ANALTSS DES TOPIQUES. —LIV. TI. GHAP. VI
daos le genre, la définition ne l'y place pas; 2^ si le défini a plusieurs rapports, et qu'on ne les ait pas tous donnés ; par exemple , si l'on dit que la grammaire est la science de l'écriture, et qu'on oublie d'ajouter que c'est aussi celle de la lecture, cette seconde idée étant aussi essentielle à la définition que la première; 3^ si le défini, se rapportant à plusieurs choses plus ou moins bonnes, on n'a pas donné la meilleure et la pire; et ceci est une £3iute, attendu que toute science doit avoir le meilleur pour objet (Tcaaa yàp èmçnQfXT) xal âuvoi|AK Tou pùiTiçox) èoTuX elvoci) ; 4^ si l'objet est placé dans uo genre, qui ne soit pas le sien; il faut alors employer les lieux indiqués plus haut pour le genre ; 5^ enfin, la définition est mauvaise, si l'on a pris un genre éloigné, au lieu de prendre le plus proche. Le genre supérieur est, du reste, attribué â tous les genres inférieurs.
Ch. 6, 143 « a, 29. Pour les différences, il faut voir si Ton a bien donné celle du genre : car si Ton ne donne pas les différences propres de la chose, on ne la définit pas.
143, b, il. Il faut prendre garde, quand on définit le genre par négation , de ne pas lui donner la définition de l'çspèce , comme, lorsqu'on défiail; la ligne : Longueur sans largeur. Mais toute longueur a , ou n'a pas , de largeur, de sorte que , Longueur sans largeur, est la définition d'une espèce ; et alors , le genre recevrait la défimition de l'espèce ; ce <]ui n'est pas possible.
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La définition ne vaut rien , si l'on a pris l'espèce ou le genre pour différence (i44» a, 5). II faut voir encore, si la différence exprime une substance, au lieu d'exprimer une qualité (ttoiov ti), comme elle doit toujours le faire ( 1 44? ^i ^ ^); si, p^r hasard, elle n'est pas accidentelle ( xarà (ni(jiêeê7)xàç ) ; si la différence est attribuée au genre; si l'espèce, ou quelque individu de l'espèce, est attribué au genre. Enfin, le genre étant plus large que la différence, l'espèce, ou l'individu, il ne peut jamais les avoir pour attributs (i44 9 b» 4)- L'espèce, non plus que les individus, ne peut être attribuée à la différence, parce que l'espèce est moins large que la différence. II n'y a pas de définition, si la différence donnée est d'un autre genre, qui ne soit pas compris dans le genre en question ( 144» b, la) ou qui ne le comprenne pas : car la différence ne saurait être à deux genres , qui ne se comprennent pas mutuellement, et qui, le plus souvent, ne sont pas, l'un et l'autre, sous un autre genre.
144} b, 3i. Il faut examiner en outre, si l'on n'a pas donné à la différence de la substance , quelque limitation de lieu (to Iv tivi). Une substance ne saurait jamais différer d'une autre substance parle lieu : ainsi , aquatique , terrestre^ indique non pas seulement le lieu des substances , mais aussi leur qualité. La différence ne saurait être une modi* fication (iroOoç )( 14^9 a» 3) ; car toute modification sort de* la substance , et la différence ne semble pas en sortir. I^a différence est mauvaise, si, pour
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un relatif, elle n'est pas relative (i 45, a, i3). Il faut de plus qu'elle soif appliquée au relatif naturel* Ainsi , on pourrait puiser de l'eau avec une étrille, et cependant si l'on définissait l'étrille: Instrument à puiser de l'eau , on se tromperait tout-à-fait. Ici, le relatif naturel, c'est l'emploi même qu'indique la sagesse, et la connaissance propre des choses.
145, a, 33. On peut contester la définition donnée , quand l'affection définie ne peut être à Tobjet auquel on l'attribue. Ainsi, Ton se trompe , en définissant le sommeil une impuissance à sentir (â^uvapiia at(rÔ7)(rea>ç ) ; car le sommeil n'est point du tout à la sensation ; et il faudrait qu'il y fut, pour qu'on pût Tappeler une impuissance à sentir. Ce qui est vrai, c'est que l'un produit l'autre ( i^o , b, i5). Le sommeil produit l'impuissance à sentir : l'impuissance à sentir produit le sommeil. Enfin , il faut voir, si ce n'est pas le temps qui est en désaccord avec la définition (145 , b, 2 1 ) : par exemple , si l'on définissait l'élre immortel : L'être qui ne saurait périr dans le moiÉent actuel.
Ch. 7, 145) b, 34. La définition est mauvaise, si elle convient plus à un autre objet qu'à l'objet défini : si la chose même reçoit le plus , et que la définition ne le reçoive pas; ou réciproquement (i46, a , i5) : si la définition donne le moins , et le défini, le plus : par exemple , si l'on dit que le feu * est le corps le plus subtil ; la flamme est plus feu
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que la lumière, et cependant la flamme est moins que la lumière, le corps le plus subtil.
Ch. 8, 1 46, a, 36. Quand le défini est un relatif, soit par lui-même, soit par son genre, il faul|voir, si, dans sa définition, on n'a pas omis son relatif, soit en lui-même, soit dans son genre. Par exemple, si l'on définit la science: Une conception inébranlable (ÛTTf^Tivl/iv âtAeTaTTEi^v ) , la définition est mauvaise; c'est que la substance de tout relatif est relative, puisque, pour les relatifs, leur existence se confond avec leur rapport même à un autre objet (Voir plus haut pages 389 et i65), et par conséquent il faut dire que la science est la conception d'une chose sue (ûttoXtuJ/iç èTn^irtou).
146, b 25. Parfois, la définition pèche, lors qu'on n'a pas déterminé la quantité, la qualité, le lieu, ou telle autre différence (^taçopx;).
Ici , Aristote n'emploie pas le mot KaTiiyopia, qu'il adopte dans les traités autres que les Topiques. L'on peut en apporter deux motifs , analogues à ceux qu'on a déjà donnés plus haut : ou bien Aristote a composé lesTo|)iques avant lesCatégories, ou bien il n'a pas cru devoir employéF, en Dialectique, une expression qui ne con\ientqu'à l'Analytique (1469 b, 36). Du reste, Kat^YopCa est employé plus loin (voir liv. 7, ch. i).
Quand il s'agit de désirs (opé^eov), cl'appétit% à définir, il faut avoir soin d'ajouter , qu'ils s'adressent à l'apparence aussi bien qu'à la réa- . Uté. Par exemple , si l'on définit la volonté : Un '