‹ De la luxation trapézo-métacarpienneChapitre 43 sur 48 · OBSERVATION XXXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXII

(Carayon. — Thèse citée, 1872)

Le 17 août 1870, un blessé du nom de Michel, soldat au 10° de ligne, entrait dans une des ambulances du fort Moselle, à Metz, dans le service de notre ami et collègue de Ferri.

La veille, à la bataille de Gravelotte, il avait reçu à la nuque une balle qui avait fait une plaie en sélon. Cet homme élait porteur d’une tumeur qui siégeait au bord externe du poignet gauche, tumeur très douloureuse surtout si on imprimait des mouvements à la région. Cet homme nous raconte qu'étant en tirailleur el étant forcé de se porter en avant au pas de course dans un terrain rocailleux, il avait fail une chule et sa main étendue avait porté sur une pierre d'assez gros volume.

UD TO Nr

La douleur fut très vive sur le moment. Deux heures après, il reçut.la blessure qui le força à quitter le combat. La tumeur est de la grosseur d'une noix, elle siège à la partie postéro-externe de la région carpienne; ily a de l’empâtement, de la dureté même à la pression profonde. L'éminence thénar, comparée à celle de la main droite, paraît aplatie, le pouce est fléchi vers la paume de la main, les mouvements d'extension ne se font plus elles mouvements communiqués en ce sens sont très douloureux, ils sont même limités, une main saisissant Je poignet gauche et l’autre l'extrémité du pouce, si on cherche à redresser ce dernier on se sent vite arrêté comme par la rencontre de surfaces rudes et résistantes. Les mouvements de flexion ne paraissent pas gènés, ils sont moins douloureux que ceux d'extension. L’articula- Hon radio-carpienne est libre.

Le 20, après une application suivie de compresses résolutives, la tumeur a diminué, l’empâtement a presque disparu et le diagnostic de luxation trapézo-métacarpienne peut être posé. On sent en effet à travers les téguments une saillie osseuse considérable participant à tous les mouvements communiqués au pouce. Cette saillie paraît se terminer brusquement en arrière et là se trouve une dépression que l’on sent assez nettement.

Si l'on mesure la dislançe comprise entre la saillie et l’arüculation métacarpo-phalangienne du pouceet l'apophyse styloïde du radius, on trouve une différence considérable en faveur de la main droite (non lésée), la douleur est moindre qu'au début, les mouvements ne sont ni plus faciles ni plus étendus.

On procède à la réduction; des traetions sont faites sur le pouce mis en position intermédiaire entre la flexion et l'extension et les deux pouces de Popéraleur viennent

| dr; presser d'arrière en avant sur la tête du métacarpien. La luxation réduite, on place une compresse graduée au niveau de l’articulation trapézo-métacarpienne, puis une attelle de bois, ét on maintient le tout avec des bandeléttes de diachylon passées autour de la main et du poignet.

Le 25, l'appareil eet enlevé et remplacé par un appareil silicaté.

Nous avons revu cet homme près d'un mois et demi après que son appareil a été enlevé : il se sert de son pouce et la luxation n’a aucune tendance à se reproduire; la force du pouce est revenu ce qu'elle était avant l'accident.

OBSERVATION XXXIITI

(Hamilton. — Traité des fractures et luxations. Traduction Poinsot, 1884)

Charles F..., à 27 ans, se luxa incomplèlement le premier métacarpien en arrière en donnant un coup de poing. Il ne vit pas le chirurgien et, bien que l'os continuât à faire une saillie et que l'articulation fût assez lâche pour que le blessé pûtréduire seul le déplacement, la gêne qui en résullait élait minime. Au bout d'un certain temps les mouvements étaient aussi Hbres que de l'autre côté.

Un mois environ avant de me consulter, et 25 ans après le premier accident, le malade se tordit encore le pouce. I] était alors employé en qualité de machiniste et avait 53 ans. , :

À ce moment, la luxation était complète et le chevau-

there chement mesurait 6 mm. :; le pouce élait à peu près droit et son axe presque parallèle à celui des os de lavantbras, peut-être avec un léger degré de flexion. Je réduisis facilement le déplacement à l’aide d’une extension modérée et appliquai une attelle de gutta-percha.

Je n'ai pas revu le malade depuis et ne sait rien du résultat.

Page 1