II. Matière employée
Bromure d’argent. 0,456
ou on centièmes :
1 ii
Br. 35,9 35,a
li° Tels sont les composés neutres que j’ai obtenus avec les acides chlorhydrique et bromhydrique.
L’acide iodhydrique transforme, dès 100 degrés, la mannile en iodllydrate d’hexylène (1); en prolongeant l’action de l’acide iodhydrique saturé à 0 degré jusqu’à la température de 270 à 280 degrés, j’ai transformé cet iodure en un carbure d’hydrogène de formule G 12 !!' 1 entièrement volatil entre 58 et (32 degrés. Ce carbure d’hydrogène est isomérique avec celui que l’on obtient par la réduction de la benzine et qui se rencontre dans certains pétroles (2). Il est identique avec celui que l’on obtient en parlant de l’acétone C 6 Ii 6 0' 2 .
§ 3. — Combinaisons de la mannile cl de l'acide nitrique.
La mannile se combine aisément avec l’acide nitrique fumant, surtout additionné d’alcide sulfurique (3).
On a préparé ainsi deux composés : la mannite lélranilrique et la mannile hexanitrique. Depuis, j’ai préparé de mêmela mannile dichloronitrique et la mannile dibromonilrique et un composé nitrique dérivé de la mannilane. Je commencerai par décrire les expériences que j’ai exécutées sur la mannite hexanitrique en rappelant brièvement les propriétés principales de ce composé qui est le premier éther connu de la mannile.
1 ° Mannite hexanitrique C 12 H 2 3 4 (AzH0 6 ) 6 . — On la prépare en mélangeant 1 partie de mannite avec h parties 1/2 d’acide nitrique fumant et 10 parties d’acide sulfurique concentré; la réaction dégage une faible quantité de chaleur, 3500 calories par équivalent d’acide nitrique combiné (h).
(1) Eri.enmeyeu ET Wanklyn, Journal fur pràcktische Chemie , t. LXXXVII, p. 293;
(2) Ann. chim.etphys., 4 e série, t. XXVII, p. 106; 1872.
(3) Floues Domonte et Ménard, Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XXIV, p. 390; 1847. — SoBEEno, id., t. XXV, p. 122 ; 1847. — Swanberg et Staaf, Svnnbergs. Jabresb., t. XXVIII, p. 360 ; 1847. — Stheckeb , Jaliresberichl von J. Liebig, 1849, p. 468.
(4) Bbuthelot, Comptes rendus t. LXXIII, p. 260.
— /lO —
ün abandonne le tout 15 minutes, puis on le verse dans une grande quantité d’eau qui fait déposer la mannite nitrique. On la purifie en la faisant cristalliser dans l’éther ou l’alcool. L’eau de lavage renferme d’autres composés de la mannite.
La mannite nitrique fond à 108 degrés; si l’on élève un peu plus la température, elle déflagre sans explosion ; au contraire, si l’on porte ce composé à une très-vive température, il détone alors violemment.
La mannite liexanitrique est soluble dans l’alcool, l’éther acétique crislalfisable, insoluble dans l’eau.
La mannite nitrique dévie fortement vers la droite le plan de polarisation (1) en solution alcoolique saturée. M. Loir a observé au saccharimètre une déviation à droite de 28 divisions. J’ai mesuré le pouvoir rotatoire de la nitromannite en solution acétique concentrée.
= 10« r ; = 100'"-; = 2'lm ;
d’où
La mannite nitrique régénère de la mannite, quand on la soumet ii des traitements convenables. Le sulfhydrale d’ammoniaque (2) et l’acétate de protoxyde de fer produisent cette réaction en détruisant les éléments de l’acide nitrique. Les alcalis hydratés ne donnent pas de dédoublements bien nets avec la nitromannite.
2 ° Mannitane nitrique. — Ce composé se prépare en traitant la mannilane de la même manière que la mannite. 11 est insoluble dans l’eau, incristallisable; à la température ordinaire, il se présente sous forme d’un liquide épais, presque butyreux. Il est soluble en toutes proportions dans l’alcool et l’éther froid. Les solutions acétiques dévient fortement vers la droite le plan de polarisation, la déviation observée pour un poids de « grammes dissous dans 35 centimètres cubes a été de + 9° 20' pour une longueur de 2 décimètres ; ce qui correspond h
La mannitane nitrique devient fluide par la chaleur, mais une faible
(t) Loin, Bul'etin de la Soc. chtm. de Parte pour 1861, p. 113.
(2) Dessaignes, Comptes rendus, t. XXXV11I, p. 462; 1851.
élévation de température suffit pour la détruire ; traitée par le fer et l’acide acétique, elle ne régénère pas de mannite.
3° Mannite chloronitrique C‘ 2 II 2 (AzH0 6 )<(HCl) 2 . — On obtient ce composé en traitant la mannite dichlorhydrique par un mélange d’acide nitrique fumant et d’acide sulfurique concentré; le produit, précipité par l’eau, est dissous dans l’alcool bouillant. Il cristallise parle refroidissement sous forme de très-fines aiguilles enchevêtrées. Celte substance est insoluble dans l’eau froide, presque insoluble dans l’alcool lroid, peu soluble dans l’acide acétique cristallisable. Elle commence à fondre à 1/15 degrés en un liquide incolore se prenant en masse cristalline vers 140 degrés. Chauffée plus fortement, la mannite chloronitrique s’enflamme et fuse en laissant un volumineux dépôt de charbon.
Les solutions acétiques de mannite chloronitrique dévient à droite le plan de polarisation.
Ce composé m’a donné à l’analyse les nombres suivants :
Matière employée Chlorure d’argent
Ou en centièmes :
Cl =17,5, calculé 17,8
4. Mannite bromonitrique. — Ce composé prend naissance dans les mêmes conditions que le précédent. Il présente le même aspect et possède des propriétés presque identiques, il fond vers 148 degrés, ses solutions acétiques sont dextrogyres.
Tels sont les principaux composés neutres qui ont été formés par l’union de la mannite avec les principaux acides monobasiques à fonction simple.