‹ De La Manifestation Emphysemateuse De La Tuberculose PulmonaireChapitre 18 sur 21 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Cette question de la nature de l'emphysème ne comporte pas seulement un intérêt théorique et spéculatif ; elle présente aussi un intérêt pratique de premier ordre.

Un emphysémateux d'origine tuberculeuse tousse et crache. Or ces crachats, quoique peu abondants le plus souvent, contiennent des bacilles de Koch. L’inoculation faite à des cobayes a été positive. Il est donc bacillfère, et il est contagieux, comme l’est tout tuberculeux.

Pour nous, bon nombre d’emphysémateux, considérés et traités comme de simples emphysémateux, sont en réalité des tuberculeux, car parfois les signes de Pemphysème masquent la tuberculose. On voit l'importance qu'il y a à établir ce diagnostic pathogénique.

Si un emphysémateux est reconnu tuberculeux, des mesures particulières doivent être prises à son égard, pour le malade et surtout pour son entourage.

L'emphysémateux devra toujours expectorer dans une crachoir, car le crachoir est destiné, comme le dit le professeur Landouzy « à recueillir et détruire les excreta

bacillifères ».

PGA

Les crachats ne sont pas les seules sécrétions bacillaires qu’il faut détruire. On doit stériliser tout ce qui est souillé par un tuberculeux, les linges, les ustensiles ; il y a un réel danger, à se servir sans stérilisation préalable, des cuillers, fourchettes, verres ou autres objets qui ont servi à un de ces malades.

Ces emphysémateux pourront donner naissance à des enfants tuberculeux ou qui le deviendront dans la suite du fait de la contagion paternelle; nous en avons la preuve dans nos observations, où nous voyons des enfants des malades observés succomber à la bacillose. Or, comme il est prouvé que le plus souvent on hérite non du bacille, mais du terrain, qu’on ne naît pas tuberculeux, mais tuberculisable, que dans ces cas « ce n’est plus la bacillose qui est en jeu, mais la tuberculinose lransmise de la mère au fœtus en franchise placentaire » (Landouzy), une conclusion s'impose, celle qui consiste à séparer le prédisposé du générateur tuberculeux.

L’emphysémateux tuberculeux peut conlagionner son entourage non seulement par les produits de son expecloration, mais aussi par les particules de crachats qu'il projette autour de lui en parlant, en toussant ou en élernuant. Flügge en 1597 a démontré expérimentalement ce mode de contagion. Mœller en 1899 en a confirmé la réalité : il a constaté linfection directe par les particules d’expectoration d’un cobaye placé à un mètre de distance d’un tuberculeux.

De ces faits découle une conséquence au point de

vue prophylactique; le tuberculeux à forme emphysé-

es

mateuse comme le tuberculeux ordinaire devra éviter de disséminer son expectoration en parlant ou en loussant; pour cela, le mouchoir, mis devant la bouche, sera ici d’une importance égale au crachoir dans d’autres circonstances.

Enfin si le tuberculeux emphysémateux vient à quitter le local qu'il occupe, soit par décès, soit pour simple cause de départ, il faudra procéder à la désinfec-

Lion des appartements. Cette mesure, jusqu'à présent non obligatoire pour la tuberculose, s'impose avec Îa même évidence que lorsqu'il s’agit de variole ou de scarlatine, par exemple. De la sorte, un des nombreux

modes de contagion de la tuberculose serait éliminé.

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