Victor Hugo, Préface
tion de la pénalité. La douce loi du Christ pénétrera enfin le Code et rayonnera à travers. On regardera le crime comme une maladie, et cette maladie aura ses médecins qui remplaceront vos juges, ses hôpitaux qui remplaceront vos bagnes. La liberté et la santé se ressembleront. On versera le baume et l’huile où l’on appliquait le fer et le feu. On traitera par la charité ce mal qu'on traitait par la colère. »
Il y a dans ce passage de la phraséologie et de l'exagération antüthétique. Mais il réflète assez bien le sentiment de l’époque.
Une réforme radicale vint rapidement satisfaire l’opinion. La loi des 28 avril-1** mai 1832 permit d'accorder pour tous les crimes et pour les délits prévus par le Code pénal le bénéfice des circonstances atténuantes. L'état de récidive n’est plus un obstacle à lapplication de l’article 463. Enfin, c’est le jury qui décide souverainement s'il y a lieu de faire bénéficier l’accusé de ces dispositions bienveillantes (1).