‹ De la Main BoteChapitre 5 sur 22 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Pied Bot

« Le pied bol est un symptôme impor- «tant de Ja maladie de Friedreich..… «Friedreich n’a pas connu ce signe.Ilaété « signalé depuis de plusieurs côtés, mais «c’est encore M. Charcot qui dans quel- « ques mots en a tracé les principaux « caractères dans ses leçons... »

SocA, Th., Paris, 1888, p. 77.

N. Friedreich ne sut pas voir le pied bot ; les seules constatations qu'il fit sur le membre inférieur furent la parésie et les troubles moteurs.

Rutimeyer, dans des observations très détaillées où le malade fut longtemps et minutieusement examiné, depuis le début de la maladie jusqu’à l’autopsie, ne signala que l'extension pure et simple des orteils, Jamais de pied creux.

Noté depuis d’une manière plus ou moins complète dans les observations qui suivirent, il est nécessaire d'arriver aux leçons de Charcot (1884) pour en voir tracer les principaux caractères et à la

lee thèse de Soca (1888) pour le voir devenir symptôme important de la maladie de Friedreich, si important même que Soca en fait « un véritable stigmate de cette affection, pouvant dans des cas douteux assurer le diagnostic ».

Pour bien étudier ce pied bot, il faut se rappeler que dans l'immense majorité des: cas la station debout le fait presque totalement disparaître et que par conséquent pour le voir au complet, il nous faudra faire asseoir le malade les jambes croisées, ou mieux encore pendantes au bord du lit.

Description d’un pied bot type, le malade étant assis au bord du lit jambes pendantes.

1° POSITION DU PIED PAR RAPPORT A LA JAMBE. —Le pied bot de la maladie de Friedreich est un pied équin ; équin pur parfois, équin varus le plus souvent.

On aurait cité des cas d’équin valgus ; nous n’avons nulle part trouvé l'indication d’un pied talus.

20 PrED. — Il paraît court, ramassé, il semble avoir subi une pression antéro-postérieure qui aurait fléchi le pied sur lui-même, rapprochant le talon antérieur du talon postérieur et déterminant ainsi l'apparition d’une bosse dorsale et d’un creux plantaire.

a) Bosse dorsale. — Malgré l'aspect spécial que: lui donne la bosse dorsale, le pied n’est pas épaissi. Comme déjà le disait avec raison Soca, ce qu'il y a

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de trop sur le pied est en moins sous la plante. Il n'y a ni écrasement, ni tassement des os du tarse comme dans le pied bot tabétique de Charcot et de Ferré. Les os sont intacts dans leur forme: certains sont simplement en rapports légèrement anormaux.

b) Creux plantaire. — Une chose frappe au premier examen de la face plantaire: c’est l’exagération, Fabaissement du talon antérieur. Cette exagération du talon antérieur détermine l'augmentation du creux : plantaire.

3° ORTEILS. — En général les orteils sont en extension (flexion dorsale) pour leur première phalange, en flexion plantaire pour les autres. [ls peuvent être normalement étendus, mais jamais ils ne seront complètement fléchis comme dans le pied tabétique de M. Joffroy.

La flexion dorsale de la ‘première phalange du gros orteil sur son métacarpien, peut être telle que le gros orteil paraît comme retroussé.

Le gros orteil peut être en extension de ses deux phalanges (voir obs. IT).

Dans un cas rapporté par Vincelet dans sa thèse, le gros orteil du pied gauche « croise à angle presque droit le deuxième orteil sur lequel il chevauche ».

4° SAILLIES TENDINEUSES. — Les tendons de lextenseur commun sont appréciables à l'œil, aussi bien qu’au toucher. Le tendon de l’extenseur propre du gros orteil est en général encore plus accusé. Il est facile également de se rendre compte que le tendon d'Achille est anormalement tendu.

Aspect du même pied bot, le malade étant debout. — Faisons maintenant lever le malade, si l’ataxie le permet encore ; nous constatons immédiatement la disparition d’un certain nombre des caractères du pied bot. Les orteils, sauf parfois le premier, ne sont plus en extension de leur première phalange ; il n’y a plus d'équinisme ; la saillie plantaire que faisaient les articulations métatarso-phalangiennes esteffacée. Seule la bosse dorsale persiste; en outre, ainsi qu’il est facile de s’en rendre compte par la méthode des empreintes de Gilles de la Tourette, le creux plantaire, quoique diminué, est encore appréciable surtout sur le bord interne du pied. Un nouveau tendon fait saillie maintenant, celui du long péronier latéral.

Par cette atténuation de certains de ses caractères dans la station debout, ce pied bot échappe à la définition classique du pied bot dont un des caractères importants est la fixité ; étudions donc quels sont les mouvements dont il peut être le siège.

MOUVEMENTS PASSIFS. — ARTICULATION TIBIO-TAR- SIENNE. — Quoiqu'on ne puisse fléchir le pied sur la jambe aussi fortement qu’à l’état normal, — est-ce la base dorsale qui s’y oppose, ou l'action du tendon d'Achille que l’on sent fortement se tendre pendant ce mouvement, peut-être les deux — on peut réduire en grande partie l’équinisme; en revanche on ne peut l’augmenter, le pied étant en général étendu au maximun. Latéralement, la mobilité du pied sur la jambe n'est en rien gênée. Le plus souvent l’articu-

lation tibio-tarsienne est dans un tel état de relâchement, que bon nombre d'observations — et c’est le

cas chez notre premier malade — décrivent un pied bot « ballant » au bout de la jambe.

Articulations médio-tarsiennes. — Rien à signaler.

Articulations métacarpo-phalangiennes et phalangiennes. — Ces articulations sont souples ; dans les mouvements qu'on leur imprime on n’a point à vaincre la résistance de muscles contracturés. La flexion dorsale des orteils sur leurs métacarpiens est d’une amplitude supérieure à la normale ; la saillie du talon antérieur augmente avec le degré de cette flexion dorsale.

Pendant les mouvements que l’on imprime aux divers articles du pied on ne perçoit point de bruit imputable à une pathologie articulaire.

Mouvements ACTIFS. — Les conclusions auxquelles on arrive sont évidemment variables suivant les malades et suivant que le pied bot examiné est à son début ou à sa période d'état. A cette dernière période, les mouvements de flexion du pied sur la jambe, de flexion ou d'extension des orteils, s’il sont conservés, sont très affaiblis.

En règle générale, les muscles commandant Ja flexion dorsale (du pied et des orteils) sont plus pris que ceux commandant la flexion plantaire. Chez le malade de l'observation I, il existait à peine quel-

ques faibles mouvements des orteils.

Mere,

Soca a noté l’ Cextension volontaire athélosique des orteils, surtout du gros orteil ».

SENSIBILITÉ. — La sensibilité est en général conservée dans tous ses modes. Certains auteurs ont voulu voir une relation entre l'existence des troubles sensitifs et la plus grande gravité de la maladie.

PiEDs BOTS INCOMPLETS ET VARIÉTÉS DE PIEDS BOTS. ‘— Le pied bot que nous venons de décrire est le pied bot complet de la période d'état. Il n’est pas toujours aussi accentué. « Ses deux principaux caractères sont le pied creux et le redressement des ‘orteils »(r); s’ils sont associés dans le type définitif, ils peuvent, ainsi que Soca l'aurait constaté, exister individuellement, constituant même isolés des types de pied bot que cet auteur divise ainsi :

1% type. — Æxcavation et redressement des orteils.

26 type. — Æxcavaiion sans redressement.

3° type. — Pedressement sans excavation.

Il est possible qu’au début la déformation se réduise au pied creux ou au redressement des orteils, et que, pendant l’évolution de la maladie, l’association de ces deux déformations se produise, ou rapidement, ou très lentement, si lentement même que chacune d’elles pourrait être vue isolée.

Prxps BorS ANORMAUx. — Non seulement le pied bot pourrait être incomplet, ainsi que nous venons de le voir, mais il pourrait être anormal, c’est-à-

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