‹ De la loi du contraste simultané des couleursChapitre 61 sur 249 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De la différence qiiil y a entre un oh jet coloré et Viniitation que le peintre en a faite, lorsque le spectateur choisit un autre point de vue que le sien.

299. Entre l'imitation la plus parfaite au moyen de la peinture d'un objet coloré et ce même objet, il y a une différence très -grande sur laquelle nous devons nous arrêter un moment , parce qu'elle n'est point assez généralement appréciée. L'imitation n'est vraie, relativement à la délinéation, à la distribution de la lumière et de l'ombre, et à toutes les modifications de couleurs qui en résultent, que pour la position où se trouvait le peintre à l'égard de son modèle; car hors de cette position toutes ces choses varient plus ou moins relativement au spectateur, tandis que dans l'imitation on verra les clairs, les ombres, les lignes qui les circonscrivent et les modifications de couleur constamment de la même manière, quel que soit le point oii l'on se trouve placé.

Par exemple, pour un spectateur qui, dans une chambre, regarde vis-à-vis d'une fenêtre le dos d'une personne vêtue d'un habit bleu, neuf (fig. 67), laquelle est placée entre cette fenêtre

(i75) et lui, la partie a de l'habit est bleue et la partie h tlun gris orangé. Que le spectateur avance de manière à voir leproiîl de cette personne, si alors il regarde les parties aetb, elles lui paraîtront différentes de ce qu'elles étaient avant qu'il eut changé de position^. Eh bien, si le peintre a peint l'habit dans la position où se trouvait d'abord le spectateur, il aura coloré en beau bleu la partie a, et en gris (probablement) orangé la partie h.

Si maintenant le spectateur regarde l'imitation de l'habit dans la position où il s'est trouvé en second lieu lorsqu'il voyait la personne de profil, il verra toujours la partie a bleue et la partie h d'un gris orangé, quoique dans cette position riiabit-modèle ne présente plus ces modifications.

Au reste, j'insiste beaucoup pour démontrer une chose qui, en définitive, est toute simple.

En effet, de ce que les clairs, les ombres, les modifications dans les couleurs et les linéaments qui circonscrivent chaque partie, conservent invariablement les mêmes rapports dans une peinture faite sur un plan , il s'ensuit que cette imitation produit sensiblement la même impression, quoiqu'on la regarde de points très-différents de

i II y .1 une position où le sjjcclaleur verra la partie a d'un gris orange, et la partie b d'un beau bleu.

celui où le peintre s'était placé pour représenter son modèle.

5 00. C'est pour cette raison encore qu'une personne qui regardait le peintre lorsque celuici peignait son image sur la toile, semble dans cette même image regarder le spectateur, quelle que soit d'ailleurs la position de ce dernier à l'égard du tableau.

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