‹ De La Manifestation Emphysemateuse De La Tuberculose PulmonaireChapitre 7 sur 21 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (personnelle).

S...... Eugène, quarante-six ans, journalier.

Entré le 28 juin 1901, salle Saint-Antoine, lit n° 18. (Service de M. Mosny, Hôtel-Dieu Annexe).

Antécédents héréditaires. — Grand-père paternel mort à 82 ans de vieillesse.

Grand’mère paternelle morte à 79 ans. Asthmatique.

Grand-père maternel mort à 60 ans de ? |

Grand’mère maternelle morte d’accident.

Père mort à 69 ans à la suite d’une hémorrhagie anale prolongée, ayant duré un mois ; avait eu auparavant quelques hémorrhagies espacées ; à la fin de sa vie, était maigre et Jaune, peut-être cancer du rectum.

Mère morte il y a 9 ans à l’âge de 60 ans, de bacillose pulmonaire : amaigrissement, toux, crachats, hémoptysie, sueurs ; est restée 7 mois malade.

Deux frères morts en 1870 à la guerre.

Antécédents personnels. — Pas marié. À vécu pendant une dizaine d'années avec une femme morte en couches ilya 7 ans, morte au moment de l’accouchement. Enfant mort, venu à

terme. La mère ne toussait pas.

Né à Paris en 1855 ; ne l'a jamais quitté. A fait différents métiers, pendant l’exercice desquels il n’a jamais été en contact avec des personnes susceptibles de lui avoir transmis le germe de sa bacillose.

Pas de service militaire ; réformé pour déviation de la cloison du nez à la suite d’un coup reçu dans sa Jeunesse.

A eu le croup étant enfant.

Scarlatine vers l’âge de 10 ans.

Rhumatisme articulaire aigu franc en 1869.

Rougeole en 1870.

En 1888, aurait eu une pleurésie gauche, soignée chez lui à l’aide de vésicatoires ; pas de ponction. Le malade eut à cette époque beaucoup de fièvre, du délire. Sa maladie, qui avait débuté par un frisson à la suite d’un brusque changement de température, nécessila un séjour au lit de 6 semaines.

Le malade resta en bonne santé jusqu’en octobre 1899.

À cette époqueest pris brusquement en faisant une course d’une violente douleur à gauche au niveau de l'estomac, suivie d’une sensation d’étouffement et du rejet de matières alimenlaires d’abord, puis de sang ; ce sang était rouge marron, d’une quantité évaluée par le malade à un demi-litre environ. Transporté à Beaujon, et pendant les 18 mois qu'il y reste, crache souvent du pus el du sang et tousse. En même temps amaigrissement notable. Le malade pesait, il y a 5ans, à peu près 65 kilog, ; à Beaujon, une moyenne de 46 kilog., pèse actuellement le 28 juin 43 kilog. Il est difficile de préciser le début de

l’amaigrissement, car il n’a été procédé à la pesée à Beaujon que

3 mois après l'entrée du malade, et celui-ci ne s’était pas pesé depuis 3 ans environ.

Quelques sueurs la nuit.

Points de côté fréquents et violents surtout à droite. Très oppressé à la moindre fatigue.

Etat actuel. — Le thorax est fortement bombé ; les espaces intercostaux très marqués.

Pas de signes physiques traduisant la pleurésie ancienne à gauche.

Mesuré à Beaujon, son périmètre thoracique donnait une diminution de # centimètres à gauche.

Actuellement : Au niveau de l’appendice xiphoïde 4# cm. à droite, 42 cm. à gauche.

Au niveau des mamelons #5 em. à droite, #4 em. à gauche.

En arrière, sonorité exagérée à droite.

Matité aux deux sommets.

Expiration trois fois plus longue que l'inspiration.

Quelques râles ronflants dans les deux poumons.

En avant, mêmes signes d’emphysème.

Matité aux deux sommets.

Craquements limités aux sommets surtout à droite.

Le cœur n’est pas hypertrophié ni dilaté. La pointe bat dans le 4° espace intercostal. Les bruits sont sourds, voilés par les lames pulmonaires emphysémateuses.

Pas d’albumine, ni de sucre.

Pas d’autres localisations bacillaires apparentes.

# juillet. — Mèmes signes d’emphysème et de tuberculose.

Râles sous-crépitants prédominant à l'inspiration, en arrière et des deux côtés.

L'examen des crachats n’a pas décélé de bacilles,

Martin 2

chose

OBSERVATION Il (personnelle).

D..., 46 ans. Boulanger, puis marchand des quatre saisons.

Entré le 4 juillet 1901, salle Saint-Antoine, lit n° 36. (Service de M. Mosny. (Hôtel-Dieu Annexe).

Antécédents héréditaires. — Grand-père paternel mort à 84 ans de ?

Grand’mère paternelle morte à 27 ans de ?

Grand-père maternel morte à 65 ans d’un chaud et froid.

Grand’mère maternelle morte à 70 ans de? Toussait par quintes la journée et crachait. La nuit avait des accès d’oppression, de dyspnée qui la forçaient à s’asseoir sur lit, les accès duraient une heure environ. Ils ont existé pendant les 23 dernières années de sa vie. Probablement crises d’asthme. :

Père mort à 42 ans d’accident, il y a 15 ans. Jamais été malade.

Mère morte à 63 ans il ya 7 ans. Avait depuis 6 ans une paralysie des membres inférieurs avec anesthésie de toute la moitié inférieure du corps. Cette paralysie a débuté par des douleurs dans la région lombaire, puis s’est installée progressi vement. Pas de gibbosité. Pas de toux ni d’expectoration. Pas d’autre maladie.

Antlécédents familiaux. — Tante paternelle morte à 24 ou 25 ans de ?

Oncle maternel vivant, âgé de 70 ans. Probablement emphysémateux : respire péniblement, obligé de s’arrêter parfois dans le cours d’un travail.

Is étaient 9 enfants, dont 3 sont vivants.

Die

Le malade c’est le second.

Le premier est mort d'accident à 9 ans. Bien porta nt toujours.

Le troisième est mort également d'accident à 6 ans. Pas malade.

Trois autres sont morts de maladie inconnue en bas-âge.

Le plus jeune est mort subitement à 28 ans, il y a un an. A eu un ictère émotif en voyant l'incendie de sa maison ; cel ictère a persisté 3 à # mois en décroissant ; il était apparu environ 8 mois avant sa mort.

Deux sœurs du malade mariées, se portent bien.

L'une aété malade l’an dernier, et pendant sa maladie a maigri beaucoup, mais elle ne toussait pas ; a repris de l’embonpoint depuis et actuellement se porte bien. Elle a deux enfants en bonne santé.

L'autre sœur a eu la coqueluche étant enfant. Pas d’autre

maladie. À 6 enfants bien portants.

Antécédents personnels. — Marié depuis 11 ans. Femme a une métrite depuis 9 ans. Phlébite l’an dernier. Pas

d'autre maladie. N’a jamais toussé, ni craché.

A eu de sa femme deux enfants.

L'un, un garçon, mort à 3 ans et demi, il y a 5 ans. Toussait beaucoup, crachait du sang ;

L'autre, une fille de 10 ans, vivante, se porte bien. A eu une bronchite à 4 ans, a toussé un peu jusqu’à 7 ans, actuellement ne tousse pas.

Né dans la Nièvre en 1855.

Venu à Paris il y a 27 ans.

Rougeole à 8 ans.

A l’âge de 26 ans, un bouton, dans la rainure balano-prépu-

je üale qui fut diagnostiqué chancre à l'hôpital du Midi. Ce chancre n'aurait duré que 8 jours. Roséole un mois après. Quelques plaques muqueuses dans la gorge el aux commissures des lèvres. | Le malade s’est soigné pendant 3 ans. Pas d'accidents depuis celle époque.

En 1890, étant garçon boulanger, 1l prend froid : points de côté, frissons. Continue à travailler le jour suivant. Mais pendant son travail, 1l perd connaissance et tombé ; cette perte de connaissance accompagnée de délire dure 2 jours environ. Reste au lit pendant trois semaines : pas beaucoup de toux, points de côté nombreux, quelques frissons. Diagnostic du médecin appelé : bronchite. Le malade prend un mois de repos, puis il se remet à son travail pénible de boulanger; mais il fatigue beaucoup, et sur les conseils de son médecin, il change de profession.

À bu beaucoup pendant qu'il était boulanger : par jour, quatre à eimq litres de vin et de Donbieus petits verres de rhum, A moins bu depuis 1890, ne boit pas depuis un an.

Pas de service militaire : fils aîné de veuve. A fait deux fois des périodes de vingt-huit jours.

S'est trouvé en contactavec des garçons boulangers suspects de bacillose : L'un d’eux surtout, âgé de 33 ans, crachait du pus etdu sang. Le malade à parfois partagé sa chambre avec lui ; l’a connu pendant près de trois ans, l’a vu malade pendant les deux dernières années. Ce boulanger est mort à l'hôpital en

Marchand des quatre saisons depuis 1891.

Depuis sa bronchite de 1890, tous les hivers a craché et toussé ; de la même époque date un peu d'oppression, Fe res piration est devenue pénible, surtout quand il faisait un travail

nécessitant un certain eflort,

Pendant l'été de 1900 a toussé et craché : a constaté à cette

époque une diminution considérable de ses forces.

Au mois de mai 1900, à 5 heures du soir, dansla rue, pendant qu’il traînait sa voiture de marchand des quatre saisons, notre malade éprouva une sensation d’élouffement, sa respiration était coupée, nous dit-il. Il fut forcé de se faire conduire à son domicile. Cette oppression disparut la nuit. Le lendemain, reprise du travail, tout va bien pendant quatre où cinq jours. Puis nouvelle sensation d’étouffement. Des accès s'installent. Ils reparaissent tous les trois ou quatre jours d'abord, puis deviennent plus fréquents. Le malade est obligé de cesser tout travail en septembre.

A dater de cette époque, à peu près Lous les jours, en se couchant, vers huit ou neuf heures du soir, a un accès. Dès qu'il est allongé dans son lit, il est oppressé, il sent qu'il va étoulfer, il est obligé de se mettre sur son séant, il appuie fortement les mains sur le plan du lit, il fait des inspirations profondes et lentes. Parfois il est obligé de courir à une fenêtre et de l’ouvrir, pour trouver un soulagement à son oppression. Ces accès durent en moyenne deux, trois ou quatre heures avec une période paroxystique de vingt minutes environ. Le malade n’a qu'un seul accès à condition de rester levé ou assis dans un fauteuil. Il n’ose se recoucher de crainte de nouveaux accès,

Pas de crachats après ces crises. Qnelques éructations. Etat actuel. — Thorax bombé.

Espaces intercostaux agrandis.

Périmètre thoracique : au niveau des mamelons, 93 cm.

— au niveau de l’appendice xiphoïde, 93cm.

Toux peu fréquente.

LR

Expectoration muco-purulente peu abondante. Pas d'hémoptysies.

Matité au sommet gauche et en avant. Sonorité exagérée dans le reste de la poitrine.

Diminution du murmure vésiculaire.

Vibrations augmentées à gauche et en avant au sommet.

Inspiration humée.

Expiration très prolongée.

Des râles crépitants au sommet gauche en avant.

Pèse actuellement 59 kgr. Dit avoir maigri.

Quelques sueurs nocturnes.

Bon appétit. Digère bien.

Cœur. — Au foyer aortique, dans le deuxième espace intercostal droit ; on entend le deuxième bruit clangoreux, avec souffle occupant le plus grande partie de ce bruit : insuffisance aortique.

Pouls de Corrigan : régulier, bondissant et dépressible.

Urines. — Rien d’anormal.

Appareil de la vision. — Pupilles fortement rétrécies, mais inégalement ; la gauche est un peu plus rétrécie que la droite.

9 juillet. — Trois gouttes de trinitrine de la solution alcoolique au centième. Disparition partielle des accès de dyspnée et d'angoisse qui apparaissaient la nuit dans la position couchée.

10 juillet. — Trois gouttes de trinitrine.

Comme la veille, la malade se sent mieux, passe une nuit meilleure.

11 juillet. — Malgré l'administration de trois gouttes de trinitrine, un accès d’oppression et de dyspnée qui a duré toute la nuit, persistail encore au moment de la visite.

12 juillet. — Amélioration. Pas d’accès. Même médication.

Cet état dure jusqu’au 18 juillet.

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