‹ De La Lymphogranulomatose Et De Ses Rapports Avec Les Autres Lésions Systématisées De L'Appareil HématopoïétiqueChapitre 9 sur 53 · SE EME · texte numérisé non relu

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licate : celle de savoir si l’on est en présence d’une entité morbide vraies ou d’une réaction histologique relevant de causes pathogènes diverses.

Tous les anatomo-pathologistes vinrent confirmer la description de l’entité histopathologique nouvelle, Parmi les auteurs qui se sont appliqués à la perfectionner le nom de Penda mérite d’être retenu. Dans une communication sur « l'histologié des tumeurs pseudo-leucémiques » faite en 1904 au Congrès des pathologistes allemands, Benda mit en évidence les traits caractéristiques de ia lésion tels qu’ils résultaient d’une analyse histologique précise. Il montra qu'il s’agit d’un « tissu de granulation particulier qui, par son aspect histologique, se rapproche des néoplasies-malignes ».

. Ayant ainsi séparé l’élément constant de la lésion de l’élément contingent que représentent les. follicules tu-

berculeux, il proposa de la désigner par le terme granulome malin. La description de Benda servit de base

à tous les travaux ultérieurs. ;

Si les pathologistes furent à peu près unanimes à reconnaître le type histologique nouveau, des divergences sensibles se manifestèrent dans l'appréciation du rôle étiologique de la tuberculose.

Ce qui avait décidé Paltauf et Sternberg à établir un rapport direct de cause à effet entre la tuberculose et la lésion particulière qui faisait l'objet de leur mémoire c’est que, dans cette première série de cas, ils trouvèrent 8 fois sur 13 des lésions tuberculeuses typiques associées à la granulomatose. Au cours des années qui suivirent on publia un certain nombre de cas qui parurent confirmer l’opinion de Sternberg. Les obser- vations de Crowder (1900), de FerrarietCominotti(1900), uggenheim :

de Steinhaus (1903), de Schur (1903), de Hitschmann et Stross (1903) concernent en effet des lésions mixtes (granulomateuses et tuberculeuses). Mais dès 1901 de nombreuses voix s’élevèrent contre la conception par trop absolue des auteurs viennois. Clarke et Butlin (1901) en Angleterre, D. Reed (1902) et Longcope (1902- 1903) en Amérique rapportèrent des observations dans lesquelles la lésion inflammatoire décrite par Sternberg se trouvait à l’état de pureté, sans trace de tuberculose contiguë ou à distance. Dans les discussions qui eurent lieu en 1901 à la société de pathologie de Londres l’opinion générale fut que la tuberculose était étrangère à l’étiologie de la « maladie d’'Hodgkin », qu’elle pouvait compliquer.cètte dernière affection, mais qu’il s'agissait d’une simple coïncidence. En 1904 Benda émit une opinion éclectique : il estime que le rôle du bacille tuberculeux ou de ses toxines dans la genèse de cette lésion doit être prépondérant mais qu’il ne lui appartient pas ex- ,clusivement : le processus serait dû « non pas à un agent spécifique mais aux toxines modifiées ou alténuées de germes divers ». À deux reprises, en 1904 puis en 1909, Sternberg fit remarquer que l'observation d’une nouvelle série de faits l’obligeait à reconnaître qu’il s'était par trop avancé en qualifiant de « tuberculose particulière » la lésion ganglionnaire isolée par lui en 1898. Cependant, il maintint en partie sa conception première, en ce sens qu'il déclara ne pouvoir se défendre de l'impression qu’il existe une relation entre la : tuberculose et le processus inflammatoire chronique que l’on désignait désormais sous le nom de granulomatose maligne (Benda, Pappenheim). he De l’ensemble des faits publiés de 1898 à 1909 il était

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malaisé de dégager une conclusion précise, D’une part la fréquence des cas mixtes, moins considérable que ne l’eussent fait prévoir les observations fondamentales de Sternberg, continuait à ne pas être négligeable. D'autre part, il fut acquis que, dans la plupart des cas de lymphogranulomatose, la tuberculose ne pouvait être décelée ni par l'examen histologique, ni par les méthodes bactériologiques. Le champ restait donc ouvert à toutes les hypothèses.

Chiari et son élève Yamasaki (1904), considéraient la maladie de Paltauf.-Sternberg comme une entité anatomo-clinique sans rapport étiologique avec la tuberculose mais prédisposant à cette dernière. Il s’agit, disent ces auteurs, d’ «une infection chronique spéciale qui doit être séparée de la tuberculose, de la syphilis, de la lymphosarcomatose, de la leucémie lymphatique et des tumeurs malignes vraies ».

Schmincke, dans la thèse de son élève Xirchner{1908), s'élève contre la théorie de la nature tuberculeuse de l'affection. Il estime que « diverses infections chroniques de virulence peu marquée peuvent produire les altérations histologiques qui caractérisent le granulome de l’appareil lymphatique.

Warnecke ( 1905), Sternberg émirentl' hi pothéce du pirus tuberculeux modifié ; d'autres auteurs, afin de mettre leur théorie en harmonie avec les données de l’expéri- . mentation (échec habituel de l’inoculation), parlèrent de tuberculose atlténuée (Türk) ou de paratuberculose.

Jusqu’en 1910 cette théorie du virus tuberculeux atténué ou atypique restait une vue de l'esprit.

Certains travaux de laboratoire entrepris dans ces trois dernières années ont paru donner quelque con-

sistance à cette hypothèse et tendent à produire un revirement en faveur de la conception de Sternberg. Ce sont, d’une part, les recherches expérimentales de Lichtenstein et Kling qui disent avoir reproduit chez le cobaye les lésions typiques du granulome malin par ‘inoculation de cultures pures de bacilles tuberculeux.Ce sont, d'autre part, les travaux bactérioscopiques de Fraenlel et Much qui ont démontré, grâce au procédé à l’antiformine et à la coloration par le Gram renforcé, que l’on trouve très souvent dans les granulomes malins, des bactéries réduites à l’état de granules. Ces granules qui résistent au Gram mais non à la décoloration par les acides ne peuvent être différenciés morphologiquement des formes granuleuses du bacille de Koch.

Sans vouloir entreprendre l’étude critique de ces faits dans cet exposé historique, nous tenons à faire remarquer qu’à l’heurc actuelle la nature paratuberculeuse de la lymphogranulomatose reste aussi douteuse qu’il y à trois ou quatre ans.

Nous verrons, en effet, dans le cours de ce travail, qu’alors mème que le rôle étiologique des granules de Fraenkel-Much serait démontré, on ne saurait se prononcer au sujet de leurs rapports avec les formes granuleuses du bacille tuberculeux. Quant aux expériences de Lichtenstein et Kling, elles sont bien surprenantes. De l’avis de tous ceux qui se sont occupés d’expérimentation à l’aide de cultures de bacilles tuberculeux, elles

ont besoin d’ètre contrôlées. :

Nous voyons,en résumé, que la difficulté du problème est telle qu’à l'heure actuelle, quinze ans après Le travail fondamental de Sternberg, la question du rôle de

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