ANALYSE DES TOPIQUES. — UV. VL CBAF. TI
désir du bien , il faut ajouter : du bien , soit apparent y soit réel.
Ch. 9^ 147? a, 1 12 . Quand on définit la possession, il faut regarder à l'objet qui possède , et réciproquement. Dans ces sortes de définitions , on peut remarquer qu'on définit plusieurs choses à la fois ; car, si le plaisir est Tutile, celui qui jouit du plaisir est aussi celui qui profite de Fufiie, etc. ( 1 47, a , 29). Pour les opposés , il importe que la définition soit bien opposée ; par exemple, si le double est ce qui surpasse d'une quantité égale, la moitié doit être aussi, ce qui est surpassé d'une quantité égale. Pour les contraires par privation et possession, il est clair que la définition du privatif est donnée par la définition de l'autre : mais la définition du possessif ne l'est pas réciproquement par celle du privatif (147, b, a6). On peut, d'ailleurs, se tromper on donnant la définition par privation , quand on applique le privatif à ce dont il n'est pas réellement la privation; ou, quand on ne l'applique pas à ce dont il est la privation naturelle; par exemple, si Ton dit que l'ignorance est une privation, sans ajouter que c'est une privation de science. On commet une faute égale ( 148, a, 3), si l'on définît par privation , ce qui n'est pas dit par privation.
Gb. 10, t48, a, 10. Ici, comme plus haut, il but s'enquérir si , dans la définition , les cas pareils répondent aux cas pareib du mot. Si, par exemple.
596 DEUXliEllB PARTIE. «*- SECTION I.
l'utile est ce qui est conforme à la santé, utilement sera : conformément à la santé; une chose a été utile , si elle a été conforme à la santé.
Il faut voir si la définition s'accorde avec lldée de la chose (eirl rh i^eov ei èf appeiei ô \6yoç) : ainsi , Platon s'est trompé dans la définition des animaux, quand il a introduit le mot mortel : car l'Idée même n'est pas mortelle. En général , cedésacc&rd avec l'Idée , se trouve dans tous les objets où il s'agit de souffrance et d'action, parce que les Idées sont, à en croire leurs partisans, immobiles et iromodifiables ( âiuadeiç xal gcxivtitoi ).
i48, a, a 3. La définition est surtout fausse, quand on en donne une seule pour plusieurs objets, dits par homonymie, parce qu'il n'y a que les synonymes dont la définition puisse être la même (ô xarà Touvo[JLa ^oyoç).
Aristote emploie, comme on le peut voir, des mots à peu près identiques à ceux dont il se sert au début des Catégories pour rendre la même idée, et sa théorie est ici parfaitement d'accord avec celle de ce premier traité.
Ch. 1 1, i48, b, ai. Quand il s'agit de la définition de choses liées entre elles {^iLiçtiçkiyfiÀ^wt) ^û faut examiner si , en détruisant la définition de l'une, on détruit aussi la définition de lautre. Si on ne la détruisait pas, c'est que la définition serait mal donnée. Si , par exemple , pour définir la ligne droite limitée , on dit qu'elle est l'extrémité d*une surfaoe qui a des limites, et dont le miliea. est
A9ALirSB tHES TOPIQUES. — LIV. Tl. CHAP. Tl. 597
sur le même plan que les extrémités , Extrémité d'une surface qui a des limites, étant la définition de la ligne limitée , il faut que le reste de la défi* nition s'applique à Fidée de droite , c'est-à-dire, dont le milieu est sur le même plan que les extrémités (èiri'TrpOGOer toIç içi^aai to (liaov); mais ceci ne saurait du tout convenir à la ligne prolongée à l'infini , qui est droite pourtant , mais qui n^a ni milieu ni extrémités.
148, bf 33. Quand on définit un composé I il but que la définition ait autant de membres {la&uùko^) qfie le composé a de parties (1499 ^ ^)' Une faute très gr^ve , c'est d adopter des mots moins connus que le défini; par exemple, si, au lieu d'homme blanc , on disait : mortel étincelant. Quand on permute ainsi les mots ((jLeTaXXayî^), il Êiut faire attention à bien conserver le même sens (1499a, 8); Ton se trompe assez souvent (149, a, i4) en conservant la différence au lieu du genre, qui est toujours plus connu qu'elle.
Ch. 12, 1499 a, 29. Il faut prendre garde , quand on donne la définition par la différence, que cette définition ne convienne pas aussi à autre chose que le défini. Si , par exemple, on définit le nombre impair, le nombre qui a un milieu, il faut expliquer comment on entend que ce nombre a un milieu ; car une ligne, un corps quelconque, ont un milieu , et cependant ne sont pas impairs.
On se tromperait encore si, l'objet étant une chose réelle (1499 a, 38;, la définition ne portait pas
398 DEUXIÈME PARTIE. ^* SECTIOK I.
aussi sur une chose réelle ( tûv ovtwv ). Si , par exemple, on définissait lacouleur, en disant qu'elle est mélangée de feu (i^upl (i.£[jLiY[icivov) , la définition serait mauvaise , en ce que le feu est un corpsi et que la couleur n'en est pas un; or, l'incorporel ne peut être mêlé au corporel. C'est une faute très commune ( 149 1 b,4) de ne pas désigner, pour les relatif , le relatif auquel ils se rapportent Ainsi , on définit la médecine la science de ce qui est (toD ovto;) ; mais cette définition convient à une foule d'autres sciences, et la définition pour être bonne , doit être spéciale , et.non point commune (xoivàv. 149, b, a4)* Parfois anssi, on a le tort de définir, non pas la chose même , mais la chose dans une bonne disposition , dans un état accompli (reTeXedfiivov).
149» b, 3i. Il faut définir la chose par les points qui la rendent désirable en elle même, plutôt que par ceux qui la rendent désirable en vue d'autres choses.
Ch. i3, i5o, a, I. La définition peut avoir trois autres défauts quand elle est composée de parties diverses, et qu'on dit, par exemple, 1° que telle chose est telle et telle chose (ree^f); ^^ que telle chose est formée de telle et telle chose (rx toutgiv); 3° que telle chose est aoooropa* gnée de telle chose ((xerà toG^e). La définition , dans ces trois cas, est toujours incertaine.
i5o, a, 4- i^ Si Ton définit la justice , en disant qu'elle est de la prudence et du courage j il s'ensuit
ANALYSE DES TOPIQUES. -^ LIV.TI. CffAP. TL 599
e la même définition serait à deux choses, et ne :!ait à aucune. En effet , celui qui est prudent iilementy est-il ou n'est-il pas juste? ou bien, lui qui est courageux seulement , est-il ou n'estpas juste aussi ? et, si l'un et l'autre joignent , à ir qualité isolée, une qualité contraire à la jusïCyil s'ensuivra donc qu'ils seront, à la fois, Ues et injustes.
1 5o, a, 2u . 2^ Quand on définit la chose par celles ttt elle vient, au lieu de la définir par ce qu'elle ty il faut rechercher d*abord si les choses, ainsi unies, peuvent former un tout {h yiveoOai) ; car, le défini peut être naturellement dans un tout, que les choses dont on le compose n'eu forment ts un, il est clair que le défini est mal expliqué. ïT exemple, ligne et nombre ne pourront jamais rmer un tout homogène. Si donc, l'on définit mpudeur en disant qu'elle est fortnée de courage de pensée fausse , on pourra demander encore lel est le caractère de l'impudeur, et si elle est 3nne ou mauvaise (i5o, b, 5), puisque d'une urt,le courage est bon, et que de l'autre la pen- € Causse est mauvaise. Mais attendu que le courage mt mieux comme bien , que la pensée fausse est mauvaise comme mal, il semblerait devoir sosuivre que le composé est plutôt bon que maulis. Cepi même n'est pas toujours vrai , puisque DUS voyons souvent que , de deux remèdes fort 3ns, chacim pris à part, il peut résulter un mé* Dge qui est très nuisible.
400 DEDXllUiB PARTIE. «— sic-non I.
i5o, b, aa. Il ne suffit pas non plus d'indiquer le mélange, il faut encore en indiquer le mode (TpoTTov); ainsi y une maison, est non pas.ua.astembkge quelconque de matériaux, mais un certain assemblage.
i5o, b, a8. 3° Enfin, si Ton définit la chose par ce qui l'accompagne (to^o (Acrà ToD^e) , la définitîoD a besoin d*étre éclaircie. £n effet, si Fondit : C'est de l'eau avec du miel, on pourra comprendre à la fois « que c'est de l'eau et du miel chacun à part, ou un composé d'eau et de miel. . \ .
Ch. i^j i5i, a, 20. La définition peut encore avoir quelques autres vices. Si Ton dit que.le toat qui est défini , est la combinaison de telles choses, il faut spécifier de quelle espèce de; combinaison ((HivOeaiç) on entend parler. Si, par exemple, on définit la chair, en disant qu'elle est un assemblage de feu , de terre et d'air, il faudra dire quelle est la combinaison de ces divers éléments ; car^. si on les combinait d'une façon quelconque, ils ne donneraient pas nécessairement de la chair.
]5i, a, 3^. Même défaut, si le défini pouvant admettre naturellement les contraires, on ne l'a défini que par un seul des deux contraires. Ou bien alors, l'objet n'est pas défini; ou bien, il aurai plusieurs définitions ; car, pourquoi l'un des contraires ne le définirait-il pas aussi bien que l'autre?
Quand on ne peut attaquer, le tout dans la définition, il faut attaquer les parties (i5a> b^ 3)^ puisqu'il suffît de renverser Tune des pariîeafioar
ÀMALT8B DBS TOPIQU». — LIV. VI. GUAP. VI. 401
toute la définition. Il ne faut pas craindre de substUner une définition plus complète à une autre moins bonne, pas plus qu'on ne craint , dans les assemblées politiques (iyaChasioLiç), de substituer une loi meilleure à une autre qui ne la vaut pas.
1 5 1 , b, 1 8. Une règle générale, qui sert à bien donner toutes les définitions , c'est de se les faire d'abord à soi-même avec le plus grand soin , et de Voir ensuite, si celle qu'on entend et qu'on discute^ se rapporte à l'exemplaire personnel qu'on s'en était tracé (jçfhç irapa^eiyiJLa 66ciS(i.evov).
Id se termine, avec le sixième livre , la première ;;p|rtie du traité des définitions (^epl toùç opouçV (|p ne peut douter que ce ne soit celui que Diogène lAërce a désigné, dans son catalogue, par ce titre : iAtm irpo{ toùç opouç. Mais il n'est pas moins évident, parle témoignage de l'auteur lui-même (Topiques, liv. I, ch. 4) loi, b, 29, et ch. 6, 102, b, 28), que le traité de la définition est une partie essentielle et inséparable de laTopique. (Voir plus haut, pag. 29, J28|etc.,etc.).
Analyse àa livre [sq>tième. \
le septième livre , quelque court qu'il soit , se compose de deux parties fort distinctes. Dans la première, se trouve achevée la théorie de la définif. a6
40a VMxnaÈitË PARTIS. ^ sfcnm f .
lion, par l'examen de l'idée du même et do iMH^ très importante pour la détermination dett ^hoset. La seconde est un résumé de tôuta la Topil|M. On verra plus loin ^ comment te réstMitaè Writ et qui précède au huitième livre, et ail traité snivaai : des Réfutations des Sophistes^
Ch. I, i5iy b, 29. Pousse rendre cotnpte delà diversité ou de l'identité d'une ohdse (y) ^taMi^ h StÉpov), il faut d'abord voir si elle a été priM tfiffiS h sens le plus spécial d'identité, d'unité; ety eofliilie le remarque Aristote, il a dit, plus hatlt^'lUtte l'identité , proprement dite (eX^yeTO xupia>T«Ta)| était celle qui résultait du nombre. (Voir plds baut^ topiques, liv. i, ch. 7, pag. 337.) Pour cdtLfÛ faut regarder d'abord aux cas; si la justice esS la même chose que le courage, juste sera la tâéme chose que courageux, justement que courageOMlment, etc. De même pour les opposés; si kft choses sont identiques, il faudra que leurs opposés le soient aussi entre eux. On doit regarder enflA à ce qui produit les choses ^ à ce qui les détridt; car les choses étant identiques, il faut que léfSti générations, leurs destructions, le soient ^ak ment.
i5t2, a, 5. Dans les choses dont l'une est dite t superlatif ((jLoXirce WyeTài), il faut voir si l'autre y 1 bien dite aussi, relativement au même objet. I exemple, Xénocrate prétend que la vie -^eftdtf et la vie heureuse sont identiques , parce qtlr vie vertueuse et la vie hèuréuté iàbt les fitîk
▲NALTSlfr nui TOnQUBSi-^nr. Tif. GHAP. VI. 405
siniMM de toutes; Mais il n'est ]^s possible que ce qui est superUitiyement bon ou grand, soit mùU tiple} le superlatif exige Funité. Xénocrate ne définit donc pas; car la vie heureuse et la vie vertueuse ne sont pas numériquement une seule et Blême vie > elles ne sont pas nécessairement identiques : roue est comprise sous l'autre.
i5a^ a^ 3S. Il importe de rechercher, si les accidents de Tune des choses sont bien les accidents de rautre;ee qui doit être, si elles ^ont réellement idtfftiques. 11 faut prendre garde encore que les choses identiques doivent être dans un seul genre de catégorie, d'attribution (iv évl y^vei xaTYiyopiaç)^ Coimne on peut le remarquer, Aristote se sert du mot -propre de KoTTiyopta, et, par conséquent, ceci infirmerait l'observation faite plus haut sur l'emploi du mot Komirfofi» dans la Topique. (Voir pag. 394.) On peut ajouter, toutefois y qu'ici le mot de KaTriyopia n'a pas absolument le sens qu'il reçoit dans les Analytiques, ou dans les Catégories elles-mêmes; qu'il n'est pas seul, et qu'il n'a point encore toute sa valeur) mais peut-être, Aristote n'aura-t-il pas trouvé eonvenable de la lui donner da»s la Topique.
iSa, b, 6. Il faut voir, si de choses qu'on pré* tend identiques, l'une reçoit le plus, sans que l'autre le reçoive, ou sans qu'elle le reçoive^ en même temps. Ainsi , celui qui aime plus , ne dési*' rant pas pour cela davantage la cohabitation (ouvououeç), il s'ensuit que l'amour et le désir de cohabitation ne sont pas identiques.
404 DEUXitUE PARTIE. — SECTION I.
iS^iy by lo. Quand il y a quelque chose d'ajouté| il faut examiner si cette addition, de part et d'autre, ne change pas Tidentifé de Tensemble; et si, en enlevant, de part et d autre, la même chose, le reste est encore identique.
i52, b, 17. On doit rechercher, non seulement si la thèse donne quelque chose d'impossible, mais encore si la thèse qu'on y substitue (OicoOwetoç), donne quelque chose de possible. Par exemple^on prétend, que vide et plein d'air c'est la mémechose. Il est évident que si l'air sort, le vide, loin de diminuer, augmentera; et alors, il ne sera plus plein d'air. Ainsi, en supposant que l'un des deux soit vrai ou soit faux, peu importe, l'une des choses se trouve détruite , et l'autre ne l'est pas : il s'ensuit qu'il n'y a pas ici d'identité, et que vide et plein d air ne sont pas une seule et même chose.
i5t2, b, a5. En général , il faut , pour les choses identiques, que l'une et l'autre soient attributs des mêmes choses, et que les mêmes choses leur soient attribuées.
Du reste, identique se dit enphisieurssensren espèce , en genre , en nombre, etc. ; il faudra donc considérer dans laquelle de ces diverses sijgnifications (iSa, b, 3o) , on l'aura compris.
Ch. a, ïSa, b, 37. Tous ces lieux peuvent Mr demment servir à la définition , et tous sont bons pour la réfuter (àva(Txe\jarixoC). Si le nom, en effet, et l'explication donnée, ne signifient pas la même chose, il est clair que la définition est mauvaise.
ANALYSE DES TOPIQUES. — LIV. ^11. aiAP. VI. 405
laisaucun de ces lieux ne suffit pour établir la dé- UDÎtion; car il ne suffit pas de démontrer que le ^^fit l'explication donnés ont le mcme sens : il ait),iq^ outre, réunir toutes les conditions indiuées plus haut (rà ^'oXXa irovTa TrapYiyyeXjxiva^.
Ch, 3. 1 59 bisy a, 6. Il y a cependant des moyens le défendre la définition, bien qu'on prenne rareaent ce soin dans la Dialectique, et qu'on admette Bft définitions telles que les donnent les sciences p4ciale$| géométrie, arithmétique, etc. Les conidérations auxquelles on s'est ici livré, n'ont pas lour but de tracer à la définition des règles lar&itement exactes {^C âxpiêeiaç) ; ce soin apparient 4 un autre traité (oXXtiç 77paY[x.aT6iaç). Tout ce [u'oD prétend établir, c'est qu'on peut faire un yllogisme de la définition et de l'essence des choses. !Ji effet, si la définition est l'énoncé (^oyoç) qui lonoe l'essence de la chose, et si les genres et les lifférences peuvent seuls être attribués essentielement , il est clair que la notion qui les contiendra era bien unedéfinition.Ilest donc certain que Ton leut, avec les procédés du raisotmement (cuX^oyidm)y isdre une définition; comment faut-il la faire, l'est ce qu'on a dit ailleurs plus exactement (sv Mfo%ç acpiêcrepov Âicopiçai). (Aristote veut sans doute désigner ici les Derniers Analytiques, liv. 2, ch. i3 et 40 Pour l'étude dont nous nous occupons mainenant (7rpoc.TY;v icpoxfii[i.^vY)v ia^OoSov ), il suffit de se ervir dés lieux précédemment indiqués.
i/lQbiSfOfaô.Ufant en première ligne regarder
406 MUXdSMS PARTIB. — SBCTIOir I.
aux contraires et aux autres opposés ; car, si la définition opposée est la définition de Topposé, la définition donnée sera bien celle de V objet en question, etc., etc., (149 ^^'^9 b, a5.) Il faut examiner aussi les cas et les conjugués. Si, par exemple, l'oubli est une perte de mémoire, oublier sera perdre la mémoire, etc., etc.
Ch. 4* i5o dis, a, 12. Les plus utiles de ces lieux, pour établir la définition , sont ceux qu'on tire des cas et des conjugués, parce qu'ils ont le plus d'applications possibles (icfoç i^ktiça).
Ch. 5, i5o bis^ a, i23. On voit, du reste, qu'il est beaucoup plus difficile d'établir la définition que delà réfuter. 11 suffit, en effet, pour la détruire, d'en détruire une partie , ou de démontrer qu'elle est fausse pour une des parties du défini. Pour l'établir, au contraire , il faut démontrer que tout ce qui est dans la définition est bien réel , et qu'elle s'applique à tout ce à quoi s'applique le défini.
Ici commence le résumé dont op a parlé plus haut. Après avoir établi, à la suite de la définitioDi qu- il est plus aisé de la détruire que de la fiiire , Aristote se pose la même question pour le geora, pour le propre et pour l'accident, dont il a traité dans les parties [uréGédentes de la Topique. Ainsiy pour le genre et le propre (i5o bisj a, 1 3), il est plus facile de détruire la proposition que' de Féttblir ( 1 âo biSfSLf 33). Pour 1 acddent, l?i|BiYer|fil est
A!fÀLT8K VU T»WM.'^ tW. TH. OUP. VI. 407
pIttsâMàle k réfuter qu'à donner; le particulier, tout au contraire; et ceci se comprend $ans peine, puisque, peur prouver l'accident particulier, il suffit d'établir qu'il est k Ton des objets (tivI), et qae, pour Je détruire, |1 faut prouver qu'il n'est à aocon àes objets en question (lôi bis^ a, 3). Ce qn^il y a de plus facile, c'est de réfuter la dé&nitÎDtt, i cause de la multiplicité même des éléments qu'elle cjoit renfermer. Par la même raison , c'est die aussi qu'il est le plus difficile de bien donner.
1 5i bis y b, 9H. L'accideqt est ce qu'il y a de plus fscâle à établir, et de plus difficile à repousser, pré* dpéfsent par les mêmes motifs que la définition.
Tels sont donc les lieux qui pourront servir à traiter toutes le^ espèces de questions dialeo^ ti«|ues ; l'énumération en est à peu près complète
Si l'on se rappelle ce qu'Âristote, en débutant, t dit, sur les parties diverses qu'il voulttf; donner ^ sa Topique (Voir plus haut, pag. 334 9 li^« if eh. a), U est clair que le traité ne peut être ici ter- Buné. Il reste encore à exposer la troisième partie 9 où l'auteur compte expliquer quelle est l'utilité 4f H Topique pour les discussions pratiques (irp6ç t»;ilyf3iu^) .Ceci même parait une suite nécessaire de toutes les études antérieures : Aristotea partout eu soin de montrer les deux faces de la question , et, pour chaque lieu , il a dit comment on pouvait rétablir, comment on pouvait le détruire (xaraoxtiM^civ cêvaoxeuà^fliv). Il semble donc qu'il lui reste
440 noviaa paatib. -— «criov u
positions nécessaires, dont se forme le syllogisme. Il y en a de quatre sortes, ce sont : i^ œlles qui ont pour but de trouver l'universel par induction; %^ celles qui ne tendent qu'à faire valoir la discussion ( cic dyxov Tou X^you ) ; 3^ celles qui ont pour but de inasquer la conclusion à laquelle on tend (iTfoc xpii^iv TOU 9u(Airepaff(^aTo;); 4^ et enfin celles qui ont pour objet de rendre la discussioa plus claire (aaf^orepov tov Xtiyov). Celles qui ont pour but de masquer la conclusion ne sont faites que pour le combat, la lutte dialectique ( ôyôvoç x^'P^^) ' ™^^ il faut bien aussi les étudier, dans un traité où il s'agit toujours de rapports extérieurs (irpoç ÎTjpov), et non pas seulement d'une étude personnelle et solitaire.
i5i bisjhj 29. C'est pour arriver aux propositions nécessaires du syllogisme, qu'on doit disposer toutes les autres : c'est en vue de celles-là qu'il faut arranger toute la discussion. Mais celleft-là ^ ne doivent venir qu'en dernier lieu; il faut s'y ^ prendre du plus haut qu'on peut ( i5a bis^ a, 7)9 les cacher le mieux possible, en avançant, tous forme de prosyilogisme, ce qui doit plus tard lep amener. L'on fera bien de multiplier, tant qu'on pourra, ces prosyllogismes (1 5^ bis y a, a3) (TsEfta àç nUiça ) ; et pour cela, il &udra , non pas donner les jaxîomes en masse (<nive}r^), mais peu à peu, et . Tun après l'autne , en les faisant suivre jd'apm TidrdK da feurs rapports.
f 52 Ai^y a^ 27. Quand oo k pittt^ il C|iat pKi^
A5ALTSB DBS TOnQUES.'— UV. VID. CHÂP. TI. ' 441
h d^nition de la proposition universelle, non pas toutefois directement , sur les objets mênÉes en question ) mais sur les objets d'une série analogue, sur les conjugués {[L-h iii aùrûv iXV m tûv màçrii^m), Uiisiut, sil'on avance une proposition nouvelle , B6 pas montrer (i5a bisj b, 4) qu'on l'a faite poiir le point en question ; il faut donner à penser qu'on Ta faite pour un autre , en ayant soin toutes fois d'ep retenir ce qui peut être utile (xpifAfiuc). On fera bien , dans ce cas y d'interroger par similitude; ce qui rend à la fois l'universel qu'on cherche plus croyable, et le fait moins apercevoir.
i5!i , bisy b, i8. Parfois, pour inspirer plus de confiance à l'interlocuteur, il faut se faire à soimême une objection , manière de montrer toute la loyauté de la discussion (^ixaCox;).
i53, a, 6. Pour faire valoir la discussion en Fornant (eiç xc^fjiov), on emploiera surtout Tin ductiou, et Ion divisera les choses homogènes.
i53, a, i4* Pour la clarté enfin, il faut prendre des exemples, des comparaisons, mais en ayant soin de les donner justes et bien connues, comme le bât Homère, et non pas comme le fait Chœrile.
Ch. a, i53, a, i8. Après avoir ainsi tracé les règles générales, et indépendamment de toute condition étrangère , Aristote considère la forme que la discussion doit prendre selon les interlocutears. Si l'on s'adresse à des dialecticiens, il £aLut employer le syllogisme : si c'est à des esprits vulgaires et peu éclairés {^fhçzAç mû^)^ il vaut mieux