, 33. Les propres, temporaire et relatif, se rapportent, pour les lieux qui les concernent, à ce qui a élé dit de ceux de l'accident. On s'occupera ici du propre en soi, et du propre éternel.

Ch. 2, 129, b, I. Il faut voir, d'abord, si le propre en soi a été bien ou mal donné à l'objet. Il faut que ce qui Texprime soit plus connu que l'objet même (Ji\k Yvo)pi(x.oT^p(ov ) ; car on ne donne le propre que pour faire connaître. Si, par< exemple, on dit que le propre du feu, c'est d'être pai*faitemerit semblable à l'âme , cm prend pour

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