‹ De la Manus: Du Sort des Actes Accomplis Pendant la Periode SuspecteChapitre 33 sur 123 · Gaïus, I, 111; Aulu-Gelle, Noct. Att., II · texte numérisé non relu

Gaïus, I, 111; Aulu-Gelle, Noct. Att., II

52. — Certains auteurs voient, dans cette évolution, un progrès de l'esprit juridique : la législation se perfectionne, les notions juridiques se précisent sous l'influence de l’incessant travail des Jurisconsultes, et l’on arrive ainsi à séparer la #7anus du mariage et à empêcher la personnalité de la femme d’être absorbée par celle du marit.

53. — Pour d’autres, et leur opinion nous semble plus exacte, le mariage sans manus serait une véritable décadence, une sorte de relâchement dans la forte organisation de la famille ?.

54. — Cette manière de voir est contestée par M. Labbé”. « Le mariage libre sans manus, dit-il, n’a « point été une décadence, une dégénérescence de « la pureté primitive. Il s’est dégagé d’une facon « naturelle d’une conception juridique qui n’assi- « gnait pas à la mère de famille une place nécessaire « et une fonction spéciale... Le mariage sans manus « était aussi conforme à la conception vraiment « romaine du mariage et de la famille. La manus a « dù, de très bonne heure, se séparer du mariage. « Elle s’en est détachée sans grand effort, sans déca- « dence. »

Quelle est donc, d’après le savant auteur que nous venons ne citer, la conception vraiment romaine du mariage et de la famille? Pour lui, ce qui domine dans la constitution de la famille romaine, c’est

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