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DOSAGE DES SELS

On s’expose a obtenir les résultats les plus contradictoires et les plus incertains, si l’on se contente d’incinérer directement un poids connu du résidu sec du lait, comme plusieurs auteurs disent l’avoir fait, et comme cela est recommandé par M. Riche dans le tome II de ses Leçons de chimie, p. 589.

En opérant ainsi, on perd, en effet, la majeure partie des chlorures qui se volatilisent pendant la calcination.

En outre , on réduit partiellement les sulfates et les phosphates.

Cette réduction est très-sensible même à basse température et en présence d’un charbon bien plus facile à brûler que le charbon provenant des matières albuminoïdes; il y a toujours, dans ce cas, production de sulfures et de phosphures ou de phosphore libre , capable d’attaquer manifestement le platine, lorsqu’on opère dans des vases de ce métal. De là, une perte d’acide sulfurique et d’acide phosphorique.

Pour obvier à ces divers inconvénients, j’ai cru devoir m’arrêter à la méthode suivante :

Le résidu du lait destiné à l’incinération est d’abord divisé en deux parts : l’une est carbonisée à l’entrée du four à moufle ou sur la lampe Berzelius, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs. Elle servira à la détermination du chlore.

Le charbon broyé alors sous l’eau bouillante est jeté sur un filtre et lavé à l’eau chaude jusqu’à ce que les eaux de lavage ne soient plus troublées par X azotate d'argent.

Ce liquide ainsi obtenu renferme les chlorures et tous les sels solubles du lait. On l’acidule par l’acide azotique, et l’on précipite le chlore par l’azotate d’argent. Le précipité de chlorure d’argent est ensuite recueilli avec les précautions ordinaires.

La deuxième partie du résidu est additionnée d’un excès de nitrate de baryum et d’acide nitrique, et chauffée au bain-marie jusqu’à destruction de toute matière organique.

Détermination de f acide sulfurique. — Le résidu repris par l’acide chlorhydrique laisse déposer le sulfate de baryum provenant de l’acide sulfurique total du lait.

Détermination de l acide phosphorique. — Quant au liquide filtré, il est traité par l’acide sulfurique, afin d’en éliminer le baryum, puis filtré une deuxième fois. Dans ce liquide filtré, on dose X acide phosphorique sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien.

Détermination de la chaux. — Le filtre renfermant le charbon qu’on a lavé à l’eau bouillante pour en extraire le chlore renferme toute la chaux à l'état de phosphate tri basique.

On incinère à haute température jusqu’à ce que le char-

bon ait complètement disparu ; on reprend alors par quelques gouttes d’acide chlorhydrique, on étend h liqueur et l’on filtre.

La solution, étant alors étendue d’alcool et d’acide sulfurique faible, laisse précipiter le sulfate de calcium qu’on recueille et qu’on lave à l’alcool étendu d’un tiers d’eau. Cette opération est délicate : il faut éviter l’emploi d’une trop forte quantité d’acide chlorhydrique qui empêcherait la précipitation du sulfate de calcium par l’alcool. On doit aussi avoir soin d’employer de l’alcool aussi concentré que possible. — Avec ces précautions, la méthode peut être regardée comme très-exacte (Rose).

Détermination du fer. — Le dosage du fer, si important au point de vue physiologique, est assurément le plus difficile de tous et celui qui donne les résultats les plus variables, les plus incertains, en raison des nombreuses causes d'erreur qu’il comporte.

Je ne donnerai dans mes analyses aucun des résultats que j’ai obtenus, car après avoir consacré un temps considérable il l’étude de cette question, j’ai reconnu que mes déterminations, aussi bien que celles de tous ceux qui en ont entrepris de semblables, devaient être entachées des erreurs les plus graves.

Dans les cendres du lait, le fer se présente à l’état de phosphate ; donc rien de plus facile, en apparence, que de dissoudre ce phosphate, de le réduire à l’état de phosphate ferreux, et d’y doser le fer par la méthode de Marguerite. Les cendres du lait sont alcalines ; donc il n’y a pas à craindre de perdre le fer à l’état de chlorure pendant la calcination. Mais on sait, d’autre part, qu’il est indispensable, pour prévenir la formation d’agents réducteurs (sulfures) capables de fausser ultérieurement le dosage parla liqueur de caméléon, de carboniser d’abord la matière et de la la-

ver à l’eau bouillante afin d’en éliminer les sels solubles.

Or, dans cette opération, bien inoffensive en apparence, il y a perte de fer, et le mécanisme de cette perte va nous être expliqué par l’expérience suivante : « Ayant carbonisé une certaine quantité de lait et repris ce charbon par l’acide chlorhydrique étendu à l’effet de déterminer la proportion d’acide sulfurique qu’il retiendrait et celle qu’il abandonnerait par ce lavage, j’ai remarqué que le précipité de sulfate de baryum produit dans le liquide chlorhydrique prenait une teinte bleuâtre persistante. — Ce précipité, traité par l’eau additionnée de quelques gouttes de potasse, s’est décoloré, et le liquide filtré, légèrement acidulé par l’acide chlorhydrique, a donné, avec le ferrocyanure de potassium et le sulfocyauure de potassium, les colorations caractéristiques des sels de peroxyde de fer.

La coloration bleue de sulfate barytique était donc due à du bleu de Prusse, et voici comment ce composé a pu se produire :

Le lait renferme toujours une certaine quantité de fer. — Ce métal semble même, d’après les expériences que nous avons déjà rapportées, y exister à l’état de combinaison avec la caséine.

Pendant la carbonisation la caséine se détruit, et le fer, se trouvant en présence de cette matière azotée en voie de décomposition et des alcalis ou carbonates alcalins avec lesquels elle était combinée, passe à l’état de ferrocyanure. Mais il n’y passe pas tout entier, une partie reste à l’état d’oxyde, et plus tard, quand on a jeté le charbon sur un filtre et qu’on l’a traité par l’acide chlorhydrique, cet oxyde, transformé en chlorure ferrique, a réagi sur le ferrocyanure pour donner naissance à du bleu de Prusse, lequel s’est précipité avec le sulfate de baryum et lui a donné la coloration bleue observée. »

Cette expérience est concluante : elle montre que le dosage du fer ne saurait être rigoureux ; et que tous les nombres indiqués par les auteurs ne sont que des approximations par défaut. Je n’ai donc procédé à aucune détermination quantitative de ce métal, j’ai simplement constaté sa présence dans les cendres du lait chaque fois que j’ai eu l’occasion d’incinérer un résidu de ce liquide. — J’ai toujours trouvé le fer en quantité très-appréciable aux réactifs.

Silice. — J’ai rencontré la silice dans le lait, mais seulement à l’état de traces. Je n’oserais pourtant pas affirmer qu’elle n’y préexiste pas en proportions plus notables, car le lait, renfermant aussi du fluor, la silice peut très-bien disparaître en grande partie, pendant la calcination, sous forme de fluorure de silicium

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