‹ De La Luxation De La Rotule: À L'Occasion D'un Traumatisme Dans Le Cas De Malformation Congénitale Du GenouChapitre 11 sur 18 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ÉTIOLOGIE

Sur le nombre déjà restreint des luxations de la rotule les luxations congénitales proprement dites sont peu fréquentes, mais les cas de luxations traumatiques survenant dans un genou prédisposé par malformation congénitale sont certainement moins rares. Il est même fort probable que bien des luxations, dites traumatiques, ne sont qu’un accident fatal survenant dans un genou prédisposé. Un examen insuflisant serait la cause de cette erreur d'interprétation.

Age. — La malformation n'étant, en générel, constatée qu'au moment où la luxation a eu lieu, il est bien certain que c’est dans l’adolescence à un âge où les traumatismes sont si nombreux, qu’on sera appelé à la rencontrer, Les cas se présenteront donc de moins en moins nombreux quand l’âge augmentera. Elle devient d’une extrême rareté après quarante ans.

Sexe. — D’après Potel, les femmes ayant normalement une rotule plus petite, des épiphyses moins volumineuses, des surfaces articulaires plus étroites, seraient déjà naturellement plus exposées aux luxations. Nous ajouterons que, par suite de leur. bassin plus large, leur fémur se trouve être plus oblique. L’angle normal qu’il forme avec le tibia est donc plus aigu. La rotule plus mobile, moins solidement enclavée, plus fortement attirée en dehors sera donc toute prête à profiter d’une malformation congénitale pour abandonner sa place normale.

Mais, d'autre part, les hommes sont plus exposés aux trauma-

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tismes, aux mouvements brusques, aux contractions musculaires plus violentes. Aussi les statistiques qui ont été publiées sontelles contradictoires.

Hérédité. — C'est le facteur le plus important, M. Rocher prétend même que c'est le seul qu'on puisse admettre. Shapleigt l’a noté dans quatre générations, Sleindler cite 5 cas où plusieurs membres de la même famille étaient atteints de luxation congénitale de la rotule. Enfin les cas de Caswel, de Servier, de Spitzi, de Prewitt, de Bessel Hagen, de Schow, cités par Philippe, sont trop typiques pour qu'il soit utile d'insister.

Dans toutes les lésions congénitales on a remarqué que l'enfant héritait de la tendance générale à la déformation, mais souvent on ne retrouve pas chez lui la même déformation que chez ses parents. [Il semble que, pour la rotule, l’hérédité soit encore plus manifeste, puisque c’est la mème déformation qui se reproduit avec une grande fixilé.

Les diathèses. — Leur influence est loin d'être démontrée; beaucoup d'auteurs la conteste absolument.

Coexistence d’autres malformations. — Assez souvent la malformation congénitale du genou coexiste avec d’autres malformations congénitales. Plus souvent encore la malformation est bilatérale (1); les deux genoux sont prédisposés à la luxation. C'est là une preuve de plus en faveur de l'hérédité et qui donne une plus grande valeur à la théorie pathogénique de l'arrêt de développement par viciation du germe.

Nous venons d'envisager jusqu'ici les causes d'ordre général; il reste maintenant à voir les causes d'ordre particulier.

Ce sont d'abord toutes les lésions anatomiques que nous avons décrites au chapitre IT.

Il en est une autre sur laquelle les auteurs sont loin d’être d'accord. Nous voulons parler du genu valgum.

Pour beaucoup d'auteurs, il est admis que le genu valgum

(1) Micuer, Revue méd. de l'Est, 1906.

Weber, Deustche med. Woschenschrift, 1909.

Goœcxx, München. med. Wochenschrift, 1910.

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