DIAGNOSTIC
Dès le début, le diagnostic est facile; mais lorsqu'il est survenu du gonflement il offre de réelles difficultés ; on peut alors songer à la contusion, à l’entorse ou à la fracture.
En effet, la douleur, la difficulté des mouvements, la déformation des parties sont des signes communs à ces affections.
(1) Archives générales de médecine, 1835, t. VIT.
Mais le chirurgien pourra reconnaitre la luxation de la tête radiale parles caractères qui différencient ces diverses affections.
La position de l'avant-bras est nalurelle dans l’entorse et dans la contusion et il n'y a jamais cette fixité que l'on trouve dans-les luxations ; de plus, ces dernières s’accompagnent d'une situation et d’une direction vicieuses dues au déplacement des surfaces articulaires. En outre, une luxation nécessite pour se produire un traumatisme d’une plus grande violence. Le craquement perçu par le malade est aussi particulier à la luxation.
Plus tard, lorsque le gonflement aura disparu et que l’atrophie se montrera, la déformation du coude, la saillie de la tête radiale avec ses caractères de conformation et de mobilité, de rapport avec l’épicondyle ne sauraient laisser le chirurgien indécis.
La comparaison avec le côté sain, l’étude attentive des saillies osseuses du coude : épicondyle, épitrochlée et olécrâne et la dépression sous-condylienne due à l’absence de la tête radiale entraineront la conviction.
La fracture du col du radius étant une rareté et une trouvaille d'autopsie, on ne saurait en faire le diagnostic.
La fracture isolée de la tête est aussi très rare ;: Wagner cite un cas où il trouva à l'opération une portion de la cupule articulaire détachée du reste de la tête ; mais c’est une exception. Cette fracture, en effet, est le plus souvent produite par une chute sur la paume de la main et s’accompagne toujours, disent les classiques, de graves dégâts du côté des autres os. La présence d’un fragment mobile au niveau de ia cupule, la crépitation obtenue dans les mouvements de pronation et de supination, l'absence de déformation pourraient, à la rigueur, la faire reconnaître.
= Dans le cas où le diagnostic serait hésitant, on aura toujours la ressource de la radiographie, qui est d’une utilité indéniable pour létude des lésions du coude: car, comme le dit Quénu (1): « Sans réveiller aucune souffrance, nous avons ainsi la possibilité de déterminer d’une façon mathématique la situation respective des os du coude et leurs lésions dans des circonstances où précisément les signes classiques sont devenus, par le fait du gonflement et de la douleur, d'une constatation extrêmement difficile et même impossible ; j’estime que chez les enfants en particulier, où les déplacements articulaires sont si faciles à confondre avec des fractures trochléennes ou des décollements épiphysaires, il serait très désirable qu’on appliquât systématiquement ce nouveau moyen d'exploration. » S