‹ De la lymphangite aiguë à forme gangreneuseChapitre 16 sur 20 · HO · texte numérisé non relu

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dans une étendue de cinq à six travers de doigts existait une zone d'un rouge érysipélateux.

M. Gosselin éloigna l'idée d'une pustule maligne, carcette affection ne se développe pas aussi rapidement, l'eschare met deux ou trois jours à se former, la rougeur n'existe pas d'emblée.

M. Gosselin n'intervint pas et le malade guérit.

Il suffit d'être prévenu de la possibilité d'une confusion pour l'éviter; en effet, les commémoratifs, le mode d'apparition de la pustule, qui est précédée d'une petite tache, le mode d'extension de l'eschare, avec sa couronne de vésicules, ne permettront pas de l'a confondre avec la lymphangite gangréneuse circonscrite.

Mentionnons également le charbon malin que l'on peut observer non seulement aux paupières, mais sur les bras, le thorax, etc.

Il se produit dans cette affection, assez mal connue du reste, des phlyctènes et des eschares, accompagnées de phénomènes d'intoxication.

Mais ces accidents ne sont pas précédés de lymphangite superficielle et le gonflement, ainsi que l'empâtement, sont considérables.

Tout au plus si la rougeur de la lymphangite avait totalement disparu, pourrait-on avoir quelques doutes que lèveraient bientôt la connaissance des commémoratifs et de la marche de la maladie.

JNous devons encore signaler diverses affections locales, avec lesquelles on pourrait confondre la lymphangite gangréneuse, lorsque la fièvre est tombée, quand la lésion cutanée est très peu étendue et quand la rougeur périphérique a plus ou moins disparu.

Telles sont les hridûres aux deuxième et troisième degrés avec soulèvement épidermique un peu étendu.

Nous en dirons autant des lésions produites par divers caustiques, lorsque l'inflammation éliminatrice les entoure, etc..

Le diagnostic se fait ici par l'interrogatoire pur et simple du malade.

Un peu plus tard, lorsque l'élimination des eschares est complète, il reste de petites ulcérations superficielles dont le fond grisâtre, plus ou moins pultacé, repose sur le tissu cellulaire sous-cutané ou même sur la couche profonde du derme. Les bords sont nets, taillés à pic, peu ou point décollés, on pourrait se croire, à première vue, en présence d'ecthyma profond, syphilitique ou cachectique.

M. le professeur Fournier, nous a fait remarquer ce point particulier de diagnostic rétrospectif, à propos de la malade de l'observation VIL

Les anamnestiques et l'exploration soigneuse des régions traversées par les lymphatiques empêcheront facilement de tomber dans cette erreur.

Cette exploration des ganglions et de larégion parcourue par les lymphatiques doit être soigneusement pratiquée dans tous ces cas : souvent on trouvera un reste d'engorgement ganglionnaire ou une induration plus ou moins étendue sur le trajet des troncs lymphatiques et ces signes lorsqu'ils existent, attestent, d'une façon non douteuse, l'existence antérieure de la lymphangite.

IV. — Il ne suffit pas de savoir reconnaître la lymphangite à forme gangréneuse, alors qu'elle existe seule; il faut toujours surveiller soigneusement l'état local, de manière à saisir le moment où la transformation se manifeste, cette

propagation, ainsi que nous l'avons vu, n'est pas constante mais elle arrive fort souvent.

Le phlegmon diffus secondaire qui se produit souvent dans les cas graves, du sixième au treizième jour, d'après nos observations, s'annonce par le gonflemént et l'empâtement spécial, spongieux qui se manifestent autour des eschareset au loin, en même temps que la rougeur change de caractère.

Quand le phlegmon diffus ne se fait pas, il ne faut pas perdre de vue que la suppuration et les décollements sont fréquents autour des eschares; ilsuffira de rechercher cette complication pour la reconnaître, si elle existe; on devra de même explorer tous les jours avec grand soin, les points oii se forment de préférence les abcès angioleucitiques; en particulier pour le membre inférieur, le pourtour de l'articulation tibio-tarsienne et la face interne du genou.

V. Il faudra enfin se tenir en garde contre les complications les plus éloignées en apparence de la lymphangite ; et noter soigneusement tout symptôme anormal ; de cette manière on ne laissera pas passer inaperçues les pneumonie, pleurésie péricardite qui se produisent quelquefois. Nous rappelons que trois de nos malades sont morts de ces complications.

Enfin, le diagnostic sera complet, si, après avoir positivement reconnu qu'il s'agit d'une angioleucite gangréneuse avec ou sans complication, on s'enquiert soigneusement de l'état constitutionnel antérieur; si l'on recherche les lésions viscérales qui ont pu dans une certaine mesure imprimer à la maladie son caractère de gravité tout spécial. Les urines surtout devront être examinées à diverses reprises au point de vue du sucre et de l'albumine.

Il faudra chercher à savoir également si la blessure d'où

est partie la lymphangite est une plaie simple, ou bien si elle a absorbé des matières septiques qui pourraient, ainsi que cela arrive parfois, produire la gangrène par le fait seul de leur malignité.

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