‹ De la loi du contraste simultané des couleursChapitre 91 sur 249 · CHAPITRE UNIQUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE UNIQUE

42g. Tout le inonde sait qu'on donne le nom de mosaïques aux imitations colorées que l'on fait d'un modèle peint, en employant des fragments de marbre , de pierres , d'émaux diversement colorés, convenablement taillés, que l'on juxtapose les uns contre les autres , et qui sont en outre fixés au moyen d'un mortier fin ou ciment.

S'il était possible de faire de la mosaïque avec des éléments aussi déliés et aussi serrés que le sont les fils des tapisseries, un pareil ouvrage se placerait entre le tableau peint à lliuile et la tapisserie des Gobelins; il ressemblerait à celleci, parce qu'il résulterait de la juxtaposition d'éléments colorés d'une étendue apjjréciable , et il se rapproclierait du tableau par une surface unie et rendue brillante au moyen du j)oli qu'elle aurait reçu; en outre, l'opposition d'éléments opaques et d'éléments vitreux rappellerait celle des couleurs opaques et des couleurs glacées de la peinture à l'buile.

Mais en ayant égard aux considérations précédentes relatives aux qualités spéciales de cliaque genre d'imitation, la mosaïque ayant été

(274) faîte pour servir de pavage ou du moins pour être exposée aux intempéries de l'atmospbère , à l'humidité des rez-de-cliaussées, etc., la résistance à ces agents destructeurs doit être sa qualité essentielle; d'un autre côté, la place qu'elle occupe généralement dans les édifices ne permettant pas que l'oeil saisisse tous les détails qu'il peut clierclier dans un tableau, on s'éloigne du but lorsqu'on prétend donner à des ouvrages de cette nature le fini de la peinture; on confond alors deux arts absolument distincts par le but et par la nature même des éléments colorés que chacun d'eux emploie.

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