Bouché-Leclereq, op. cit, pp. 379 et
I y a lieu aussi d'observer que la diffarreatio, à la différence de la remancipatio, ne fut jamais un moyen mis à la disposition du mari pour lui permettre d'émanciper sa femme ou de la donner en adoption.
93. — Ons'est demandé quelle était l’étendue des effets de la diffarreatio. Brisait-elle seulement la manus où dissolvait-elle complètement l'union des époux ? En l'absence de textes précis, la plupart des auteurs se gardent de trancher la question. Nous inclinerions volontiers à croire que, non seulement la diffarreatio faisait disparaitre la manus, mais encore rompait complètement le mariage. En ce sens, on peut invoquer la définition de Festus : la diffarreatio a pour effet d'amener la déssolutio tnter virum et mulierem, expression qui nous semble assez significative. De plus, les paroles que prononcçaient les époux, le pain de froment qu'ils refusaient de partager, tout cela implique bien une rupture complète et définitive entre eux. Enfin, la confarreatio n'est-elle pas, ainsi que nous l'avons dit, la forme même du mariage, sa raison d’être ? Détruire par une cérémonie contraire les solennités qui avaient servi à former Île mariage, n'est-ce pas anéantir d’une facon absolue l'union contractée par les époux ?