OBSERVATION IX
Thèse de HENRIOT. — Nancy, 1904.
Fièvre typhoïde à forme prolongée, avec complications multiples. — Coliques. — Rechute. — Erythème étendu. — Broncho-pneumonie avec léger épanchement bilatéral. — Accélération paralytique du cœur. — Mammite non suppurée.
Mme À... , femme de ménage, 42 ans, admise le 9 février 19973 à l'hôpital civil de Nancy, dans le service de M. le professeur Bernheim, salle XIII, lit No 4. Mariée et mère de trois enfants.
La malade est d’une constitution moyenne. Elle a eu il y ao ans une maladie qui dura 3 mois environ sur laquelle elle ne put donner de renseignements précis. Elle se plaignait d’un violent point de côté et d’une dyspnée intense. Elle a depuis 2 ou 3 mois de légers troubles gastriques. Malaise général qui dure environ 8 jours à l’époque des règles.
9 février. Entrée à l'hôpital. T. 3908. P. 104.
10 février. T. M. 38.6. S. 39.2. P. 104-108. Diazo-réaction intense. L’affection actuelle a débuté depuis 10 jours par de la céphalalgie intense. Pas d’épistaxis ni de bourdonnements d'oreilles. Malaise général, anorexie. Etat de prostration,
— 44 mme face congestionnée. Langue blanche, quelques nausées. Douleurs abdominales vagues. Constipation. Deux taches rosées lenticulaires sur le ventre peu ballonné. Cœur normal. Poumon gauche sain; au poumon droit, inspiration rugueuse, expiration légèrement renforcée.
11 février. T. 3802-3906 P. 96-104. Quelques coliques et selle diarrhéique.
12 février. T. 3802-3006. Gargouillements dans tout le ventre. Selles abondantes
Jours suivants. Température tend à baisser : 38° à 3895.
20 février. T. 3804-3802 La fièvre réapparaît La malade est aphone.
23 février. T. 3802 P. 108-116. Erythème prurigineux sur les fesses et sur les cuisses.
6 mars. L'érythème et l’aphonie ont disparu depuis quelques jours. En arrière et dans les lobes inférieurs des 2 poumons: matité et râles sous-crépitants fins. T. 3808. P. 120.
9 mars. T. 3001-3003 P. 124-128. Respiration soufflée à gauche avec râles sous-crépitants ; à droite, respiration rude.
19 mars. La défervescence s’est produite. La température est normale. Il y a encore de la matité à partir de l’angle de l’'omoplate aux deux poumons.
22 mars. T. 3604-3806. P. 108-116. La malade se plaint d'une douleur assez vive dans le sein gauche. Cette douleur n'existe que quand on touche le sein L’on constate un gonflement anormal de la glande.
23 mars. T. 3897. P. 116-114. L'on perçoit à la partie in: férieure du sein gauche une tuméfaction très douloureuse de la glande. À ce niveau, les téguments sont rubéfiés ; il n’y a pas de foyer circonscrit et toute la partie inféro-externe de la glande participe à cette inflammation.
24 mars. La température est redevenue normale.
La moitié inférieure du sein est dure, sensible à la pression et la pseudo-tumeur a la grosseur d’un citron.
À la percussion des deux lobes inférieurs des poumons,
l’on trouve de la submatité ; la respiration est soufflée, il ya toujours de l’égophonie.
Une ponction thoracique faite à la base gauche ne ramène qu'un peu de sang. Celui-ci analysé bactériologiquement reste stérile. Il n’y a pas de bacille d'Eberth.
25 mars. T. et P. normaux. La fièvre est tout à fait tombée; les épanchements pleurétiques se résorbent
La glande tuméfiée diminue de volume ; le 2 avril, elle n’a plus que la grosseur d’une petite noix et la malade peut se lever le 9 avril et demander sa sortie de l’hôpital, 58 jours après son entrée dans le service.