‹ De la longévité humaine et de la quantité de vie sur le globe (volume 2)Chapitre 59 sur 143 · De solido intra solidum contentOf etc · texte numérisé non relu

De solido intra solidum contentOf etc

» 2. Proto^d?a, etc. 4683.

% 2* — De la disposition de la terre par couches^

et de Stenon.

Stenon était né à Copenhague en 1658. D commença par étudier Tanatomie sous Thomas Barlholin, illustre, par la découverte des vaisseaux lymphatiques; il le fut bientôt lui-même par celle du conduit excréteur de la salwe^ qui, aujourd'hui encore, porte son nom. Venu à Paris en 1664, on le remarqua souvent aux assemblées qui se tenaient chez Thévenot % et qui ont été le berceau de notre Académie des sciences. C'est là qu'il lut son beau mémoire sur le cerveau. Winslow, le plus grand anatomiste du xvm* siècle, fut son neveu. Le Danemark a cette gloire d'avoir produit trois des plus grands anatomistes des temps modernes, Thomas Bartholin, Stenon et Winslow.

Dé Paris, Stenon passa à Florence. Florence était alors ce que Paris allait bientôt être , la patrie des sciences. L'Académie del Ciniento^

\ , Elles s'étaient tenues , d'abord , chez Montmort. — Voyez mon livre intitulé : FonteneUe, ou de la philosophie moderne relaticemenl aux sciences physiques.

fllle de l'esprit de Galilée, et qui possédait encore Borelli,' Redi, Viviani, s'empressa de l'adopter.

En 1672, il revint à Copenhague, où le roi Christian Y lui donna une chaire d'anatomie.

Puis, il quitta de nouveau le Danemark pour la Toscane .

Dès son premier séjour à Florence, il avait embrassé la religion catholique : cette fois , il entra dans l'église ; il fut évêque, puis vicaire apostolique pour le nord de l'Europe, et mourut à Schwerin en 1687.

Stenon était un homme de génie. Ses idées sur le cerveau sont les premières idées justes que l'on ait eues sur la structure de cet organe. Deluc l'appelle le premier vrai géologue '. 11 a commencé Vanatomie du cerveau , et il a commencé la géologie.

Relativement au fait qui m'occupe ici, la disposition de la terre par couches , Stenon semble avoir tout vu. Il a, du moins, nettement vu ces trois grands points : le premier, que les

i. Abrégé de géologie ^^, 8. Paris, 18! 6.

couches de la terre ne sont que des sédiments déposés par un fluide; le second, que la matière qui les compose a donc été, d'abord , suspendue dans ce fluide , et le troisiènie , que toutes ces couches ont commencé par être horizontales; d'où il suit que toute couche, actuellement perpendiculaire ou inclinée , a été soulevée par quelque cause postérieure à sa formation, ou , en un seul mot , et , comme on dit aujourd'hui, que toute couche inclinée est une couche redressée.

Il a vu , de même , les coquilles marines répandues partout sur la terre sèche , et * prouvant partout l'irruption des mers sur les terres. « Partout, dit-il, où se trouvent des dé- « pouiUes marines , la mer a certainement a séjourné, soit qu'elle y ait été portée par son a propre débordement^ soit qu'elle y ait été (( poussée par les matières vomies par les « volcans ^ »

4 . De solido intra solidum^ eic, p. 28 : a ... Certum « est eo loci aliquando mare exstitisse, quocumque modo, « sive propria exundatione, sive montium eructatione eô « pervenerit. »

Woodward , le célèbre Woodward , dont le principal mérite est pourtant d'avoir bien connu la disposition de 1& terre par couches, n'a guère fait qu^ ajouter des détails à ce premier ensemble d'observations et d'idées.

« Quiconque voudra considérer, dit Wood- «ward..., qu'on trouve une quantité prodi- « gieuse de coquilles et d'autres corps, dont « l'origine est dans la mer, incorporés et en- « fermés dans toute sorte de pierres , dans le « marbre, dans la craie, etc., que ces corps c< sont logés dans la matière terrestre, à com- « mencer près de la surface de la terre jusque « dans les endroits les plus profonds..., qu'ils « se trouvent dans toutes les parties connues « du monde..., et même sur le sommet des (c plus hautes- montagnes... Quiconque exami- « nera comme il faut tout ceci n'aura pas « besoin de chercher d'autres preuves pour <c comprendre que la terre fut effectivement (( dissoute , et qu'elle se forma ensuite de nonce veau '. »

4. ^n essay towards the naturcU history qf the earthf etc., traduction française, p. y.

Enfin, ce que Stenon et Woodward ont encore vu tous deux , et tous deux presque de même , c'est Tétonnant rapport de toutes ces choses avec le déluge^ raconté dans le plus ancien de nos livres.

« Relativement au premier état de la terre, « dit Stenon , la nature et l'Ecriture sont d'ac- (( cord sur ce point, que tout était couvert pac « les eaux ^ »

Et Woodward dit: «Quant à Moïse... je (( prends la liberté d'examiner la rigueur de ce (c qu'il nous a rapporté en le comparant avec « les choses,... et, voyant que son histoire est u tout à fait conforme à la vérité , je le déclare « ingénument ^. »

4. De solido întra solidum^ etc., p. 69: a De prima « terrsD facie in eo Scriptura et natura consentiunt, quod « aquis omnia tecta fuerint. »

2. yen essay towards the natural hUtory of the earth^ etc.: trad. franc., p. viii.

§ 3. — Des corps organisés contenus dans les rocfies solides^ et encore de Stenon.

Le titre du livre de Stenon est : Du solide contenu dans le solide % ce qui veut dire tout simplement : Des corps organisés fossiles contenus dans les roches solides.

La forme métaphysique, qui n'est pas bonne, même dans les ouvrages de métaphysique, gâte beaucoup celui de Stenon. C'était le vice du temps. Il faut laisser la forme et voir le fond, qui est admirable*

Les coquilles fossiles répandues dans les couches ordinaires de la terre prouvent bien que la mer a couvert la terre , et cela , sans doute, est beaucoup; mais elles ne prouvent

4. De solido intra solidum natur aliter contenta dissertationis prodomus, 4669. Ce n'était, en effet, que la préface d'un ouvrage qu'il n'a point publié ; mais on peut regarder cette préface comme un résumé , comme l'admirable résumé de toutes ses observations et de toutes ses découvertes sur les révolutions du globe en général» et particulièrement sur les divers états de la terre dans la Toscane ( varias mutationes qu8S in Etruria contigerunt).

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pas, ce qui est beaucoup plus, que plusieurs roches^ actuellement solides j ont été liquides, ou tenues en suspension dans un liquide; et les corps organisés^ contenus dans ces roches^ le prouvent ^

Pour que des corps organisés^ c'est-à-dire des corps solides , se trouvent contenus dans des roches solides^ il faut que ces roches aient commencé par être liquides.

Tel est le grand fait démontré par Stenon , et que Palissy avait déjà indiqué.

a J'ay trouvé, dit Palissy, des montaignes où

4 . a II est présentement certain que toutes les pierres, a sans exœption , ont été fluides ou du moins une pâte « molle , qui s'est desséchée et durcie. 11 suffirait , pour « en être sûr, d'avoir vu une seule pierre où fut renfermé « quelque corps étranger qui n'aurait pas pu y entrer, « si elle avait toujours été de la même consistance, car « cette seule pierre conclurait pour toutes les autres ; « mais on en a vu sans nombre, et on en voit tous les a jours qui renferment des corps étrangers , et ce n'est « plus la peine de les remarquer. De plus, il y a une infi- « nité de pierres qu'on appelle figurées^ qui ont été « moulées très-finement et très-délicatement en différents « coquillages, ce qui fait voir que la pâte dont elles ont « été formées devait être extrêmement molle et fine. » Hist. de VAcad. roy, des se. p. 8 (474 6 ).

ce il y a par milliers de diverses coquilles pétria fiées, si près Tune de Fautre , que Yoû ne « saurait rompre le roc d'iceUes montaignes en « nul endroit, que l'on ne trouve quantité descc dites coquilles, lesquelles nous rendent tes-

a moignage que elles ont été pétrifiées en

«c mesme temps que la terre et les eaux où elles « habitaient furent aussi pétrifiées ' . »

§ 4. — Des produits distincts de Veau et du feu,

et de Leibnitz,

Leibnitz fut chargé, vers 1680, d'écrire l'histoire des princes de Brunswick. De l'histoire de ces princes, il passa à celle du Brunswick, et de l'histoire du Brunswick à celle de la terre, C^était la tournure de son génie : cherchant, en toute chose, Torigine et la fin, et concluant, presque toujours, que les choses • n^ont ni origine ni fin. C'est à propos de lui que Fontenelle a dit « qu'on eût vu le bout des matières , ou qu'elles n'ont point de bout. ^ »

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