I . Voyez mon Histoire des travaux de Cuvier
variations^ les modifications acquises par une première génération n'étaient pas transmissibles de celle-là aux autres, ces variations resteraient individuelles et propres : elles 'ne feraient point race ou caractère de race. Ce n'est que parce qu'elles se transnaettent qu'elles font race.
Et non-seulement elles se transmettent , mais elles se développent, elles s'accroissent; on peut les rendre excessives ; on peut aussi les corriger et les restreindre.
On les rend excessives en unissant ensemble les individus qui ont les mêmes variations :
les grands aux grands, les petits aux petits, etc* C'est ainsi que nous faisons toutes nos races de grands chevaux, toutes nos races de petits chiens, etc.
On les restreint, on les corrige, en unissant ensemble les individus qui ont des variations^ des modifications opposées : les petits avec les grands, ceux à poil court avec ceux à poil long, etc.; en compensant un excès par l'excès contraire ; en contrastant^ comme dit Buffon, en contrastant les figures.
Je ne parle point ici du climat^ de la nour-^ riturcy de la température^ de la domesticité. L'iûfluence de toutes ces causes sur la variation des e^ècesj c'est-à-dire sur la production des racesy est trop connue pour que je m'y arrêta. Je fais seulement remarquer que ce ne sont là que de simples causes médiates ^ éloignées^ externes j et qui n'ont d'effet que parce que les causes immédiates^ prochaines^ internes^ se prêtent à cet effet et le favorisent. Le climat y la nourriture ^ la température ^ auraient beau agir : si Tespèce n'avait pas une certaine tendance à varier^ elle ne varierait pas; et, de même^ sans une certaine ten«> dance à la transmission des variations acquitses, ces variations finiraient avec l'individu et ne feraient point race. Tout le mécanisme de la formation des races roule sur ces deux causes internes : la tendance de l'espèce à varier^ et la transmission des variations acquises.
Mais ces deux forces réunies^ la tendance primitive à variation et la transmission successive des variations acquises, jusqu'oii vont-
elles? Vont-elles jusqu'à faire sortir une /'ac^ de son espèce ^ jusqu'à faire que cette race ne soit plus féconde avec les autres races de son espèce ? Nullement.
Toutes nos races ^ et le nombre en est près* que infini^ de chiens, de chevaux, de brebis^ de chèyres, etc.^ sont, dans chaque espèce^ fécondes entre elles, et continûment^ indéfini-^ metit fécondes.
U espèce n'est point une race; ce n'est point celle-ci plutôt que oelle*-là; ce n'en est point une préférablement aux autres, et c'est là ce qu'il faut bien rémarquer : Vespèce est un ensemble donné de races*
Toutes les racej de chiens composent /'e^y^èc^ du chien , toutes les races de chevaux celle du cheval y. toutes les races de chèvres celle do la chèvre ) etc., etc.
Et toutes ces races ont également, pour souche et pour limites, F espèce. Toutes viennent de Vespèce^ et aucune n'en sort. Toutes en viennent par la génération , et toutes y res^ tent attachées par la génération , par la communauté de sang , de germe, de reproduction.
« Lorsque ^ dit Buffon , après des siècles « écoulés^ des continents traTersés, • • • l'homme c< a voulu s'habituer à des climats extrêmes et « peupler les sables du Midi et les glaces du ce Nord, les changements sont devenus si grands a et si sensibles , qu'il y aurait lieu de croire c( que le Nègre, le Lapon et le Blanc forment « des espèces différentes, si l'on n'était assuré... . « que ce Blanc, ce Lapon et ce Nègre, si dis— « semblants entre eux, peuvent cependant « s'unir ensemble , et propager en commun la « grande et unique famille de notre genre hu- « main : ainsi leurs taches ne sont point ori- (( ginelles ; leurs dissemblances n'étant qu'exté- « rieures , ces altérations de nature ne sont que « superficielles , et il est certain que ious ne « font que le même homme , qui s'est verni de a noir sous la zone lorride , et qui s'est tanné , (( rapetissé par le froid glacial du pôle de la « sphère '* »
En résumé , il y a des caractères superficiels, et ces caractères superficiels varient; mais il