‹ De la maladie de Morton: ou métatarsalgieChapitre 44 sur 47 · OBSERVATION XX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX

Marion, Observation inédite.

Mädame À. F..., 37 äns, vient consulter pour une douleur dü pied gauche survenue il y à trois ans à la suite d'un faux pas. La malade iarchänt Sur une route empierrée nouvellémént, à un moment donné init lé pied à faux sur un caillou qui roula ét lui occasionna uue torsion du pied. La douleur ne fut pas excessivement vive, cependant elle dut arrê. tèr Sà promenäde et revenir avec assez de peine. Lorsqu'elle sé déchäussa Son pied était un peu gonflé. Le jour suivant il y ävait üné légère ecchymose. La malade se reposa pendant cinq jours puis chercha à reprendre ses occupations. Mais le premier jour à la fin de la journée elle commença à souffrir assez violemment de l'extrémilé du pied. Sroyant à un reste de son entorse elle ne s’en inquiéta pas. Du reste la douleur disparait le soir même quelques moments après que la malade eut retiré ses chaussures,

Les jours suivants les douleurs reparurent mais de plus en plus vives, si bien que la malade au bout d’un mois alla consulter un médecin qui lui ordonna des douches et du nassage. Ce traitement sembla améliorer légèrement les douleurs, mais malgré cela la malade continua à soulirir.

Depuis celle époque elle a consullé divers médecins qui ordonnèrent des traitements variés mais tous sans résullal ét les doujeurs continuërent à évoluer avec des périodes de plus ou moins grande intensité.

Ces douleurs siègent, lorsqu'elles existent, à l'extrémité aniétieure de la région mélalarsienne, mais en faisant préci-

ser, on voit que ces douleurs existent au niveau de l'articu-

Ses

lation du quatrième orteil. Ces douleurs disparaissent en général pendant la nuit, cependant à certains jours où le port des chaussures a été prolongé, la malade continue à souffrir toute la nuit au point de ne pouvoir dormir.

C’est en effet le port des chaussures qui provoque surtout es crises douloureuses. Deux outrois heures après que la malade a mis ses chaussures elle commence à ressentir des douleurs qui atteignent bientôt une telle intensité qu’elles l’obligent à enlever sa chaussure n'importe où la malade se trouve. Elle a essayé des souliers pluslarges à semelles plus épaisses mais rien n'y à fait.

La malade a remarqué d’autre part que la marche qui augmente aussi les douleurs, est moins douloureuse quand le pied ne repose que sur le bord externe, et en portant son pied en dedans, la malade arrive à marcher sans trop de douleur.

A certains moments, en particulier au moment des règles, les douleurs sont plus vives et plus faciles à réveiller. D'autre part ellesse prolongent davantage après l’enlèvement des chaussures.

Jamais la malade n’a remarqué que les accidents douloureux se soient accompagnés de gonflement du pied.

L'examen du pied ne fail découvrir aucune particularité. Pas de déformation, pas de luméfaction.

L'exploration de la région de la têledu quatrième métacarpien ne détermine rien à la partie supérieure mais la pression pratiquée à la face inférieure et sur la face latérale externe de l'articulation métatarso-phalangienne détermine une douleur qui va rapidement en augmentant si la pression se prolonge. La douleur est réveillée également et crès vive en prenant le pied dans sa main et en exerçant une compression latérale,

due

L'extension du quatrième orteil sur le métatarsien ne réveille qu’un peu de sensit ilité.

L'examen des autres articulations métatarso-phalangiennes ne révèlent rien.

Enfin l'exploration de la mobilité du cinquième, métatarsien révèle une particularité importante. Le cinquième métatersien possède une mobililé qui semble anormale. On peut sans difficulté rapprocher le cinquième métalarsien du qua-

“trième et même, le faire passer au-dessus ou au-dessous de ce dernier, La mobilité du quatrième n’est pas augmentée.

La malade est bien portante d'autre part. Elle a eu une pleurésie il y a 5 ans, mais elle ne paraît pas avoir laissé de suite. À signaler un état nerveux un peu accentué: la malade a eu dans sa jeunesse quelques crises nerveuses qui parais-

sent avoir élé des crises hystériques. Actuellement elle a de l’anesthésie pharyngienne, sans autres stigmates. Mais elle avoue s'énerver facilement, pleure à la moindre cause. Elle n'a jamais eu de névralgies.

La malade accepte sans diffculté l'opération proposée.

Ogération le 22 avril 1899, — Anesthésie au chloroforme. Incision sur la face dorsale de l'articulation métatarso-phalangienne du quatriè ne orteil. J'isole et récline le tendon inlerosseux.

Disseclion des faces lalérales dela partie antérieure du quatrième métatarsien et des faces latérales de l'articulation, puis section du métatarsien à la pince coupante au niveau du quart antérieur, Saisfe de la partie antérieure du métatarsien au davier, réclinaison en avantet en haut pendant qu'on dissèque la face inférieure de l’articulation, puis section de la base de la phalange à la pince coupante.

Réunion de la plaie sans suture, Guérison au bout de six

a: 7 pus,

jours. À ce moment l’orteil est raccourci de deux centimè-

tres, Au bout de dix jours, la malade commence à se lever et à

marcher sans soufirir.

Depuis elle n’a plus eu de douleurs et peut porter des

chaussures ordinaires.

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