‹ De la Manus: Du Sort des Actes Accomplis Pendant la Periode SuspecteChapitre 8 sur 123 · Esmein,.op. cit,sp · texte numérisé non relu

Esmein,.op. cit,sp

sur l’autre. Mais on ne s'appuie sur aucun argument, c'est une pure hypothèse et « rien ne démontre que « l’idée de la propriété ait précédé historiquement « celle de la puissance domestique et en soit le pro- € totype ‘ ».

À notre avis, la manus trouvait sa raison d’être dans la religion et dans l'organisation même de la famille. Les Romains étaient un peuple essentiellement religieux; outre les divinités qu'ils adoraient, ils honoraient les morts d’une facon toute particulière, et chez eux c'était une croyance universellement répandue qu'une fois le paterfamilias décédé, il devenait le génie protecteur du foyer et continuait à assister ses parents survivants par sa présence qui, sans être visible, n’en était pas moins effective. Mais, pour obtenir cette protection, il fallait avoir soin de se rendre favorable cette divinité tutélaire, de lui faire des sacrifices fréquents. Il n’était pas possible que la femme restàt étrangère à ces cérémonies du culte domestique; elle devait de toute nécessité y prendre part et être associée aux sacra du mari. Or, pour cela, il fallait être l’agnat du chef de famille. La manus fut très vraisemblablement le moyen dont on se servit pour atteindre ce but. La femme devenait ainsi loco filiæ, c’est-à-dire lagnate du mari, et, en cette qualité, pouvait prendre part au culte des ancêtres.

La manus répondait, en outre, à un autre besoin : au début de l’histoire romaine, alors que l'Etat n’avait pas encore atteint son complet développement, la puissance du chef de famille était absolue; Porgani-

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