‹ De La Lymphadénie: Maladie InfectieuseChapitre 13 sur 25 · PT ES · texte numérisé non relu

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S 1. RAISONS D'ORDRE RATIONNEL EN FAVEUR DE L'ORIGINE INFECTIEUSE DES LYMPHADÉNOMES GANGLIONNAIRES

- Début de la maladie.— Coexistence fréquente des

lésions inflammatoires de la peau ou des muqueuses avec ce début. — Trousseau est le premier qui ait indiqué la relation nécessaire entre ces deux phénomènes. Il constate que fréquemment le ganglion rétro angulo-maxillaire est le premier engorgé et d’un seul côté à la fois ; or, dit-il, « toutes les fois qu’il existe quelque part un engorgement ganglionnaire aigu ou chronique, on cherche, dans les régions desservies par les ganglions malades, quelque lésion organique qui soit la cause de Pirritation ganglionpaire ». Cette cause, il la trouve quatre fois sur douze observations.

Ogs. I. — Malade de Leudet. R... Il y a quinze mois, apparition d’un coryza chronique, sans aucun malaise général, avec perte de l’odorat ; quelques mois après le début de ce coryza purulent et un peu sanguinolent, apparut une affection de l’angle interne de l’œil gauche au niveau du sac lacrymal. Cette affection se serait terminée par suppuration et la cicatrisation n’aurait eu lieu qu'après trois mois de maladie. Ce fut pendant cette dernière période de l'inflammation du sac lacrymal gauche que R... remarqua pour la première fois un gonflement des ganglions lymphatiques du cou,et alors se développa chez lui une hypertrophie ganglionnaire généralisée sans leucémie. Plusieurs mois après, le coryza persistait, purulent et sanguinolent, il ne disparut qu’à la mort qui survint par cachexie, quinze mois après le début de la maladie,

Aïnsi, c’est pendant la suppuration des voies lacrymales

et chez un malade atteint de coryza chronique, qu'ont apparu les premières tumeurs du couet, plus tard seulement, se sont développées les autres aux aines, aux aisselles, etc.

Os. 11. — Malade de Potain. — Double tumeur lacrymale : Engorgement lymphatique sous-maxillaire consécutif. Erysipèle de la face. (Broncho-pneumonie intercurrente.)

O8s. III. — Malade de Perrin. Double fistule lacrymale. Hypertrophie ganglionnaire généralisée. Ramollissement du tissu osseux dans les derniers temps de la vie.

Oss. IV.— Trousseau, Malade de Stockholm, Depuis l'enfance, le malade est sujet à un écoulement purulent de l'oreille gauche ; une tumeur se développe au-dessous de cette oreille ; trois semaines après, d’autres semblables apparaissent au cou sur le même côté, puis à droite. L’affection reste limitée à la partie supérieure du corps. Virchow, qui vit le malade, pensa aussi que le point de départ de l’affection avait été l’écoulement chronique de l’oreille gauche.

Tous ces faits constatent donc qu'une irrilation aiguë ou chronique existait soit au grand angle de l'œnl, soit dans le conduit auditif externe, dans les cas où les ganglions sont primitivement envahis du côté correspondant à la lésion oculaire, nasale et à celle du conduit auditif. I y a là une relation nécessaire entre l’adénopathie et ces différentes affections. C’est par la région cervicale que débute l’adénie dans ces observations ; or, les ganglions qui traduisent les premiers le mal sont ceux où viennent aboutir les lymphatiques du pharynx, de la bouche, des fosses nasales et du conduit auditif externe. Ne peut-on pas déjà indiquer que c’est là la porte d’entrée de l’agent infectieux ?

RC

Un cas analogue a été observé par Dagron dans le service de Terrier : un jeune homme de vingt ans, atteint de lymphadénome cervical, présentait depuis son enfance du coryza chronique. Dans notre observation I, la malade était atteinte d’une conjonctivite de l'œil droit, quand apparut le premier ganglion à l’angle de la mâchoire droite. La seconde débute par une angine avec phénomènes généraux.

Vanhenwerswyn (dans le Journal des Sc. méd. de Lille, 1892, p. 193) signale une inflammation aiguë des ganglions lymphatiques, consécutive à une inflammation pharyngo-buccale qui reutre manifestement dans le cadre de la fièvre ganglionnaire, bien que ce diagnostic ne soit pas prononcé. é

Combernale (in Rev. méd., 1892) signale un enchifrènement nasal chronique antérieur à l'apparition des tumeurs. On pourrait multiplier les faits de ce genre.

D'autre part, nombreuses sont les observations qui signalent ce début rétroangulomaxillaire, sans qu’on ait pu constater de lésions de la peau ou des muqueuses.

Enfin, dans bien des cas, on ne trouve pas la porte d'entrée; certains malades présentent du coryza, de - l’otorrhée, des tumeurs lacrymales, et on ne songe pas à en faire le point de départ d’une adénie, le ganglion initial étant souvent très peu volumineux, très difficile à percevoir, susceptible de régression temporaire, n’occasionnant ni gêne ni douleur ; dans ce cas, la généralisation se fait d’ordinaire par une véritable explosion (Trousseau), ;

Nous avons signalé, au chapitre de l’étiologie, le développement, assez rare d’ailleurs, de la lymphadénie au

A cours d’une maladie infectieuse, paludisme, fièvres typhoïdes ou éruptives.

Dans notre observation I, la malade avait eu un érysipèle à répétition de la face, deux ans, puis, un an avant l'apparition des tumeurs.

Marche de la maladie. Æœplosion de. tumeurs (Trousseau). Formés à généralisation d'emblée. Diminulion de volume ou disparition de certaines tumeurs ne changeantrien à la marche fatale de la maladie. — L'observation de Leudet est remarquable, non seulement par le mode de début de la maladie, mais par ce fait qu’un mois après l'apparition d’une petite tumeur indolente à l'angle de la mâchoire, il y eut, suivant l’expression significative de Trousseau, une véritable explosion de tumeurs.

Des. malades, paraissant en parfaite santé, sont effrayés de voir des tumeurs se développer en quelques jours sur les parties latérales du cou, dans les aisselles, aux aînes.

En trois mois, chez le malade de Leudet, eu un mois chez deux des nôtres, l2s tumeurs sous-maxillaires et cervicales acquièrent un volume tel que la base de la face, plus grosse que le reste de la tête, semble se continuer avec le cou jusqu'aux clavicules : c’est le cou proconsulaire.

D’autres fois, la généralisation ne se fait que plusieurs années après le début de la maladie.

Jaccoud en cite un exemple frappant : une jeune fille a, depuis l’âge de six ans, de petits ganglions dans la région sous-maxillaire d’un côté ; c’est vers dix-sept ans seulement qu'ils prennent du développement,

Le traumatisme spontané ou chirurgical provoque

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