‹ De la Mammite ThyroïdiqueChapitre 15 sur 29 · OBSERVATION VII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII

Thèse de HENRIOT. — Nancy 1904.

Fièvre typhoïde à forme prolongée compliquée de mammite, de périchondrite suppurée et d’hémorragie intestinale.

Sophie M.., brodeuse, 37 ans, admise le 16 janvier 1902 à l'hôpital de Nancy, service de M. le professeur Bernheim, salle 15, N° 12. Elle est mariée et a eu deux enfants.

Père mort tuberculeux Elle-même a eu étant jeune des abcès au bras droit qui n’ont disparu qu'à l'apparition des règles. Derrière l’angle de la mâchoire, cicatrice de tuberculose locale. Petite vérole qui n’a pas laissé de trace, il y a 10 ans. Femme très maigre, de constitution délicate.

L’affection a débuté le 4 janvier : céphalalgie, malaise général, anorexie, constipation, douleur dans le ventre et le dos. Pas d’épistaxis nide bourdonnements d’oreilles. Tousse depuis 8 Jours et a une fois craché le sang.

Le 17 janvier : T. la veille au soir 3903. P. 120. Aujourd’hui matin : T. 38%, soir 38°6. P. 108— 06; pommettes colorées, lèvres fuligineuses, langue sèche et rouge. Haleine fétide. Anorexie complète, douleurs abdominales vagues,

— AI — ventre un peu ballonné. Constipation, gargouillement dans la fosse iliaque droite. Quelques taches rosées lenticulaires.

Cœur normal, respiration soufllée avec résonance de la voix au sommet droit. Pas de cauchemars, pas de délire. Céphalée frontale violente.

Les jours suivants la malade va mieux. Le 7 février le ventre n’est plus douloureux. Il y a toujours de la constipation. T. 36°— 400. P. 100— 112,

II février. T. 38°9— 400. P, 114 — 130. La malade ressent une douleur au sein gauche, celui-ci augmente de volume et devient de plus en plus douloureux.

La température s'élève le soir à 40, le pouls à 130.

12 février. 40°: jour de la malädie. T.38.2 = 38. P. 105 — 102. La partie externe du sein gauche est rouge, gonflée, du volume d’une petite orange et très douloureuse à la pression.

13 février. T. 36.5 — 37.7. Mêmes symptômes du côté du sein.

14 160r1er. TL. 37.2— 370. Le Sein est énCore un ‘peu rouge, la douleur est moindre.

IS février. T. 36.2 — 38.7. La mammite semble se résoudre.

25 février. T. 36.8 — 39. P. 88 — 150. On constate encore une induration douloureuse du sein gauche.

Mme M... se plaint d’une douleur s’irradiant jusqu’au coude à la partie interne du 2° espace intercostal gauche. On y constate un léger gonflement. Les 2° et 3° cartilages costaux sont très sensibles à la pression.

Du 26 février au 21 mars. — Les symptômes diminuent d'intensité. La fièvre persiste toujours oscillant entre 3995 Ets )7/e

21 mars. Il s’est formé un petit abcès dans le 2° espace intercostal à gauche du sternum ; sur l'étendue d’une pièce de cinq francs environ, on constate très nettement de la fluc-

tuation

— Ai —

Ïl reste encore à la partie interne du sein gauche un noyau assez dur, indolore, du volume d’une grosse noix.

22 mars. Ouverture de l’abcès. On recueille quelques grammes de pus quisera examiné au point de vue bactériologique.

25 mars. 81e jour de la maladie. T. 36.4 — 36.6. Entérorrhagie assez abondante formée de sang pur sans mélange de matières fécales suivie de violentes coliques et diarrhée (six selles).

26 et 27 mars. I1y a encore du sang dans les selles. A partir de ce moment il ne reste à signaler que quelques reprises de fièvre assez légères; en particulier du 31 mars au 5 avril la température oscille entre 3893 et 37°4 et le 72 avril 99€ jour de la maladie, Mme M.., à peine convalescente, de-

mande sa sortie.

EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE DU PUS

Il est formé presque exclusivement par de nombreux leucocytes polynucléaires. A l’état frais on ne peut déceler aucun élément microbien, non plus que par examen direct, après coloration par les méthodes habituelles.

On ensemence sur divers milieux dansle but d'obtenir des cultures.

Sur le bouillon à 370,le trouble apparaît rapidement, puis s’éclaircit avec formation d’un dépôt pulvérulent blanchàtre au fond du tube. L'examen direct sans coloration montre une seule espèce microbienne constituée par un bacille court, très mobile, à extrémités arrondies, avec d'autres formes plus longues et moins mobiles ; le bacille ne prend pas le Gram.

Il se révèle d’ailleurs avec les autres propriétés caractéristiques du bacille d'Eberth et du colibacille. Il ne liquéfie pas la gélatine.

Sur milieu d’'Elsner, le développement est tardif après

48 heures. Les cultures sur gélose lactosée ne virent pas aü rouge.

L’injection sous-cutanée de 1/2 c. c. de culture en bouillon tue la souris en quatre jours.

Le sang de l’animal réensemencé donne des cultures pures d'Eberth sur bouillon. Les cultures sur bouillon ainsi que celles obtenues avec le pus à analyser sont agglutinées rapidement par du sérum de typhique ayant donné par ailleurs une réaction de Widal positive à 1 0/0

Il semble donc que le pus soit mono-microbien et renferme le bacille d’Eberth à l’état de pureté.

La recherche des anaérobies n’a pas été faite.

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