FAR
Fe Es se Dectnt sur. les symptômes observés et l’écartement signalé entre l'olécrâne et la tête du radius, pensent qu'il s'agissait plutôt d’une luxation en avant et en dehors.
Observation II
Malgaigne. — Traité des fractures et des luxations
J'ai vu une luxation du genre de celle de Robert (voir obs. I), chez
un garçon de 29 ans. Elle s'était produite à l’âge de 15 ans, dans une chute sur le coude et était restée méconnue. La tête radiale était portée à près d’un pouce en avant de l’épicondyle et faisait en même temps une forte saillie en dehors. La pronation et la supination étaient revenues à peu près complètes ; mais la flexion ne dépassait pas un angle de 75°, et l'extension s’arrêtait à un angle de 1200.
La
Observation III (Adam)
Rapportée par Malgaigne. — Traité des fractures et des luxations
Le sujet était un élève en médecine, âgé de 23 ans. Dans son enfance, il avait reçu un coup sur l’avant-bras, porté en avant, et dès lors le membre était resté faible. Vers l’âge de 16 ans, la faiblesse augmenta ; la moindre cause amenait une luxation incomplète du radius en avant, qu'il réduisait lui-même sans difficulté. Une chute violente amena une lésion plus étendue en avant et en dehors avec des symptômes assez étranges. L'avant-bras était en supination et fléchi à angle aigu, sans pouvoir être étendu d'aucune manière ; le biceps était contracté, et son tendon soulevait la peau ; la tête radiale était sentie en haut et en dehors du condyle huméral. La luxation fut réduite ; mais peu de temps après le radius se luxa complètement en avantet ne fut pas replacé. Vers l’âge de 22 ans, une nouvelle chute le rejeta en dehors ; et il fallut de grands efforts pour le faire rentrer, non à sa place normale, mais dans la cavité nouvelle qu'il s'était creusée en avant du condyle, où il est resté depuis.
Observation IV (Inédite)
Recueillie dans le service du professeur Tédenat
Anaïs M..., 54 ans.
Le 2 juin 1900, étant montée sur une ânesse qui prit peur, la malade tomba sur le coude droit. La luxation fut réduite par le docteur Magne.
A son arrivée dans le service, le 4 juillet 1900, nous constatons que l’avant-bras est en flexion de 120° sur le bras; l'extension ne donne guère plus. Nous posons le diagnostic de luxation du radius et du cubitus ; le radius en avant et en dehors, le cubitus en dehors et en arrière.
La radiographie faite, le même jour, par M. le professeur agrégé Bertin-Sans, et que nous avons reproduite (fig. 2), confirme le diagnostic.
B. — Luxation avec fracture.
Observation V
(Malgaigne)
Auquet, brocanteur, âgé de 65 ans, entra à l'Hôtel-Dieu en 18232, pour une fracture de la cuisse. Je fus frappé, en l’examinant, d’une gêne des mouvements de la main gauche et de la difformité de l’avant-bras ; el voici d’abord ce qu'il me raconta : .
Le 28 février 1829, il avait été renversé par un cabriolet dont la roue, dit-il, lui passa sur l'avant-bras gauche. Transporté à l'hôpital Saint-Louis, il y fut traité par M J. Cloquet, faisant le service de Richerand, qui reconnut une fracture du tiers supérieur du cubitns. Le membre fut, en conséquence, enveloppé d'’attelles de carton, préalablement ramollies dans l'eau chaude et assujetties par un
e ie -bandage qu'on laissa jusqu'au quarante-cinquième jour. La fracture était alors consolidée, mais la raideur du coude était considérable, et - comme c’est une suite assez ordinaire d'une immobilité si longtemps continuée, on ne songea pas à s’enquérir d'une autre cause ; seulement on fit exercer le membre ; et quand le blessé quitta l'hôpital, trois mois et demi après son entrée, les mouvements commençaient déjà à revenir. Ces commémoratifs acquis, j’examinai le coude et je trouvai sur le cubitus, à deux pouces au-dessous de l’olécrâne, les traces très évidentes d’une fracture irrégulièrement consolidée, Le fragment supérieur, projeté en dehors et en avant, formait avec l’autre un angle rentrant en dedans. Le radius était complètement luxé en avant et un peu en dehors.
L'extension était complète, la flexion dépassait l'angle droit ; la main était en pronation presque complète et ne pouvait aller plus loin en ce sens ; la supination se faisait assez bien.
En regardant l’avant-bras étenda et en supination par sa face antérieure, on était frappé d’une saillie brusque de la tête du radius en dehors où elle faisait un aagle presque droit avec la face externe du bras ; en dedans, la face interne du membre se prolongeait sans irrégularité jusqu’à deux pouces au-dessous de l’olécrâne et alors présentait une concavité très profonde résultant de l’angle des. deux fragments du cubitus. Tout le membre était maigre, comine atrophié.
Quand le sujet fléchissait l’avant-bras, la tête radiale remontait sur le condyle en parcourant sous la peau un trajet de plus d’un pouce, au plus haut degré de flexion possible ; elle était tellement remontée au-dessus du condyle qu'entre elle et lui existait un intervalle d’un pouce et demi.
Observation VI
(Prof. Helferich. Deutsche Zeitschrift, vol. XXIII, p. 341.)
F.. L..., âgé de trois ans et demi, tomba, le 13 avril, d'un cheval de bois, sur la main ; les détails de l'accident manquent. Le médecin qui soigna le malade de suite après l’accident, diagnostiqua une fracture du cubitus au tiers supérieur seulement. La fracture fut
M Ve pes
réduite, l'avant-bras fixé par des attelles, la main placée en supination.
Le 21 avril, le professeur Helferich enleva l'appareil et procéda à un examen minutieux. Il trouva l’avant-bras dans une légère supination, le niveau de la fracture du cubitus est un peu en-dessus de sa partie moyenne. Dans la région du coude, il constata une luxation de la tête radiale en avant, en haut et en dehors. La tête radiale, facilement palpable, est mobile dans les mouvements de supination et de ’pronation. Toute la région du coude est considérablement augmentée. La flexion et l'extension de l’avant-bras sont possibles, la tête radiale ne reprend pas sa position primitive. Les mouvements des doigts se font librement. *
Observation VII
(Beurnier)
J.-B. M..., àgé de 20 ans, est entré, le 1°" juillet 1900, à l'hôpital de la Pitié, salle Michon, n°190, dans le service de M.le professeur Léon Le Fort.
Antécédents. — Rien d’important a signaler au point de vue des antécédents héréditaires ou personnels du malade. A l’âge de 17 aps, le malade commence à éprouver des douleurs dans le coude droit, en même temps que ce coude augmentait de volume, sans qu'il ait subi antérieurement aucun traumatisme. A cette époque, il exercçait la profession d’agriculteur. Un an plus tard, à 48 ans, il entra dans une fabrique de bouchons, où il travailla pendant cinq mois; puis, il dut se reposer, à la suite d'une contusion assez forte recue au niveau du coude malade et causée par une courroie de transmission Cet accident, pour lequel il ne fit aucun traitement, laissa le membre supérieur impotent pendant deux mois. Au bout de ce temps, le malade, qui avait fait des mouvements progressifs à son coude, reprend ses travaux d'agriculture jusqu’au mois de janvier 1890. Le 8 janvier, il fit une chute sur le coude droit, et se fit soigner pendant un mois par un rebouteur, qui lui appliquait des cataplasmes pour tout FANS Trouvant qu'il n'y avait aucune amélioration, il entra à l'hôpital Necker, dans le service de M. le professeur Guyon,
Et
qui posa le diagnostic de : « luxation du radius, avec fracture du
cubitus non consolidée ». Il fit trois injections de teinture d'iode au foyer de la fracture sans résultats. Depuis l'accident, le malade se trouve dans l'impossibilité absolue de travailler.
E'tat actuel. — Le coude droit est augmenté dans son diamètre transversal et présente une saillie externe très notable, en même temps qu'une dépression au-dessus de l'épitrochlée. L’extrémité inférieure de l'humérus est normale, et l'on sent parfaitement la trochlée sous la peau par l'exploration digitale. En explorant le radius, on trouve la tête de cet os déplacée en avant et en dehors et remonlée au-dessus du condyle huméral ; la cupule radiale ne tourne plus sur son axe, rhais exécute des mouvements en arc de cercle. Au-dessous de celte cupule, au niveau du col du radius, existe une saillie osseuse qui pourrait être prise pour un ancien cal. Le cubitus présente une solution de continuité au-dessous de l'olécrâne ; le fragment supérieur ou olécrânien est déplacé en dehors, laisse la trochlée vide et est intimement adhérent à l’humérus; le fragment inférieur, écarté du supérieur environ d’un travers de doigt, est très mobile, et il en résulte une mobilité latérale du coude. On constate quelques craquements dans l'articulation. Les mouvements de flexion et d'extension sont à peu près normaux; ceux de pronation et de supination sont un peu limités. Il n’y a pas d’atrophie musculaire; de ce côté, la force est un peu inférieure à celle du côté gauche.
Observation VIII (Inédite)
Due à l'obligeance de M. le professeur agrégé L. Imbert
G..., Louis, âgé de 26 ans, employé des tramways, a reçu un trolley sur l’avant-bras droit.
À son entrée à l'hôpital on constate que les mouvements spontanés du coude sont impossibles ; les mouvements provoqués sont difficiles, surtout à cause de la douleur.
A l'exploration du coude, les trois saillies : épitrochlée, épicondyle et olécrâne sont dans leur situation normale, mais la tête du radius paraît assez fortement projetée en avant et en
dehors.
Le radius paraitintact sur toute sa longueur, mais le cubitus est très douloureux à la pression, en un point très limité situé à l'union du tiers supérieur et des deux tiers moyens.
Pas de crépitation par les mouvements de pronation et de supination, qui sont très douloureux.
Nous portons le diagnostic de fracture du tiers supérieur du cubitus avec luxation de la tête radiale en avant et en dehors. |
La radiographie faite le lendemain de l'accident, le 1* avril 1901, vérifie le diagnostic clinique et montre qu'il y a chevauchement des fragments et déviation angulaire à sommet externe ; le fragment supérieur est en arrière de l’inférieur, lequel n’est plusen contact avec le radius. Nous reproduisons cette radiographie (fig. 3).
On applique sur l’avant-bras placé en supination, une gouttière plâtrée. Dix jours après, le malade est revu et l’on commence les mouvements de flexion, extension, pronation et supination, qui, douloureux au début, ne tardent pas à acquérir l'ampleur nécessaire sous l'influence des séances de massage et mobilisation faites trois fois par semaine.
La radiographie, pratiquée à diverses reprises, montre que les divers déplacements se sont maintenus.
La dernière radiographie obtenue le 29 mai 1901, nous montre nettement le cal qui réunit les deux fragments, mais la luxation persiste toujours complète.
A. — Luxation sans fracture |
El