‹ De la logique d'AristoteChapitre 93 sur 244 · ANALYSE DES TOPIQUES. — LIV. VI. CHAP. VI · texte numérisé non relu

ANALYSE DES TOPIQUES. — LIV. VI. CHAP. VI

îté, c'est la superfluité des mots. Une définition 16 doit jamais avoir rien d'inutile. On commet 3ette faute, en donnant, dans la définition, quelque erme qui appartient à tous les objets sans dis- ÎDCtion (o i7a<riv ùxapj^ei, i4o, a, 33). Tout ce qui )eut être retranché de la définition, sans Taltérer, ^ inutile. Ainsi, dans cette défixiition de Tâme : L'Ame est un nombre qui se meut lui^méme^ nombre est inutile (Trepupyovj; c^iT on peut défijiir 'âme ( 1 4o, b, 4)» ce qui se meut soi-même, comme 'a définie Platon. Aristote se contredit ici puisqu'il admet cette définition , qu'il a paru désap- [urouver plus haut. (Page 555.)

i4o, b, i6. La définition contient aussi quelque terme de trop, quand l'un de ses termes ne saurait convenir à tous les objets qui se trouvent M>us la même espèce que celui dont il s'agit, et ({uand on y a répété la même idée, quoique en des termes différents (1419 ^9 6). Ainsi, Xénocrate définit la réflexion : La faculté qui détern]iine et qui étudie les êtres (dpiçixiii scal ^nùfn^ixh T(dv ovtcixv); mais pour déterminer, il faut préalablement étudier^ de sorte qu'ici la même chose se trouve répétée en d autres termes.

J4I9 a, i5. Enfin, il ne faut pas que la définv> tion renferme à la fois l'universel et le particulier. Tels sont les défauts de forme.

Cb. 4) i4i> a, 23. Quant aux défauts essentiels, la définition peut, comme on l'a dit, ne pas dé* ûMr l'objet en question , et n'en pas donner Tes-

sence. C'est le quatrième des défauts énumérés plus haut (Voir page 385).

i4i, a, 26. D'abord, il faut que la définition parte de choses primitives et plus connues ('7rp(oT(i>v xaî Yva>pi[jLa>T^pa>v) , puisqu'elle a pour but de faire savoir ce qu'on ne sait que par ces choses là, comme dans les démonstrations (xaOa^ep év rcdç iiroîeiÇiaiv). Aristote ne rappelle pas ici formellement son traité de la démonstration ; mais il est évident qu'il l'a en vue : et cette opinion se trouve confirmée par l'identité même des expressions (Voir plus haut, page 280). Si la définition ne reposait pas sur ces primitifs et ces objets plus connus, il s'ensuivrait qu'il y aurait plusieurs définitions d'une seule et même chose. Mais tout être n'est uniquement que ce qu'il est ; il ne peut varier avec les définitions qu'on en donne. On ne définit donc pas , si l'on ne part de choses primitives et plus notoires.

1419 by 3. Du reste-y une chose peut être moins connue qu'une autre de deux façons , soit absolument (a^Xûç), soit relativement k nous (4|uv): absolument, l'antérieur est plus connu que le postérieur : pour nous , il peut en être parfois autrement. Ainsi, eu soi, le point est plus notoire que la ligne, la ligne que la surface, la sur£Eice que le solide : pour nous , au contraire , le solide est plus connu que la surface, la surface que la ligne, parce qu'en effet le solide est plus accessible au sens ({nrà rliv octoOn^iv inimt) , etc. * ^

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1419 b, i5. Il vaut mieux, en général, essayer de faire connaître le postérieur par Fantérieun Cette méthode fait mieux savoir les choses (èmçir)- (&ovuc(uTepov). Pourtant, avec les intelligences faibles (toùc â^uvaTouvraç), il faut adopter la marche inverse, c'est-à-dire, prendre ce qui leur est plus connu : le solide avant la surface ; et , par là on montre Fantérieur par le postérieur. Mais si l'on soutenait que les définitions ainsi données, sont les vraies définitions (xar âXY(Oeiav), il s'ensuivrait qu'on aurait plusieurs définitions d'une seule et même chose; car ce qui est le plus connu, relativement à nous , varie avec chacun de nous. Quant au plus notoire en soi, s'il n'est pas connu à tous (142 a, 9), il l'est du moins aux esprits les plus distingués (toiç eù^ioxeif/ivoïc rh ^tavoiov).

On peut fausser la définition de trois façons (142, a, 22), en ne la donnant pas par les primitif : d'abord, si l'on définit l'opposé par l'opposé, le bien par le mal. Certains objets, du reste, ne sauraient être définis autrement ; ce sont tous ceux qui, en soi, sont des relatifs, et dont l'existence se confond avec leur relatipn quettonque à un autre objet (Taùrov to eîvai tw irpoç ti iziùç ej^eiv).

On peut remarquer de nouveau que cette définition des relatifs est la définition rectifiée,qu'Aristote en a donnée dans les Catégories ;. et ceci reporte la composition des Topiques après celle des Catégories (Voir plus haut, page ib5). . .

14^9 a, 34. Un autre défaut que peut avoir la

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définition , quand on ne la tire pas des primitifs , c'est d'employer le défini lui-même. Ainsi qu'on définisse le soleil : L'astre du jour ; dans le mot jour, on emploie le défini. Il faut, pour dégager cette erreur, prendre Texplication au lieu du mot lui-même: et ici, par exemple, le jour sera: La course du soleil au-dessus de la terre (Owàp yflç). (Voir, sur cette opinion d'Aristote, plus haut, pages 3i2 et 377). On ne peut davantage définir une série simultanée, par une autre série simultanée (ocvTtîiYipyî[itivov). Ainsi, on ne peut dire en définition, que l'impair est ce qui surpasse le pair d'une unité; car les divisions d'un même genre sont simultanées par nature.

Ceci se rapporte parfaitement à la doctrine des Catégories et la suppose (Voir plus haut, page 179); déplus, il s'agit, comme on le voit, de THypothéorie , dont Andronicus contestait formellement l'authenticité.

14^9 b, 1 1. Enfin, le troisième défaut de la définition qui ne vient pas des primitifs, c'est de définir l'objet supérieur par l'inférieur ($ià tc&v {nroxm» To £iràva>); par exemple, si l'on définit le nombre pair, celui qui se divise par deux. En effet, par deux vient de deux qui lui-même est un nombre pah*.

Ch. 5, 14^9 b, ao. Après ce premier lieu de la définition , qui n'est pas fiaite par les priniitifi», en vient un second ; c'est la considération du genre. La définition e^t mauvaise: 1^ si^ la cbose étant

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