n’y a pas d’anesthésie plantaire
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Déformation de la colonne vertébrale. — 11 est impossible d’en préciser le moment d'apparition. Ainsi que nous l’'indiquent les notes du service, elle n'existait pas en 1903. Il y avait une légère cyphose en 1905. Actuellement il y a une cyphose nette et une scoliose à concavité tournée à gauche également très accentuée. Nous passons sous silence les courbures de compensation et le contre-coup de cette cypho-scoliose sur les épaules et le thorax.
La masse des muscles spinaux ne nous paraît pas notablement diminuée. Les gouttières vertébrales sont bien remplies, les apophyses épineuses ne sont pas beaucoup plus saillantes qu'à l’état normaï. Nous n’avons point trouvé à la pression de point douloureux le long de la colonne vertébrale ; nous n'avons nulie part non plus relevé de ces zones d’hyperesthésie que Soca dans sa thèse a parfois décrites soit au niveau des renflements cervicaux et lombaires, soit au niveau des points maximum de déviation.
Nous avons recherché la valeur des muscles extenseurs et fléchisseurs du tronc. Pour les premiers, nous avons fait asseoir le malade sur le lit ; nous avons au maximum incliné son buste sur les cuisses, et nous l’avons prié de se relever ; pour les deuxièmes, le malade étant dans le décubitus dorsal, nous l'avons prié de s'asseoir sans le secours des mains ; dans un cas comme dans l’autre, nos mains s’opposaient légèrement au mouvement demandé au malade. Mais ici, la faiblesse de ces groupes musculaires et l’ataxie sont telles, le tronc vacille tellement de tous les côtés qu'il ne faut pas songer à obtenir de résultat bien précis. Les fléchisseurs du tronc nous ont cependant paru un peu mieux conservés que les extenseurs, ce qui
répond à la règle générale. Avant de passer à l'examen du
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pied, nous devons noter la sensation de faiblesse et de fatigue au moindre effort que le malade a eu depuis sa plus jeune enfance au niveau des reins et de la colonne vertébrale. Cette sensation de fatigue au moindre effort que l’on trouve très fréquemment notée, nous l’avons vue également précéder la formation de la main bote chez ce malade.
Pied bot. — Il s’agit d’un pied bot varus équin ; la déformation est bilatérale ; elle aurait débuté vers la fin de 1905 ; elle répond à peu de chose près au type général que nous avons décrit dans le chapitre « Pied bot ». On y rencontre en effet :
10 L'équin varus. — L'équinisme est ici très prononcé. Cela ne peut nous surprendre. Les notes d'hôpital que nous avons rapportées au début de cette observation nous apprennent en effet que déjà en mai 1903 le malade était « confiné au lit » ; ilest certain que le poids constant des couvertures sur le dos et la pointe des pieds, le décubitus dorsal étant la position préférée du malade ne pouvait qu'accentuer l'équinisme. Cet équinisme n'est pas fixe ; les pieds sont même remarquablement ballants.
20 Leraccourcissement du pied avec bosse dorsale, abaissement et saillie du talon antérieur, exagération du creux plantaire.
30 L’hyperextension des orteils dans leur première phalange avec flexion des autres.
4° La saillie des tendons extenseurs ; la corde du tendon d'Achille et du long péronier latéral, lorsqu'on essaie de fléchir le pied sur la jambe,
On rencontre en outre chez lui quelques phénomènes plus
Spéciaux, notamment :
1° Des accès de contracture pendant lesquels la jambe s’étend
sur la cuisse, le pied sur la jambe en équinisme forcé. Dans ces moments, les orteils sont en flexion plantaire de toutes leurs phalanges.
2° Des troubles de la sensibilité consistant en une sensation de froid constante au niveau des pieds (les pieds sont d’ailleurs froids au toucher), et une perte à peu près complète du sens des attitudes au niveau des orteils. Au niveau des orteils il nous à paru aussi que si la piqûre était bien sentie, tant sur la face dorsale que sur la face plantaire, Ja sensation de douleur était souvent mal localisée.
Main bote. — La déformation que nous allons décrire et qui siège à la fois aux deux mains paraît avoir débuté il y a trois ans, ou plutôt c’est très sûrement il ÿ a trois ans que le malade s’en est pour la première fois aperçu, dans des conditions d’ailleurs assez originales et assez précises pour pouvoir être rapportées.
Il jouait à « pile ou face » de la façon suivante : comme il ne pouvait se lever, le sou était placé devant lui sur le lit ; avec les quatre derniers doigts de la main droite il cachait le sou et
demandait à son partenaire : « Pite ou face ? » ; le jeu se devine aisément.
‘Au bout de quelques instants il lui était impossible de jouer ; ses doigts s’écartaient les uns des autres, s’étendaient sur les métacarpiens et découvraient ainsi l'effiligie qu'ils auraient dû cacher. Les deux mains lui semblent s’être « déformées » — c’est l'expression dont il se sert, — en même temps ; mais comme il se servait surtout de la main droite pour jouer, il est, dit-il, possible que la gauche se soit prise la première sans qu'il s’en soit aperçu, car depuis quelques mois, elle était moins habile et
surtout plus rapide à se fatiguer que la droite.
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Nous avons répété l'expérience pour vérifier le fait avancé par le malade. Nous avons donc prié celui-ci de poser sa main à plat sur le lit, la face palmaire reposant sur les draps, les doigts étendus et accolés les uns aux autres. Le malade exécute bien ce mouvement. La main se pose fort bien à plat ; les doigts sont bien étendus et accolés, on dirait une main normale. Elle né paraît pas amaigrie ; les saillies tendineuses ne sont pas normalement appréciables ; les gouttières intermétacarpiennes sont bien comblées par les interosseux dorsaux. Le premier interosseux dorsal seul semble diminué de volume ; en outre le tendon du long extenseur du pouce est trop visible sous la peau.
Mais la main ne reste pas longtemps ainsi; au bout d’une minute à deux au début, de quelques secondes dans la suite lorsque le malade est quelque peu fatigué ou énervé, les doigts s'écartent invinciblement les uns des autres et s'étendent surles métacarpiens comme si les interosseux ayant épuisé toute leur énergie élaient maintenant paralysés.
En:ce moment, il est certain que si les doigts avaient pour but de recouvrir un sou, l'effigie serait assez facilement visible mème pour un partenaire peu avisé.
Dans cette position, la main présente déjà certains des caractères de la main bote, mais pour éviter des répétitions qui sans cela seraient inévitables, nous ne les indiquerons point et nous passerons immédiatement à l'étude de la main dans la position recommandée par MM. Sicard et Cestan.
Disons donc au malade d'étendre rigoureusement son bras en avant, la main ouverte, comme s’il allait prêter serment.
Position de la main par rapport à late de l'avant-bras. — I]
existe ici quelque chose que ne signalèrent point MM. Sicard
ST ue et Cestan : la main n’est pas dans la continuation de l’axe de l'avant-bras. [l n'y a évidemment pas une déviation comparable à celle que nous avons vue au niveau des pieds de ce même malade par rapport à l'axe de la jambe; mais la main est à coup sûr sur un plan légèrement antérieur à celui qu'elle devrait occuper. Ainsi qu'il est facile de s’en rendre compte en prolongeant par une ficelle l’axe de l’avant-bras au delà du poignet, il y a une flexion qui pour être légère n’en est pas moins certaine. D'ailleurs, le dessin accentué des plis de flexion du + poignet est une preuve de cette attitude.
Nous ne notons point d'inclinaison latérale, sauf une légère déviation cubitale à gauche ; le flexion palmaire y est d’ailleurs plus accentuée.
Main. — Pour plus de clarté nous en diviserons la descripion en deux parties : description de la portion métacarpienne, description de la portion digitale.
Portion mélacarpienne. — Face dorsale — Les quatre tendons
‘de l’extenseur commun sont saillants sous la peau. Leur relief rend appréciables les gouttières intermétacarpiennes, sans que l’on puisse, avant tout examen musculaire, faire la part de ce, qui revient dans cet aspect à la saillie des tendons ou à l’atrophie des -interosseux. La saillie des tendons limitant la tabaüère anatomiqué, long abducteur du pouce et court extenseur en dehors, long extenseur en dedans, en exagère la profondeur.
Face palmaire. — Elle est plus intéressante.
a) Talon de la main. — En haut et en dehors l’éminence thénar, en haut et en dedans l'éminence hypothénar paraissent normales. D'ailleurs les mouvements commandés par les muscles qui les composent, s'ils sont ataxiques, s'exécutent avec
une force très suffisante, Les mouvements d'opposition du pouce