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patriarches de la Genèse, les guerriers d'Homere, les anciens Germains et les Hindous ‘. Pour ces auteurs, et notamment pour MM. Rossbach et Voigt”, la femme, dans la mancipation romaine, n'aurait Joué qu'un rôle purement passif ; elle aurait été considérée comme une res et, en conséquence, loin d’être partie contractante, elle n'aurait été que l’objet du contrat, On n’invoque guère à l’appui de cette théorie que l'exemple des peuples anciens; on raisonne alors par analogie et, ajoute-t-on, dans les premiers siècles de Rome, le père avait le droit absolu de dis poser de ses enfants : il pouvait les vendre, les donner éa mancipto. N’est-il pas naturel de lui supposer aussi la faculté de donner sa fille à un époux moyennant un prix en retour ?
2. — Pour M. Muirhead”, et quelques romapistes qui ont suivi son opinion, les deux époux s’achetaient réciproquement. Cette théorie repose sur plusieurs textes qui, de prime abord, paraissent absolument probants.
Isidore de Séville semble, en effet, trancher d’une facon formelle la question en faveur de l’opinion que nous exposons : € Aatiquus nuptiarum rituserat quod & se marilus et uxor invicem emebant*. »
Boëèce, dans ses commentaires sur les Topiques de Cicéron, exprime aussi la même idée : € coemptio € cerlis solemnitatibus peragebatur el sese in
1. Gide, Etude sur la condition privée de la femme, pp. 22 et 2. Rossbach, op. cit., 72. — Voigt, die XII T'afeln, NH, 699.