Von Ihering, op. cit., t. If, I partie, titre Il, p
MECrLE
sation de la famille ancienne ne ressemblait guère à celle de la famille moderne : tous les membres formaient une sorte d'association placée sous la domination du paterfamilias. C'était une espèce d'Etat dans l'État, toutes les difficultés, tous les dissentiments étaient aplanis par le paterfamilias qui remplissait une magistrature domestique. « Reconnaître « la potestas au chef de famille, c’est faire de la « maison romaine ce qu'elle doit être, le sanctuaire « inviolable de l'amour. La potestas donne au père « de famille le moyen juridique de réaliser cette « destination de la maison, d’écarter les discordes « venant de l'extérieur, d’étouffer dans leur germe « celles qui naîtraient à l'intérieur. Elle résume « cette double proposition : nul tiers n'aura le droit « d'intervenir dans nos affaires; les dissentiments «intérieurs de la famille ne pourront juridiquement « se débattre hors de la maison romaine ‘. »
Avecunetelle organisation, on comprend facilement que la fille qui se mariait et qui, par là, changeait de famille, ne pouvait plus rester sous la puissance de son paterfamilias; autrement, on se serait trouvé en présence de deux autorités rivales qui auraient été à l'encontre l’une de l’autre et détruit l'harmonie de la famille. Pour que cette dernière fût véritablement forte et homogène, il était indispensable que la femme entràt dans sa nouvelle famille, y fùt considérée comme agnate. Pour obtenir ce résultat, on eut recours à la mnanus, procédé qui remplissait merveilleusement les conditions voulues,.
op, t, Il, 2e partie, titre [1/5°4192:
l. Von Ihering,