NI. SPIP RE ET TEA
oi les points les plus variés de l'organisme : tel l’épithélioma sébacé primitif (voir Poncet et Bérard, Rev. de Chir., 1891 et 1895).
Il y a, dans l'histoire des lymphadénomes ganglionnaires, un fait qui cadre bien mal avec les idées reçues sur les néoplasmes, c’est la régression possible, voire la disparition complète de certains groupes ganglionnatres. Dans l'observation de Delbet, un ganglion épitrochléen du côté gauche, gros d’abord comme une noix, diminue de volume au point d’être à peine sensible ; notre observation I signale la disparition complète de deux ganglions dans l’aisselle et d’un troisième au coude, gros primitivement comme des œufs de pigeon. Il n’y a aucune influence thérapeutique à invoquer dans ces cas, ni dans ceux de Coats, Bradburg, Dennetières, on pourrait multiplier les exemples, Il ne s’agissait pas non plus de disparition suivie de guérison ; ces ganglions ne sont pas redevenus gros, il est vrai, mais les autres ont continué à augmenter de volume, et les malades qui en étaient por teurs sont morts de lymphadénie. Les alternatives d’augmentalon et de diminution, cette disparition spontanée, concordent mal avec le génie des néoplasmes malins, dont l'accroissement continu sans rémission, semble le caractère le plus fondamental.
La Fièvre dans la lymphadénie ganglionnaire.
L’adénie et la Fièvre ganglionnaire. — Mais ce n’est pas tout. Les élévations de température qui accompagnent quelquefois les poussées ganglionnaires ne font-elles pas . penser à une infection ? le fait n’est pas d’une grande fréquence, et l'accroissement des tumeurs ganglionnaires.se .
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fait ordinairement sans réaction fébrile, mais il a suffi que l'attention soit attirée de ce côté pour que les observations de lymphadénie accompagnées de fièvre se multiplient.
Langhans signale dans les formes rapides des élancements douloureux et quelquefois un peu de fièvre. Terrier et Quénu, dans l’observation de Dagron déjà citée, signalent une élévation notable de température accompagnant chaque poussée ganglionnaire nouvelle ; malgré la coexistence d’impaludisme, ces auteurs estiment que le malade était sous le coup de sa cachexie lymphadénique, lorsque sa température montait à 40 degrés.
Semblables constatations ont été faites par Jaccoud (Gaz des Hôpitaux, 1807, p.512), Guillemet loc. cit.), Murchison (Transactions of the Path. Soc. of. London, XXXI, p.372), Virchow., Wunderlich, Chaplin. Deux de nos observations signalent une notable hyperthermie ; dans la première, la fièvre s’est maintenue tous les soirs entre 38°4 et 39 degrés, pendant le séjour de la malade à l’'Hôtel-Dieu. Dans l’observation de Roux et Lannois, les maxima furent 40°2 et 40° 4 sans que la température descendît au-dessous de 38 degrés. Chez une fillette de douze ans atteinte d’hypertrophie ganglionnaire généralisée, Wright signale une fièvre continue de 38°3 à 39°4 et une accélération permanente du pouls (120 pulsations.) Dans une observation de Sainsbury (Lancet, 1891), la malade présenta une fièvre continue pendant les deux derniers mois de son affection, avec fréquemment le soir, 40 degrés. Pel, Ebstein et Renvers, cités par Baginsky fin Traité des maladies des enfants, 1892) décrivent une forme de fièvre intermittente chronique.
UD — L'observation de Combemale (Rev. méd., 1892) est intéressante :
Un matin, la malade est prise devant nous d’un violent frisson ressemblant en tous points à celui du début de la fièvre intermittente ; pendant trois quarts d'heure, Cécile B... claque des dents ; elle est froide au toucher, puis elle passe par un stade de sueur très accentuée. Deux jours après, à la même heure, nouveau frisson, suivi comme la première fois, d’une réaction sudorale marquée, Nous nous apprêtions à employer le sulfate de quinine, croyant avoir affaire à des manifestations d’impaludisme passé inaperçu jusque-là, lorsque l'accès attendu ne se présenta pas et survint vingt-quatre heures après le moment prévu pour son retour (nous supposions une fièvre tierce), Ces manifestations fébriles à forme d'accès intermittents ne se représentèrent plus, bien qu’on n’ait pas employé d’antipériodiques. Toutefois, sur la fin de la maladie, la fièvre s’alluma tous les soirs avec rémission matutinale comme dans la fièvre hectique.
Il y a donc dans la lymphadénie, outre la fièvre hectique qui accompagne la cacheæie terminale, des accès fébriles qui accompagnent les poussées qanghonnaires, et des fièvres à type intermittent ou à type continu, bien différentes des poussées fébriles légères et terminales auxquelles Verneuil a donné le nomde fièvre des néoplasmes.
Une nouvelle question se pose à ce sujet, les rapports entre l’adénie, maladie à marche lente, et une affection nouvellement observée chez les enfants par Pfeiffer et apres lui Neumann sousle nom de « fièvre ganglionnaire ».
La maladie débute brusquement en pleine santé ou après un coryza insignifiant ou une toux très légère. La fièvre est d'emblée
assez vive (395) et le jour même ou le lendemain, les ganglions de l'un ou exceptionnellement des deux côtés du cou se tuméfient. Cette tuméfaction débute derrière l'angle de la mâchoire et s'étend jusqu’au sternomastoïdien, en prenant les dimensions d'un œuf d’oie, Les autres ganglions restent normaux, quand ils ne sont pas antérieurement modifiés par la scrofule. La tuméfaction ganglionnaire se termine par résolution, rarement par suppuration. Il s’agit d’une infection à porte d'entrée par les cavités nasales ; l'agent pathogène a été sept fois le streptocoque, deux fois le Staphylococus pyogenes albus.
M. Combemale, qui reproduit cet article, considère la fièvre ganglionnaire comme la forme aiguë de l’adénie, Différents éléments de l’adénie se rencontrent en effet dans laffection décrite par Pfeiffer et Neumann : agent infectieux (nous verrons au chapitre suivant que plusieurs fois le streptocoque ou le staphylocoque ont ;été trouvés dans le sang ou les tissus lymphadéniques), l’hypertrophie ganglionnaire, la fièvre. Sans doute, nous dirons dans la suite que les agents ordinaires de la suppuration, agents supposés pathogènes de la lymphadénie, ont, dans le cas particulier, perdu cette qualité de faire le pus, mais encore cette abcédation dans la fièvre ganglionnaire n’est -elle pas un obstacle absolu au rapprochement que nous voulons faire entre ces deux affections; elle s’explique très légitimement par les réactions particulières à l’organisme de: l'enfant et par le degré de virulence de l’organisme incriminét.
En résumé la fièvre n’est pas rare dans la lymphadénie
? M. Gaurichon a soutenu le5 décembre 1895, une thèse intitu-
lée : « Essai sur la fièvre ganglionnaire», devant la Faculté de Paris, Nous n’avons pas eu le temps de l’analyser.
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et la fièvre ganglionnaire pourrait bien n’être que la forme aiguë de l’adénie. La conclusion est que désormais la fièvre ne sauraitêtre une contre -indication au diagnostic clinique de la lymphadénie ; elle est aussi que les accès fébriles que nous avons décrits ne sauraient être confondus avec ceux qu'on observe dans les néoplasmes.
Formes aiguës et suraiguës de la lymphadéne ganghonnaire; formes aiguës de la leucémie. — Les poussées fébriles sont plus fréquentes dans lesformes aiguës de la maladie, et par forme aiguë nous entendons non seulementlafièvreganglionnaire,mais une marche trèsrapidede la maladie chez l'adulte, comme dans les cas de Guttmann, de Litten,de Nobeldéjà signalés ;comme dans le cas remarquable de Traversa où, après trente jours de maladie, la mort survint avec une hypertrophie ganglionnaire géné. ralisée et une leucocytose intense ; comme dans le cas de Michel Dansac de Jeucocytémie suraiguë, mortelle en cinq jours.
Ebstein a pu réunir 10 cas de leucémie aiguë dans lesquels la plus courte durée de la maladie a été de deux semaines et demie, la plus longue de neuf semaines. L’aspect de la maladie était celui d’une maladie infectieuse, mais il n’a pas découvert de microorganismes spécifiques.
Les formes aiguës ne s’observent guère dans les néoplasmes, elles sont, au contraire, un appui de plus à notre théorie pour ce qui concerne la lymphadénie. Tout au plus la mastite carcinomateuse pourrait-elle être rapprochée à ce point de vue de certains lymphadénomes, mais le cas le plus rapide de ces mastites a évolué en trois mois, et non pas eu trente jours, ni en cinq jours. |
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La forme suraiguë d'emblée de la leucocytémie splénique mérite quelques considérations, bien que l’observation de M. Dansac soit unique. Elle diffère de la leucémie progressive latente avec précipitation des phénomènes terminaux. Cliniquement, elle est caractérisée par l'apparition brusque, sans prodrome, en pleine santé, des symptômes graves et généralisés de la leucémie ordinaire, du syndrome hemorragica purpura surtout; seule, la cachexie fait absolument défaut. On fait dès le premier jour le diagnostic par l’examen du sang. L’allure de cette maladie est en tous points comparable à celle des infections suraiguës généralisées, sauf l'absence de troubles gastriques et catarrhaux qui sont de règle pour les infections rapides et généralisées d’origine microbienne. La fièvre, dans cette observation, est restée entre 39 et 40 degrés ; M. Dansac la met sur le compte de phénomènes d’autointoxications.
Il nous reste à compléter cette étude clinique par l’examen des urines dans la lymphadénie, nous la terminerons par l’analyse des symptômes derniers de la maladie.
De l’Albuminerie dans la lymphadénie. — Les observations sont muettes à cet égard. Jaccoud est le seul à signaler la présence d’albumine dans les urines (1 à 2 grammes par litre pendant deux ans). MM. Roux et Lannois notent un précipité floconneux d’albumine, M. Combemale en signale des traces vers la fin de la maladie.
Une de nos malades a présenté 50 centigrammes à 1 gramme d’albumine tous les jours pendant le mois deson séjour à l’hôpital, à plusieurs reprises analyse exacte en a été faite au laboratoire de M. le professeur Crolas. Nous ne
ARE croyons pas que cette albuminurie soit physiologique ou gravidique, la malade n’ayant jamais eu d’éclampsie mal gré cinq accouchements, sa santé ayant toujours été parfaite jusqu’à la maladie actuelle.
Nous voyons là une détermination de la lymphadénie sur le rein. Nous ne voulons pas parler de néphrite lymphadénique ; mais étant donné que les maladies toxi-infectieuses jouent un grand rôle dans la pathogénie des néphrites aiguës ou chroniques, nous nous demandons s’il n’y avait pas dans le cas particulier des troubles rénaux d’origine infectieuse lymphadénique.
Il y aurait peut-être là une indication à rechercher systématiquement l’albuminedansl’urinedeslymphadéniques.
Mort dans la lymphadénie. Gachexie terminale. — Les lymphadéniques meurent par cachexie au bout de dixhuit mois à deux ans de maladie en moyenne, à moins que des troubles fonctionnels ne provoquent l’asphyxie avant ce délai. Les premiers faits nous intéressent particulièrement La cachexie lymphadénique ne ressemble pas à celle des néoplasmes en général; elle est caractérisée par une diarrhée incoercible, des hémorragies abondantes (melœæna, purpura, hématémèses, hématuries, hémorragies cérébrales, métrorragies), des œdèmes généralisés, des sueurs profuses, un amaigrissement considérable ; puis apparaissent les accidents fébriles presque constants à cette période ultime, la mort dans le marasme. Tous ces phénomènes ne rappellent-ils pas la fin d’un septicémique plutôt que d’un cancéreux ?
En résumé, cerlains fails cliniques permettent de soupconner la nature infeclieuse des formes ganglion-
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naires de la lymphadénie. La démonstration n’en est pas rigoureusement exacte, mais on ne saurait nier la valeur des arguments que nous avons réunis, puisqu'ils reposent sur des faits et non sur des interprétations de
faits.
S2. QUELQUES FAITS DANS L'HISTOIRE CLINIQUE DES LYM- PHADÉNIES SPLÉNIQUE, INTESTINALE, CUTANÉE, OSSEUSE, LES RAPPROCHANT DES MALADIES INFECTIEUSES.
Nous nous sommes borné dans cette démonstration à l’étude du lÿmphadénome ganglionnaire, accompagné ou non d’altérations viscérales et de leucémie; il est d'usage en clinique de décrire séparément les formes leucémiques et aleucémiques de la lymphadénie, nous avons cru cette distinction inutile pour le cas qui nous occupe ; trop de divisions nuisent parfois à la clarté d’un sujet; nous avons préféré présenter synthétiquement tous les faits qui sont de nature à nous faire voir dans les hypertrophies ganglionnaires une infection. Or, nous avons vu que la maladie de Hodgkin, de Virchow, de Trousseau ne constituait qu’une des formes de la lymphadénie. Les autres modalités cliniques sont-elles aussi de nature infectieuse? Ces productions néoformatives dans la moelle des os, dans l’intestin, ces manifestations cutanées sont-elles de même nature que les lymphadénomes ganglionnaires? En vérité, on l’ignore et toute supposition à cet égard serait gratuite; mais nous croyons bon néanmoins de faire ressortir de l’étude clinique de ces variétés de lymphadénie ce qui peut les rapprocher des maladies infectieuses,
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La lymphadénie splénique aleucémique comprend deux types. Le premier, la lymphadénie splénique commune ou splénomégalie de Debove et Brühl, débute souvent par une douleur dans l’hypocondre gauche avec irradiations, qui s’accompagnent de nausées, de vomissements, de con- Stipation et d’un mouvement fébrile modéré (38°5 à 39e). Nous arrivons à sa période terminale : asthénie marquée, anémie profonde, vomissements incoercibles, diarrhée, hémorragie, fièvre hectique, œdèmes déclives, mort dans un marasme profond au bout de deux ou trois ans. Il y aurait peut-être un rapprochement à faire avec la fin des lymphadéniques ganglionnaires, mais malheureusement ces faits se retrouvent dans toute cachexie. La seconde forme, la lymphadénie splénique des nourrissons a une physionomie moins nette, mais à la fin la leucémie apparaît avec la tuméfaction des ganglions et les enfants succombent à la cachexie comme dans la forme précédente, sauf le mode de réaction spéciale et la résistance moindre de cet âge.
Pour la leucocytémie splénique, nous avons cru devoir, nous écartant d’un plan rigoureux, mais pour la force de la démonstration, citer plus haut l’observation de Michel Dansac : elle renferme cet enseignement qu’une fois on a constaté une lymphadénie splénique pure leucémique, présentant les allures des maladies infectieuses les plus terribles; on pourrait appeler cette forme foudroyante.
Nous parlerons brièvement de la lymphadénie intestinale et de la lymphadénie cutanée. Il n’y a qu’une observation de l’une et de l’autre, celle de Béhier, et celle de Kaposi, qui soient accompagnées de leucémie.