Muirhead, Zntrod. histor., p
:. [sidore de Séville, Orig., livre V, 24, Bruns, p. 327.
LC en
& coemendo interrogabant tee ttem mulier thlerroga- € bat an vir sibt paterfamilias esse vellet, ille res- «€ pondebat velle\. »
Enfin on invoque un texte de Nonius qui renferme de curieux détails sur le mariage romain : « Nubens, € vetert lege romana, asses tres ad maritum veniens « solebat afferre; atque unum quem in manu tenebat, € tanquam emendi causa, marito dare ; alterum quem &in pede habebat, in foco Larium familiarum « ponere; lerttum tn sacciperio quem condiderat « vicinali solere resonare?. »
La femme offre trois as, l’un aux dieux lares, l’autre aux divinités du quartier, et enfin le troisième au mari tanquam emendi causa. WU est évident, dit-on, que la femme, en remettant un as à son mari, DEO> cède à son achat.
28. — M. Muirhead, partant de cette idée que la coemptio constituait un achat réciproque des époux, a restitué ainsi le paragraphe 113 du commentaire I de Gaius : « Coemptione vero in manum conventunt « per mancipalionem, per quandam imaginartam « venditionem; nam adlhibitis non nmunus quam V « testibus civibus Romantis puberibus, item libripende, & ASSE EMIT VIR MULIEREM QUAM IN MANUM RECIPIT ET @ INVICEM EMir eu mulier cujus. » Ce fragment de Gaius n'a pu être lu que très difficilement et même certaines parties sont restées complètement illisibles par suite de l’état du manuscrit. Aussi les leçons sur ce point sont-elles très nombreuses ; M. Dubois n’en
1. Boëèce, In Cicer. Top., II, 3, $ 14, Bruns, p. 320. 2. Nonius, De propr. sermon., XII, 50.
signale pas moins de treize ".-M. Muirhead n’admet aucune des lecons proposées et suppose que le copiste du manuscrit de Gaius.a omis le passage qui avait trait à l’achat du mari par la femme, et le restitue de la facon que nous avons indiquée plus haut.
29. — Nous repoussons ces deux théories et, avec la majorité des auteurs, nous pensons que la femme elle-même figurait dans la coemptio comme partie contractante ?. Mais comment expliquer les textes si affirmatifs mis en avant par les auteurs dont nous combattons l'opinion? Tout d’abord, ceux d’Isidore de Séville et de Boèce ne méritent pas une confiance absolue : en effet, ces deux auteurs ne sont ni l’un ni l’autre des jurisconsultes, ce sont des littérateurs et des philosophes ; il se peut très bien que, traitant d’une matière juridique, ils n'aient pas employé le mot propre, l'expression technique, et qu'ils aient ainsi défiguré l'acte qu'ils voulaient décrire. En outre, n'oublions pas que Boèce vivait vers l’an 470 de notre ère, et qu'Isidore de Séville mourut en 636 après Jésus-Christ. Ainsi que le remarque très spirituellement M. de Fresquet, « en comparant cette expli- « cation à celle que nous trouvons dans Gaius, il « nous semble lire du droit à la facon des auteurs € dramatiques du xvn siècle qui faisaient tou-
1. Dubois, /nst. de Gaius, 1, 113, note 318. — Voir également ce texte dans les ouvrages de MM. Garsonnet, Girard, Pellat, Mispoulet, Huschke, Bruns, Krueger et Studemund.
2. Cuq, op. cit., p. 221. — Beauchet, Ætude historique sur les formes du Mariage dans l'ancien Droit français, p. 5. — Esmein, op. cit, p. 5. — May, Eléments de droit romain, 1889, I, 120. — Kuntze, op. ct, Il, 586. — Karlowa, Rôm. Ehe, p. 53.
€ Jours venir un notaire pour procéder au mariage « final!. »
29 bis. — Quant au texte de Nonius, il est facile de le réfuter. Tout d’abord, remarquons que ce Jurisconsulte ne vise pas la coemptio d'une facon spéciale, il parle de cérémonies qui s’accomplissaient dans tous les mariages et, dans ces conditions, il est impossible de voir dans la remise d’un as au mari, la preuve que celui-ci était acheté par la femme. Quel était le but de l’offrande de ces pièces de monnaie ? Evidemment la femme, en donnant un as aux dieux lares et aux dieux du quartier, voulait se les rendre favorables et attirer leur protection sur l’union qu’elle contractait. S'il en est ainsi, ne faut-il pas supposer qu'en faisant à son mari le même présent, elle agissait dans le but de solliciter les bonnes grâces de son futur époux et de lui demander aussi aide et assistance.
29 fer. — Ces textes écartés, nous nous trouvons en présence d’autres émanant de véritables jurisconsultes et qui ne nous laissent aucun doute sur le rôle que jouait la femme dans la coemptio. Gaius nous dit, à différentes reprises, que la femme figure dans cet acte comme partie contractante € qui entm Cum « mMmartlo suo facit coemptionem UD
Cicéron, dans son De Oratore, n’est pas moins explicite que l’auteur des Commentaires #
En outre, si la femme était considérée comme une
1. De Fresquet, Dela Manus en Droit romain (Revue historique, 1856), p. 145.
2, Gaius, IL, 114, 115, 162:et 195.