‹ De la Manus: Du Sort des Actes Accomplis Pendant la Periode SuspecteChapitre 2 sur 123 · MS: AE · texte numérisé non relu

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pement ; l'Etat n'était pas encore constitué où n'avait ni la force ni l'autorité suffisantes pour arrêter ces progrès du chef de la famille qui réunissait alors dans ses mains les fonctions de législateur, de juge et de prêtre. La femme, les enfants, les esclaves, tous étaient soumis au pouvoir absolu du père.

4, — Un élément nouveau s'introduisit encore pour donner plus de force et de stabilité à lunion des époux, ce fut la religion. Dès que des cérémonies religieuses accompagnèrent le mariage, il prit un caractère sérieux et durable qu'il n'avait pas auparavant. À Rome, par exemple, /« confarreatio, ensemble de solennités religieuses que nous décrirons plus loin, donna aux unions qu'elle accompagnait une stabilité et un prestige qui leur manquaient jusqu alors et les rendit seules susceptibles, à l'origine, de produire des effets de paternité et de filiation légitimes. Chose curieuse, ces cérémonies compliquées d'un culte depuis longtemps disparu se retrouvent aujourd'hui, à peu près les mêmes, chez les tribus indigènes du Caucase, les Ossètes et les Pschevs, dont les coutumes prescrivent aux fiancés de faire le tour du foyer domestique et de manger en commun du pain et du miel.

5. — Avec l'ère patriarcale apparut et se développa, ainsi que nous lavons dit, le pouvoir domestique du chef de famille. Chez les Romains ce pouvoir comprenait la puissance sur les enfants, patria potestas, celle sur les esclaves, potestas dominica, et enfin celle sur la femme, la manus. Celle-ci trouva à Rome un milieu extrêmement favorable à son développement; aussi la voyons-nous naître de fort bonne

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