LS" ESS
développement des institutions : un peuple ne possède pas, au début, des actes juridiques simples, dépouillés de formalités ; plus il se rapproche de ses origines, plus il aime à entourer de solennités les actes qu'il accomplit. Peu à peu, ces formalités le gênent, il s’en débarrasse, laisse de côté tout ce qui n'est pas essentiel et arrive enfin, par un lent travail d'évolution, à une conception simple et dégagée de tout formalisme. La confarreatio, la coemptio et l’usus, faisant leur apparition dans l’ordre que nous avons indiqué, ne sont-ils pas les diverses étapes parcourues par le mariage ? Dès que le chaos cesse, dès qu'une règlementation apparaît dans la société romaine, la confarreatio commence à être en usage, c'est le mode symbolique et compliqué par excellence. Puis un premier progrès est réalisé; sous l’influence de besoins nouveaux, d'idées plus larges, prend naissance la coemptio. Le travail de transformation continue, et l’on admet qu'en l’absence de tout acte, de toute cérémonie, il y aura Justæ nupliæ si les époux restent unis pendant un an avec la volonté de réaliser un mariage légitime. La dernière étape sera franchie quand, faisant un pas de plus dans la voie du progrès, les Romains décideront que le consentement suffit pour donner naissance à des Just nupliæ. Us arriveront ainsi à la véritable notion juridique du mariage *.