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ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUES

Les tumeurs que l’on a eu l’occasion d’examiner anatomiquement présentent des dispositions assez différentes, suivant le degré de développement qu’elles ont atteint; mais nous pouvons considérer tout d’abord la lésion principale, abstraction faite do point de départ et des lésions accessoires.

Le volume des kystes est très-variable, tant, sur une même pièce, que d’une pièce à l’autre. On peut dire cependant qu’il est des tumeurs composées principalement de kystes très-petits, comme sont ceux du sujet de l’observation 2. Rarement existe-t-il des cavités, un peu grandes, comme celle qui, dans l’observation 3, atteignait jusqu’à 4 centimètres de diamètre.

Leur forme n’offre rien de fixe. La nature de leurs parois n’est pas moins différente, suivant les cas : tantôt, en effet, elles sont minces et translucides, comme cela est remarquable dans notre lre observation, et alors elles sont composées exclusivement de tissu lamineux ; tantôt elles acquièrent une assez grande épaisseur, sont formées de tissu fibreux et fibro-plasiique, et renferment même des cellules cartilagineuses. Toutes les transitions entre les deux extrêmes peuvent se rencontrer sur une même tumeur. Estce par épaississement de ces cloisons que s’est formée la masse fibreuse centrale qui constitue une très-notable partie de la tumeur de G . ?

La face interne des kystes est lisse et polie, quand ils contiennent du liquide; elle est alors revêtue d’une simple couche d’épithélium pavimenteux ordinaire.

Nous arrivons au contenu, qui, très-différent suivant les cas, a été examiné avec délai! dans toutes les observations. Le plus souvent il est liquide : ce liquide est généralement citrin et transparent,

qu’il soit limpide, comme chez B - - qu’il soit visqueux, comme

chez G,.... ; et ces différences nous semblent tenir aux proportions de mucus qui entre dans sa composition ou à Sa quantité d’albumine que l’on y trouve. Curling y a, en effet, rencontré quelquefois beaucoup d’albumine, et l’on se rappelle que la quantité en était très-minime dans notre 2e observation, bien que le liquide fût très-visqueux.

On trouve, dans certains cas, du sang ou de la sérosité sanguinolente, fournissant au microscope des globules sanguins plus ou moins déformés. Dans le cas de M. Nélaton, on a pu Ses attribuer aux ponctions antérieures; on est plus embarrassé quand on ne peut leur reconnaître cette cause, et que le malade n’a pas éprouvé de

contusion , comme dans l’observation de G . ; mais l’origine

n’en semble pas moins secondaire. Le sang épanché peut même subir des transformations; tel est l’amas solide rouge-brun de l’observation 3, composé de fibrine et de globules sanguins altérés.

D autres produits solides se rencontrent dans presque toutes les tumeurs. Chez nos malades, c’était un produit stratifié, à couches emboîtées Ses unes dans les autres, et composées d'épithélium* M. Trélat a vu mélangés à des productions semblables des cristaux de cholestérine; ces cristaux, dans d’autres cas, nagent au milieu du liquide séreux. Cette substance, qui était opaque chez nos deux malades, offre parfois l’aspect d’une perle, et même d’une perle de la plus belle eau, comme dans la tumeur de M. Cruveilhier. Dans d’autres loges de cette dernière tumeur, se trouvait «une matière puriforme et concrète, tenant le milieu entre le pus et la matière tuberculeuse » (1).

Comme lésion accessoire, nous avons vu des noyaux d’enehondroine , dans l’observation 2. Curling dit en avoir rencontré souvent.

Les membranes subissent, dans les tumeurs un peu anciennes surtout, des altérations; ainsi on voit des adhérences partielles ou totales de la vaginale, l’épaississement de son feuillet pariétal. L’albuginée était amincie dans les cas cités par Curling; nous l’avons, au contraire, trouvée épaissie d’une manière générale dans nos observations, mais cependant elle subit des éraillures dans les points les plus tendus.

Nous venons de voir quels sont les éléments anatomiques normaux qui forment les tumeurs kystiques, et leurs diverses variétés ; il nous reste à étudier comment ils se comportent à l’égard des éléments anatomiques normaux du testicule, question qui est intimement liée à leur mode de développement.

Quand les tumeurs sont fort anciennes, et semblent avoir acquis leur plus haut degré d’évolution, ces éléments nouveaux se retrouvent' seuls; la masse de la substance tubuleuse propre du testicule et des canaux de l’épididyme a disparu, et l’on ne retrouve plus ces

(!) Cruveilhier, loc. cit.

tubes qu’entre les séries de kystes, et encore sont-ils considérable» ment altérés, comme dans l’observation 2. Si l’on n’avait observé que de ces cas, on penserait tout naturellement, comme semble l’avoir cru A. Cooper, que Ses kystes sont le résultat de dilatations partielles des canaux de toute l’étendue de la glande; mais des faits d’un autre ordre sont venus montrer que la disparition de Sa substance tubuleuse ne pouvait reconnaître d’autre cause que la compression.

Curling a trouvé dans plusieurs cas, et en particulier chez un sujet dont il rapporte l’observation (1), cette substance tubuleuse étalée sur le côté antérieur des kystes, en couche peu épaisse, directement au-dessous de l’albuginée. Des faits analogues ont été vus par JVL Robin; dans ces derniers, peu anciens en date, la substance testiculaire a même conservé son volume à peu près normal. M. Robin dit même «qu’elle est très-rarement atrophiée, de manière à mettre en contact direct le tissu du testicule avec celui de la tumeur, » cas dont nous avons cependant montré des exemples.

Ou n’en persiste pas moins à regarder les kystes comme des dilatations partielles de certains tubes, et il ne reste plus qu’à savoir si ce sont les conduits épididymaires ou les canaux du corps d’Highmore.

La première de ces opinions est celle de M. Robin , la seconde est défendue par M. Curling. Dans les cas que M. Robin a eu l’occasion d examiner, l’épididyme ne se retrouve plus, tandis que le corps d’Highmore forme une lame plus ou moins épaisse, qui sépare constamment la série des kystes de la substance tubuleuse étalée sous l’albuginée. On conçoit que ces faits conduisent à admettre le point de départ dans l’épididyme.

Curling, au contraire, a vu l’épididyme conservé à l’état sain, dans les tumeurs peu avancées, et si dans d’autres, il est affecté, il pense que cela n’a pu être que d’une manière secondaire.

(t) Loc.cit ., p. 112.

Nous avonns également retrouvé l’épididyme intact dans notre observation tre; il était tel aussi dans l’observation empruntée à M. Trélat.

Que conclure de ces faits? Ne pourrait-on pas admettre que le point de départ est différent suivant les cas, et que tantôt c’est l’épididyme et tantôt le rete testis ?

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