‹ De la loi du contraste simultané des couleursChapitre 112 sur 249 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De remploi des couleurs dans T architecture

grecque.

546. La découverte de temples grecs coloriés à ïextérieur, est sans doute bien remarquable en arcbéologie; car si des monuments semblaient à beaucoup de personnes devoir repousser l'application des couleurs à leur décoration extérieure, c'étaient assurément ceux des Grecs : aujourd'hui il est impossible de ne pas admettre que chez ce peuple l'alliance de l'architecture avec les couleurs s'est faite, non à une époque de décadence, mais dans un temps où l'on élevait des monuments du meilleur style; en effet, les ruines de temples coloriés mises à découvert par les fouilles faites en Grèce, en Italie et en Sicile dans des lieux où prospérèrent plusieurs colonies grecques^ ont ce caractère à un degré non méconnaissable.

547. Si l'on recbercbe la cause qui a déterminé l'architecte grec à s'emparer d'un des moyens les plus puissants qu'a le peintre de parler aux yeux, on la trouvera surtout, je pense, dans le goût pour les couleurs, plutôt que dans l'intention unique de rendre les diverses parties d'uu édifice plus distinctes les unes des autres en les coloriant diversement, et de suljstituer des orne-

(542 ) ments peints à des ornements en relief, soit sculptés, soit moulés, ou d'augmenter le relief des ornements qui en avaient déjà; enfin, les communications des Grecs avec les Egyptiens auront pu conduire les premiers à imiter les seconds dans cette application des couleiu's aux monuments.

548. J'ai remarqué dans les dessins coloriés des monuments grecs que j'ai pu me procurer, non-seulement le nombre des couleurs employées dans ces monuments, le hlanc ^ le noir,\e rouge, le Jaune, le ^vert et le bleu, mais encore le parti qu'on en a tiré sous le rapport de la ^variété et de la pureté des teintes, de la ^vue distincte des parties , et de Yharmcnie de V ensemble.

En effet, dans l'ouvrage du duc de Serra di Falco, sur les antiquités de Selinonte, on voit des dessins coloriés, représentant des débris de temples grecs, où les ligues principales, telles que les listels de î'arcliitrave et ceux de la cornicbe, sont rouges; les mutules bleues , et leurs gouttes blanches; les trigljphes bleus, leurs canaux noirs, et leui'S gouttes blanches ; enfin, les parties les plus étendues de la J^iise et de la corniche, ainsi que X architrave, sont d'un jaune léger.

On voit que le rouge, couleur éclatante, dessinait la plupart des grandes lignes; que le bleu, associé au noir dans les triglyplies et leurs ca-

naux, formaient un ensemble harmonieux et distinct des parties voisines; enfin, que ]a couleur dominante, le jaune clair, produisait un effet bien supérieur à celui qui aurait eu lieu, si les couleurs les plus intenses ou les plus sombres eussent prédominé. En définitive, les couleurs étaient réparties de la manière la plus intelligente pour qu'il y eût sans bigarrure, variété et lumière dans les teintes , et distinction facile des parties.

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