Voyez la note 3 de la page lOS
Rien n'est plus fameux que Thisloire du mammouth y ou éléphant fossile ^ donl les ossements abondent en Sibérie, et dont Vwoire constitue un article considérable , inépuisable , du commercé de ce pays.
L'imagination des Russes avait fait du mam^ mouth un animal fabuleux, qui porte deux cornes placées au-dessus des yeux, qui s'étend ou se resserre selon qu'il lui plaît, qui yit sous terre, et qui périt sitôt qu'il voit le jour.
En Europe, on a pris les os du mammouth pour des 08 de géants^ et même, ce qui est plus fort, pour àQtjeux de la nature. « On décou- « vrit, dit M. Cuvier, à Tonna, dans le duché « de Gotha, en 1696, quelques os d*éléphant : « un fémur, un humérus , des côtes, des ver- « tèbres, des dents molaires,.» Les médecins a du pays, consultés par le duc de Gotha, décla- « rèrent bien unanimement que ces objets « étaient des jeux de la nature , et soutinrent a leur opinion par plusieurs brochures ' * »
Le mammouth a laissé de ses ossementâ
\. Rechi sur les ossi/oss.y t. II, p. 84.
partout : en Amérique, en Asie, en Europe, en France, à Paris. Il n'y, a pas longtemps qu on a trouvé à Paris les débris du squelette d'un mammouth '.
Et ce n'est pas seulement les os du mam^mouth que notre époque a vus : elle a vu le mammouth entier, avec sa peau, ses chairs, ses poils, etc.
« En 1799, dit M. Cuvier, un pêcheur Tonce gouse remarqua sur les bords de la mer Glace ciale, près de l'embouchure de la Lena, au c( milieu des glaçons, un bloc informe qu'il ne put « reconnaître. L'année d'après, il s'aperçut que (( cette masse était un peu plus dégagée, mais il a ne devinait point encore ce que ce pouvait être, a Vers la fin de Tété suivant, le flanc tout en- « tier de l'animal et une des défenses étaient ce distinctement sortis des glaçons. Ce ne fut que
\, Ces débris, qui furei>t trouvés dans un terrain dépendant de rhôpital Necker (rue de Sèvres), consistaient en deux molaires à lames étroites et parallèles, en une portion de défense assez grêle et en une partie supérieure do tibia. Le tout était enfoui dans le sable d'alluvion de la rive gauche de la Seine, à 44 pieds de profondeur. Voyez les comptes rendus de l'Acad. des sciences, année 1838, p. 10^27 et 4054,
« la cinquième année... que celte masse énorme « vint échouer à la côte sur un banc de sable. « Au mois de mars 1804, le pêcheur enleva les « défenses et s'en défit pour une valeur de « cinquante roubles, etc., etc. » — J'abrège cet étonnant récit. Lorsque, en 1806, M. Âdams, membre de l'Académie de Saint-Pétersbourg, vit cet animal, reste si étrangement conservé d'une population éteinte, il le trouva déjà fort mutilé. — (c Les Iakoutes du voisinage , dit « M. Cuvier, en avaient dépecé les chairs pour « nourrir leurs chiens; des bêtes féroces en a avaient aussi mangé ; cependant le squelette « se trouvait encore entier, à l'exception d'un « pied de devant. L'épine du dos, une omo- (c plate, le bassin et les restes des trois extrémités cr étaient encore réunis par les ligaments et par « une portion de la peau... La tête était couverte a d'une peau sèche ; une des oreilles, bien con^ « servée, était garnie d'une touffe de crins ; on « distinguait encore la prunelle de l'œil. Le «t cerveau se trouvait dans le crâne , mais des* « séché...; le cou était garni d'une longue cri- « nière ; la peau était couverte de crins noirs et
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et d'un poil ou laine rougeàtre; ce qui en res- « lait était si lourd que six personnes eurent « beaucoup de peine à le transporter. On relira, « selon M. Adams, plus de trente livres pesant « de poils et de crins que les ours blancs avaient «c enfoncés dans le sol humide en dévorant les « chairs *... »
Tout ce récit est plein d'intérêt ; mais je prie qu'on veuille bien y remarquer surtout celle circonstance que le mammouth était couvert de laine et de poil , parce qu'elle a eu bien de l'influence sur les opinions de M. Cuvier.
11 avait dit, dans son Discours sur les révolutions du globe ^ à propos des grands quadrupèdes ^ conservés tout entiers dans la glace