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tions, tellement que chez ces certains sujets elles. permettent des attitudes qui confondent l'esprit tant elles paraissent être la négation de la physiologie articulaire. Pourquoi cette instabilité articulaire, involontaire ici, n’aurait-elle pas des résultats analo- gues ? Rappelons ce que M. le professeur Chauffard disait de son petit malade Georges GC... : « Une conséquence assez curieuse de l'ataxie ancienne déjà et si prononcée des mouvements c’est qu’elle a entrainé des laxités articulaires anormales, qu’elle permet des attitudes forcées. Georges est devenu un véritable disloqué par incoordination. Voyez-le assis parterre, il se tient les cuisses fléchies à angle droit sur le bassin, les jambes fléchies sous les cuisses et placées en même temps dans une rotation externe tout à
fait anormale, si bien que le genou appuie sur le sol
par le condyle interne du fémur, la jambe par la face
interne du tibia, le pied par la face dorsale. »
C’est là évidemment un cas exceptionnel ; dans la maladie de Friedreichles complaisances articulaires ne vont pas si loin en général ; les articulations n’en sont pas moins éduquées, « disloquées » parfois, n’attendant qu'une sollicitation musculaire pour permettre des attitudes, des déformations anormales,
Organes de motricité. — Mais, que seront ces sollicitations musculaires ? Seront-elles dues à des contractures ou à des paralysies ?
‘Ilest certain qu’en présence d’une déformation aussi peu fixe que la main bote, puisque la position de repos suffit à la faire disparaître, aussi facile à
cages
réduire du moins en partie que le pied bot, en présence de ces articulations relächées avec par-dessus tout l'abolition absolue de tout réflexe tendineux, l'idée d’une contracture est loin de s'imposer à l’esprit. Si peu séduisante qu'elle paraisse, cette hypothèse a cependanttenté certains auteurs; et Soca, sans s’en déclarer un partisan convaincu, s’est attaché à démontrer ce qu'il pourrait y avoir de « rationnel » à admettre une contraclure, dans une maladie où d’ailleurs la lésion du cordon latéral rendait fort possible une irritation de la substance grise des cornes antérieures ; contracture avec absence de réflexe parce que survenant sur des muscles «ayant perdu leur tonicité physiologique en tout ou en partie. »
« Si singulière, dit-il, que paraisse une contracture « survenant sur des muscles sans tonus; le fait paraît « prouvé par un certain nombre d'exemples, je le « crois du moins. Le plus beau des cas publiés est « celui de Debove dont l'observation a été recueillie « par Ballet dans le service de M. Charcot. Il s’agit « d’un ataxique surpris par une hémorragie céré- « brale suivie de dégénérescence secondaire et con- « tracture manifeste du côté de l’hémiplégie. Or les « réflexes élaient supprimés des deux côtés et d’une «€ manière absolue... Et il faut ajouter qu’on pouvait «€ imprimer des mouvements passifs à la jambe dans € l'articulation du genou. » $
Il cite en outre comme forme de pied bot à contracture l'observation de Smith (de Boston) que
nous avons rapportée en parlant du pied bot en général, et il ajoute : « Quoique la contracture modi- « fierait toujours plus ou moins l’atonie musculaire, « elle serait moins efficace que si elle tombait sur un « muscle normal, surtout quandil s’agit de contrac- « tures très modérées comme le serait le cas dans « ce pied bot. En outre, s’il y a réellement des con- « tractures, ces contractures sont partielles, électi- « ves et ne paraissent pas attaquer l’ensemble des « muscles. Il y aura donc toujours un certain nom- « bre de ligaments actifs complètement relâchés. » Et pour expliquer l’équinisme, l’abaissement du talon antérieur, l'extension des orteils et le pied creux il invoque le raccourcissement, «contracture ou contraction » « du triceps sunal, du long péronier latéral, de l’extenseur commun des orteils et de l’extenseur propre du gros orteil ».
Pareille hypothèse d’une contracture ne peut être admise au sujet de la main bote ; une contracture améènerait sa production à l’état de repos ; en outre quel serait le groupe de muscles contracturés capable de la produire réellement ?
D'ailleurs, voici à ce sujet l'opinion de M. R. Cestan et A. Sicard: « La pathogénie d’une telle déformation semble reconnaître un certain degré de parésie des interosseux et des lombricaux, sans que l’on puisse, croyons-nous, incriminer la motricité des muscles de l’avant-bras ».
Dans toutes nos observations, nous avons vu la diminution dans la force des extenseurs ; nous ne
pouvons donc admettre l'intégrité ‘absolue des mus-
cles de l’avant-bras ; avec cette réserve nous nous rangeons à l’opinion de MM. Cestan et Sicard.
Duchenne (de Boulogne) a en effet démontré que :
r° Les interosseux et les lombricaux sont les véritables extenseurs des deuxième et troisième phalanges ; que les extenseurs des doigts n’ont d’action physiologique que sur la première ;
2° Qu'ils sont fléchisseurs des premières phalanges.
S'ils étaient totalement paralysés, il y aurait griffe des doigts permanente. Mais ils ne sont que parésiés, ainsi qu’il résulte de l'examen de la force segmentaire. Dans la position de repos, ou lorsqu'on prie le malade de poser sans effort sa main à plat sur le lit, la tonicité qu’ils ont conservée est assez forte pour contrebalancer au moins un certain temps l’action des antagonistes ; mais qu'on fasse contracter ceux-ci, quon demande une extension vigoureuse de la main et des doigts, ils seront immédiatement vaincus. L’extenseur commun agissant sur la première phalange l’attirera en hyperextension; quant aux deuxième et troisième, la tonicité des fléchisseurs les inclinera vers la paume.
En résumé il s’agitici d’une main bote sans lésion articulaire, due à un défaut d'équilibre musculaire et favorisée par une laxité exagérée des ligaments.