Hist des anim., liv. VI, eh. iv
zième fois, il y a eu trois œufs : le premier a produit une femelle,. le second un mâle, le troisième n'a rien produit.
Je reviens à mon sujet. A parler rigoureusement y la yie ne recommence donc pas à cha* que nouvel individu ; elle ne commence qu'avec l'espèce. Pour chaque espèce, la vie n'a commencé qu'une fois. A compter de là , elle a passé d'un être à l'autre, sans interruption , sans rupture, dans toutes les espèces qui aujourd'hui encore subsistent : toutes les espèces où une rupture s'est faite , où une interruption s'est produite , où le^î/ continu de la vie s'est rompu, sont aujourd'hui des espèces perdues.
Et ces espèces perdues ne renaissent plus.
Il fut un temps où le sol d'Europe était couvert de mastodontes j à^ éléphants, d'énormes reptiles; il fut un temps où le sol de Paris était couvert de palœothériurAs ^ de lophiodons , etc. : tous ces animaux ont disparu , et disparu pour ne plus renaître.
On se rejette en vain sur les générations spontanées. Les générations spontanées ne
sont qu une vieille hypothèse^ et de toutes les hypothèses la plus gratuite.
ce 11 est yraysemblable , nous dit Plutarque y <K que la première génération a été faicte entière « et accomplie de la terre ',... j> c'est-à-dire par génération spontanée. Il convient pourtant que, de son temps, il ne se formait plus que des souris de cette manière.
Âristote réduisait la génération spontanée aux insectes , à quelques mollusques y à quelques poissons y c'est-à-dire aux animaux dont il ne connaissait pas encore le mode de génération effective.
Un physiologiste de nos jours, M. Burdach, admet la génération spontanée pour les pois^ sons , mais il ajoute qu'il serait trop hardi de l'admettre pour les crapauds et pour les gre^ nouilles^. On ne conçoit pas ce scrupule. 11