‹ De la médecine opératoire (volume 2)Chapitre 11 sur 22 · phlogisti · texte numérisé non relu

phlogisti

on conseille l’usage des moyens antiphlogistiques, tels ques. que la saignée , les boissons délayantes , les bains , lés cataplasmes émolliens , etc. Le malade souffre beaucoup ; il est menacé de gangrène ; il n’y a par conséquent pas de temps à perdre , et il faut se déterminer d’autant plus promptement à opérer que le cas l’exige, et quë l’opération n’a rien de fort douloureux et n’entraîne aucun danger. Pour la faire, on saisit la verge nébridecbmme dans le phimosis , et avec un bistouri demi- ment‘ courbe dont on tient le tranchant en haut et le dos vers la verge , et dont la pointe est engagée- successivement sous les brides du prépuce , on les coupe toutes en travers; après quoi il n’y a plus qu’à scarifier les bourrelets qui sont dans l’intervalle de ces brides , dans une direction longitudinale et parallèle à celle de la. verge , pour en' obtenir un dégorgement. Cette opération ne permet pas de réduire le prépuce, comme le croient ceux qui manquent d’expérience en ce point ; mais elle fait cesser l’étranglement qui résulte de sa pression et de tous les accidens qui étaient la suite de cet étranglement. On abandonne la plaie à elle-même pendant quelques instans. On la couvre ensuite d’un linge sur lequel on a étendu du céra ; on applique un cataplasme par-dessus, et la partie est mise dans une position élevée , afin que les humeurs ne s’y portent

DE DA M ÉDECINE

pas avec autant de. facilité. Les. suintemens qui s’éta^. Missent font bientôt revenir les parties à leur état naturel.

, (Il n’est presque pas de para phimosis qui ne cède à. un procédé moins douloureux que l’opération. Ce procédé consiste à saisir ]a verge avec la main gauche, et à comprimer avec les doigts de l’autre main les parties tuméfiées, recouvertes d’un linge enduit de cérat. On refoule facilement ainsi en arrière du poiut de la constriction toutes les sérosités qui distendent le gland ; et par un dernier effort ;on le repousse lui-même, en même temps' que l’on attire le prépuee, afin que la réduction s’opère. Si ce moyen ne réussissait pas, cé rqui est rare lorsque: l’on apporte à son exécution la persévérance convenable , on pourrait encore se borner à pratiquer sur les parties distendues quelques mouchetures superficielles, afin des’opposer à leur gonflement trop considérable. Ce n’est que dans les cas oii le paraphimosis est très-serré , .et que l'étranglement menace les parties de gangrène , qu’il faut r.ecouriâà l’opéraiion indiquée plus haut. ) ■ - ~

De rimperforatioTi de V.anus.

Trois es- On petit distinguer trois espèces d’imperforations. perforation de l’anus , lesquelles. sppt différentes par leur na-

de 1 anus. ture et par ]g danger dont chacune d’elles est accompagnée. Dans la première , l’anus est bouché par une membrane , ou bien il présente une ouverture trop étroite pour permettre une issue libre aux excrémens. Dans la seconde, Cette partie paraît bien conformée,

et on pénètre avec la sonde ou avec le doigt dans un canal plus ou .moins allongé, lequel est terminé par un cul-de-sac bouché par une membrane. Dans la troisième , il hy a aucune apparence d’anus. Il faut joindre à ces vices de conformation un genre d’imperforation tel, que le rectum s’ouvré dans la vessie, dans l’urètre ou dans le vagin. Lorsque cela se rencontre aux enfans du sexe féminin , il est possible que ces enfans s’élèvent et qu’ils vivent , parce que le canal de l’urètre est susceptible d’une grande dilatation chez les femmes, et que le vagin offre une voie suffisante pour la sortie des excrémens. Lorsque cela à lieu sur des enfans du sexe masculin , leur mort est inévitable pour les raisons contraires.

Le premier genre de l’imper foration est facile a Première

a 9o • 4 * ' espèce.

connaître : 1 enfant ne rend point de méconium ; il fait de fréquens efforts qui , dans un état plus avancé, se terminent par des mouvemens convulsifs. Son visage est très-haut en couleur ; ses yeux sont rouges ët saillans ; les veines de son cou sont gonflées. Ces symptômes indiquent un genre quelconque d’imperforation de l’anus. Celui qui a lieu fait voir, à l’endroit où cette ouverture devrait être placée, une membrane un peu transparente, à travers laquelle on distingue la couleur du méconium. Dans les efforts que l’enfant fait pour se vider , cette membrane s’élève et forme une tumeur plus ou moins saillante. Le doigt que l’on pose dessus fait sentir le flot obscur dé la matière retenue. Lorsque les contractions du ventre se renouvellent, ce flot est plus marqué : enfin , s’il n’y a au lieu de l’anus qu’une ouverture étroite qui permette

à la partie la plus fluide du méconium seule de s’échapper , l’enfant se salit un peu , et il fait moins d’efforts, mais il en fait assez pour que l’on soit excité a s’assurer de l’état des choses par l’exàmën des parties; cet état se montre avec évidence.

Moyens Si c’est une membrane qui bouche l’anus, il faut d y remédier. pouvrjr bonne heure. Lés efforts que l’enfant ne peut se dispenser de faire produiraient bientôt des engorgemens mortels au poumon et au cerveau. L’opération nécessaire n est ni longue ni difficile ; aussi at-relle réussi à tous ceux qui l’ont pratiquée : à Fabrice de Hilden, àSaviard et à d’autres. On fait un ë ou plusieurs incisions, de manière que la membrane soit fendue en long ou coupée en croix. Ce dernier procédé est le meilleur : l’enfant est ensuite abandonné à la nature, et il n’ést pas à craindre que les parties se recollent, parce que le passage continuel des matières s’y oppose. Quelques-iins ont conseillé , pour cette opération , l’usage d’un fer rougi au feu -5 dans la vue d’opérer une perte de substance en même temps que l’on fait l’ouverture ; et d’autres celui du trois-quarts , dont le calibre est toujours insuffisant, quelque grosseur qu’on lui donne.

. S’il y a ouverture à l’anus , mais qu’elle soit trop étroite, il est aisé de l’agrandir dans le sens que l’on juge convenable, au moyen d’une sonde cannelée et d’un bistouri. Ce cas est moins simple que l’autre. Il est posible que le défaut d’ouverture ne soit pas seulement à la peau, et qu’il s’étende à l’extrémité du rectum qui est trop étroite. L’incision alors porte sur des parties dont la blessure peut être dangereuse ; les

bords ont beaucoup plus de disposition à se rappro^ chër et à së réunny de sorte qu’on ne peut së dispenser de mettre un supositoire qui sera renouvelé autant de temps que le besoin l’exigera, c’est-à-dire jusqu’à ce que la plaie soit cicatrisée. Enfin , il est possible que la totalité du sphincter ait été divisée dans l’incision que l’on a été obligé de pratiquer , que l’action organique de l’anus soit détruite, et que la sortie des excrémens reste involontaire. Cet inconvénient est grave et incurable ; je l’ài observé sur un enfant qui n’est mort que quelques mois après l’opération que je lui! avais faite, et qui est péri de toute autre maladie. : ... :

La seconde espèce d’imperforation de l’anus est fort dangereuse à beaucoup d’égards, mais surtout parce qu’étant cachée , et les parties se présentant sous l’aspect ordinaire , et comme si elles étaient bien conformées , elle échappe long-temps aux personnes qui prennent soin dë l’enfant, et qui ne requièrent le secours des gens de l’art que lorsqu’il est épuisé de forces, et lorsque les engërgemens intérieurs dont il à été parlé plus haut sont déjà formés. Il ne faut cependant rien négliger pour conserver le sujet : l’introduction du petit doigt, ét en cas d’impossibilité , celle d’une sonde, instrüisènt de la profondeur de l’obstacle qui s’oppose à la sortie des excrémens. Si cette profondeur est médiocre, etque le doigt puisse être introduit dans le cul-de-sac qui se présente, on peut y porter un bistouri auquel on sera probablement forcé de donner une direction telle qu’il coupe de derrière en devant , c’est - à - dire de la fin du sacrum vers les bourses , ou

Seconde

esp'èce.

DE LA M ÉDECINE

Troisième

vers le pudendum. Si la profondeur est plus grande, ou que le doigt ne puisse être introduit , il faut se servir d’un trois-quarts dont la canule soit cannelée sur sa longueur, pour .quelle puisse servir de guide au bistouri. Le danger de cette opération résulte de la profondeur à laquelle l’incision doit être faite, et en même temps deHétat de l’intestin à l’endroit ou il se termine. Si cet intestin est rempli dé méconium et fort distendu , il est possible que la partie qui se présentera à l’instrument ne soit point celle qui devrait aboutir au fond du cul-de-saç sur lequel on opère ; de sorte que , se rétrécissant et reprenant sa position après que le méconium est écoulé , la plaie qu’on y a faite ne réponde plus à l’ouverture de la plaie extérieure , et qu’il se fasse des infiltrations mortelles dans le bassin. Un enfant du sexe féminin que j’ai opéré , et qui est mort le lendemain, ma montré cette disposition. Engerrand l’a aussi rencontrée dans un cas de la même espèce. J.-L. Petit a été plus heureux :1e canal qui répondait à l’extrémité du rectum avait vingt-sept millimètres de long ; ce canal était si étroit qu’on ne pouvait y introduire que le pe|it doigt. Petit eût désiré pouvoir porter le bistouri sur la membrane qui le terminait, à l’aide de ce doigt; mais l’instrument dut être porté seul. Petit le dirigea le mieux qu’il lui fut possible, et avec assez de succès pour que les matières sortissent librement pendant deux mois que l’enfant a vécu : cet enfant n’est mort ni de l’imperforation de l’anus, ni dé l'opération qui lui a été faite.

Le troisième cas d’impérforation de l’anus n’offre pour ainsi dire aucune ressource. Rien dans la dis-

position des parties extérieures du bassin n’indique le lieu auquel doit aboutir l’extrémité du rectum. D’ailleurs cette extrémité peut être si éloignée, qu’il soit impossible d’ÿ atteindre : on l’a vue répondre à la partie supérieure du, sacrum , depuis laquelle l’intestin manquait en entier. Comment alors porter des instrumens tranehans à une aussi grande profondeur ? Si on peut se flatter de réussir à procurer la sortie du méco-, nium, à travers quelle épaisseur de parties ne devraient-ils pas passer? Cette cause d’infiltration , jointe à celles énoncées plus haut , là rendra inévitable , sans parler du délabrement que les instrumens produisent . néeessaif ement dans la cavité du bassin , où ils marchent pour ainsi dire au hasard , jusqu’à ce qu’ils aient atteint l’intestin. C’est en vain; qu’on, invoquerait les lumières de l’anatomie ; elles sont insuffisantes dans un cas de cette espèce : aussi est-il extrêmement douteux que l’on ait réussi à sauver des en fans qui étaient dans cette circonstance. On est parvenu à ouvrir l’intestin et à procurer la sortie du méconium, ils ont été soulagés, et sont morts peu de temps après.

On a eu l’idée de venir- au secours dés enfans mal- Opération heureusement conformes, par des. operations graves Littré, et incertaines , mais dont le danger n’a pas paru aussi évident que celui des incisions pratiquées dans la- vue d atteindre l’intestin par l’endroit où il a coutume d’aboutir. Quelques-uns ont pensé avec Littré qu’on pourrait faire une ouverture au ventre , près d’une des; aines, aller chercher une portion intestinale, l’ouvrir, la fixer à l’incision par quelques points de suture , éta-» blir enfin un anus contre nature à l’endroit de la plaie.

Il n’est pas venu à ma connaissance que ce projet d’opération ait été exécuté par aucun autre que par M. Duretr l’un des premiers chirurgiens de la marine à Brest.

obs. de Un enfant né avec l’espèce d’imperforation dont il

M. Duret. , ..... „ , , - , . - .

s agit ici lui fut présente trente-quatre heures apres sa naissance. Cet habile praticien , jugeant que le cas était extrêmement grave ; engagea plusieurs personnes de sa profession à lui donner leurs avis : on résolut de plonger un bistouri dans l’endroit auquel l’extrémité du rectum devait répondre; mais on ne put parvenir à cet intestin , que l’on reconnut manquer à sa partie inférieure , parce qu’une sonde introduite assez profondément à travers la plaie ne rencontra pas de corps dur et tendu qui en indiquât la présence. L’enfant parut sans ressource; son ventre était fort élevé; il avait des vomissemëhs fréquéhs, et ses extrémités étaient froides, ce qui annonçait Une mort prochaine ; cependant il vivait encore vingtquatre heures après. M. Duret proposa alors de lui ouvrir le ventre au bas de la région iliaque gauche, d’aller chercher l’S du colon, de faire une ouverture à cet intestin , et de le fixer au voisinage de la plaie. Cette opération fut d’abord essayée sur le corps mort d’un enfant d’environ quinze jours. Les consultant, satisfaits de sa réussite , décidèrent qu’elle serait pr a-tiquéê sur lé petit malade. Effectivement M. Duret la lui fit : l’intestin fut assujetti par deux fils cirés que l’on passa derrière, et que l’on fixa aux bords de la plaie. L’ouverture, faite suivant la longueur du colon , donna issue à une grande quantité de vents et de mé-

conium* et la plaie fut pansée de la manière la plus simple. Dès le lendemain l’enfant était déjà dans un état assez satisfaisant; il faisait en tendré quelques, cris que la faiblesse dans laquelle il était avant l’avait empêché de pousser. Les jours suivans sa situation s’améliora , au point que l’on jugea qu’il n’avait plus besoin que de soins de propreté-, et les fils d’attente qui retenaient l’intestin furent ôtés. Le septième jour l’enfant fut remis à ses parens; il vit avec un anus contre nature compliqué d’un double renversement d’intestin qu’il n’a pas été possible de prévenir ni de corriger. Peut-être pourra-t-on y remédier dans la suite, lorsque lenfant aura plus de force et de raison; il n’était encore âgé que de vingt -cinq mois lorsque cette observation m’a été communiquée. ,

Au lieu de faire une ouverture au ventre au-dessus Opération de l’aine , M. Callisen, chirurgien qui jouit d’une ré- ^caRiéenT putation distinguée à Copenhague, a proposé d’aller chercher la partie gauche du colon dans sôn trajet' le long de la région lombaire , où il suppose qu’elle est en quelque sorte au dehors de la cavité du péritoine.

Il voudrait que Lon incisât entre le bord des fausses côtes et la crête de l’os des îles, parallèlement au bord antérieur du muscle carré des lombes. Il en résulterait de même un anus contre nature, mais qui serait moins défavorable., parce que le sujet incommodé pourrait se garnir plus aisément , et que son infirmité serait plus éloignée des organes de la génération.

M. Callisën a essayé cette opération sur un enfant mort qui avait le rectum imperforé , sans apparence d’anus; il n’avait pas assez bien pris ses dimensions, de sorté

qu’il ouvrit le péritoine, et pénétra dans lé ventre. Ayant fait une seconde ouverture plus en arrière, il parvint au colon, comme il se l’était proposé; cependant il ne dissimule pas que ses doigts , qu’il avait introduits dans la première incision, et dont il se servit pour assujettir cet intestin , lui furent très-utiles. La plaie: faite dans le lieu qu’il désigne ne lui paraît pas devoir être de grande importance , vu le petit nombre de vaisseaux sanguins qui s’y rencontrent.

Ce projet est louable , puisqu’il a pour but, ainsi que celui dè Littré , de conserver des enfans qui semblent dévoués à une mort certaine ; mais les difficultés que son exécution présente ne sont pas compensées par le faible avantage qui pourrait en résulter; D’ailleurs rien n’est moins sûr que la position que M. Callisen attribue au colon dans les enfans du premier âge , il semble au '.contraire que cet intestin est retenu par un lien membraneux et lâche , qui est. de la même nature : que le mésocolon, et qui le rend, en quelque manière-, flottant dans le ventre. Il vaudrait- donc mieux s-en tenir à l’opération de Littré , qui paraît plus : facile à pratiquer, et qui ian eu entre les mains de M. Dure! un succès dont .il: n’est pas possible de douter, ::

De l’ imperforation de Vuretre.

Cette imperforation peut avoir lieu dans les deux sexes.

Elle est rare chez les enfans mâles; je l’ai cependant vue une fois : l’extrémité de l’urètre paraissait dispo-

sée comme à l’ordinaire, mais les bords de l’ouverture étaient collés 1 un à l’autre. On s’aperçut de ce vice de conformation , parce que l’enfant n’était pas mouillé, et parce qu’il faisait des efforts continuels comme pour rendre ses gros exerémens, quoique le méconium s’écoulât avec facilité. J’ouvris avec la pointe d’une lancette, et je ne mis rien pour empêcher les parties incisées de se réunir, dans la persuasion où j’étais que la sortie des urines aurait cet effet. Mon attente n’a pas été trompée , et l’enfant a cessé sur-le-champ de paraître incommodé.

Il est probable que ce qui prévient l’imperforation de l’urètre chez les enfans mâles est le peu d 'épaisseur de ce canal à l’endroit qui répond à la racine du gland , au lieu qu’occupe le frein du prépuce ; de sorte que les urines y trouvant moins de résistance qu’ailleurs , et ne pouvant traverser le gland , se fraient une ouverture qui leur permet de sortir. Peut-être aussi la disposition dont je parle est-elle en quelque sorte naturelle, car on ne la rencontre qu’en des enfans chez qui le frein du prépuce manque absolument, et où cette partie n’a pas une étendue suffisante pour couvrir le gland. Le vice de conformation qui en résulte est connu sous le nom d hypospàdias. Ce vice diffère en ce que d’ouverture de l’urètre, située pour le plus souvent à l’endroit désigné , s’en éloigne quelquefois, et se porte à une plus grande distance du gland , et même à. la partie de la verge qui fait angle avec les bourses. Rien n’est plus aisé à connaître : Test-il également dy remédier.? ou plutôt doit-on le tenter?

Uhypospadias le plus ordinaire, celui qui consiste in. a'8

HypospadÜas. \

Hypospa-

dias ordi-

Hypospadias moins fréquent.

Opération

en ce que le gland est percé à sa base, est fort commun; il ne cause aucune incommodité. Quelques-uns se sont persuadé qu’il nuit à la faculté d’engendrer , parce que l’humeur séminale n’est pas portée d’une manière assez directe vers le col de la matrice. En conséquence , ils ont conseillé des opérations uussi dangereuses qu’elles seraient inutiles, comme de percer le gland depuis son sommet jusqu a la cavité de l’ürètre , soit avec une lancette ou avec un trois-quarts , dé placer dans le trajet que ces instrumens ont parcouru une canule qui serait assujettie jusqu’à ce que la plaie fût consolidée, et de travailler à fermer l’ouverture qui est au-dëssous du gland ,^en la cautérisant et en la faisant suppurer; ou de fendre le gland depuis louyerture de sa. base jusqu’à son sommet, à une profondeur qui permette d’y placer une canule, et de rapprocher le reste (les bords de la plaie pour en obtenir la réunion. Il suffit, pour apprécier ces projets , de se rappeler l’extrême sensibilité du gland, et la nature de la substance dont il est composé, laquelle ne pourrait être entamée profondément sans donner beaucoup de sang ; ou plutôt de consulter l’expérience, qui dit que les personnes ainsi conformées sont également propres à engendrer que les autres.

■ Il n’en est pas de même de celles en qui l’ouverture de l’urètre s’éloigne beaucoup du giand : si cétte ouverture répond à la racine de la verge , l’humeur séminale lie peut être portée à l’endroit convenable* et les ' sujets ainsi disposés ne peuvent avoir d’enfans. C’est un malheur auquel il n’y a point dé remède.

(Cependant M. Dupuytren a tenté une fois avec

succès de guérir un hypospadias de ce genre. L’èiifant qui en était affecté présentait à la racine de la verge une ouverture fort petite , par laquelle s’écoulait l’urine avec une lenteur extrême et une grande difficulté. Les deux pouces d’étendue que l’organe présentait depuis ce point jusqu’à son extrémité , étaient imperforés , et sans aùcune trace de canal. Les parens du jeune malade semblaient attacher la plus haute importance à ce que les fonctions dés organes génitaux ne fussent pas abolies chez lui, et , d’après leurs instances, M. Dupuyfren imagina et se résolut à exécuter le procédé suivant. Un trois-quarts de petite dimension, et construit exprès , fut introduit depuis la partie antérieure et inférieure dû gland , le long du trajet que devait affecter l’urètre, jusqu’à l’endroit de la fistule. .Toute cette étendue fut ensuite cautérisée avec un cautère en roseau très-mince. Les accidçns inflammatoires furent violens , la gangrène menaça même de détruire la verge ; mais enfin, combattus avec énergie , ces âccidens se dissipèrent, les escharres se détachèrent; une suppuration de bonne nature s’établit : on put alors introduire dans le canal nouveau une sonde de gomme élastique , qui , se continuant dans l’urètre , et pénétrant dans la vessie, donna une libre issue à l’urine. Après trois mois de traitement , la fistule de la racine de la verge , cautéri'sée avec le nitrate d’argent , se cicatrisa ; l’urine sortait en totalité et facilement par le conduit nouveau; celui-ci fournissait cépëndant encore quelque peu de suppuration. Il avait de la tendance à se rétrécir ; mais l’usage continué dés sondes et des bougies l’auront sans, doute maintenu dilaté

de M. Dupuytrec*

jusqu’à cicatrisation complète de ses parois; du moins l’enfant , qui fut alors retiré des mains de M. Duptiytren, ne vint-il jamais depuis ce temps, c’est-à-dire depuis dix ans environ , réclamer ses soins. ).

Les sujets affectés de l’espèce d’hypospadias qui nous occupe ont souvent été pris pour des filles au moment de leur naissance, et élevés comme telles. Tous lés enfans mâles ne naissent pas avec les testicules hors du ventre. La peau des bourses paraît enfoncée à leur partie moyenne, en. ceux qui ont l’espèce d’hypospàdias dont il, s’agit. La verge, à cette époque, ne fait guère plus de saillie que le clitoris n’en fait sur quelques sujets du sexe féminin , de sorte qu’il est aise de s’y méprendre. Je dois avouer que cela m’est arrivé, même dans une circonstance où plusieurs personnes de l’art étaient d’un avis différent du mien. Le sujet que nous avions sous les yeux était âgé de douze à quatorze ans; il n’avait pas encore de testicules dans les bourses; sa voix était grêle comme celle d’une fille, parce quelle n’avait pas mué; il avait là peau délicate et blanche; son embonpoint aida à më tromper, en ce que je crus apercevoir en lui des mamelles qui étaient prêtes à se développer. Il grandit, et toutes ces apparences se dissipèrent; c’était un garçon.

L’imperforation de l’urètre n’est pas plus commune . chez les enfans du sexe féminin que chez les enfans mâles; on s’en aperçoit également, parce que l’enfant ne rend point d’urine. Si le seul obstacle qui; s’oppose à leur: sortie est une membrane mince qui soit tendue par la présence du liquide qui cherche à s’échapper, il est aisé d’y remédier en la perçant avec la pointe

d’une lancette ou avec celle d’un bistouri. Si les urines étaient retenues par un resserrement absolu de l’extrémité de l’ürètre, et qu’on s’aperçût du lieu où ce canal sè termine , on l’ouvrirait de la meme manière , quoiqu’avec plus de difficulté.

La nature trouve aussi dans ces cas les moyens de suppléer au défaut de conformation que présente le conduit des urines , en préparant à cette liqueur une voie qui n’est pas ordinaire. : on en trouve un exemple dans les observations de Cabrole. Ge chirurgien dit avoir donné des soins à une demoiselle de dix-huit à vingt ans qui avait toujours rendu ses urines par le nombril. Cette partie était alongée èn manière de crête de coq. Cabrole, avant de rien entreprendre, voulut connaître la disposition de l’urètre : et 1 ayant trouvé fermé par une membrane assez épaisse, il commença par l’ouvrir et par y placer une canule, pour ramener les urines par en bas, et pour leur procurer une issue convenable. Il fit ensuite une forte ligature autour de l’excroissance du nombril : et il eut la satisfaction de guérir la malade en treize ou quatorze jours. Littré a aussi communiqué à l’Académie des Sciences , en 1701 , l’histoire d’une fille qui avait presque toujours rendu ses urines par le nombril , parce que le col de la vessie se trouvait bouché par une chair fongueuse.

De V imperforation du vagin.

Il est assez commun de voir naître des filles avec différentes espèces d’imperforations du vagin : quel-

Comment a nature y remédie.

Obs. de Cabrole.

Ôbs. de Liftre. '

Non complète.-

quefois cette imperforation n’est pas complète, de sorte que les écoulemens ordinaires trouvant une issue libre, on est long-temps à s’en apercevoir. On a sans doute été souvent dans l’obligation de remédier à ce vice de conformation, pour mettre les jeunes femmes qui en étaient attaquées en état de remplir le but du mariage. Quelques -unes ont pu le remplir malgré la disposition dont il s’agit 5 et la membrane qui bouchait une partie de l’orifice du vagin s’est déchirée dans les efforts de l’accouchement , ou a été incisée autant qu’il convenait , pour favoriser cette opération de la nature. Il est plus extraordinaire qu’il se soit vu deux membranes de cette espèce placées l’une au-dessus de l’autre ; car celle que l’on rencontre si souvent n’est autre chose que l’hymen dont l’épaisseur et la consistance sont plus grandes que dans i’etat naturel. Mais cette seconde membrane que l’on dit avoir rencontrée au-dessus, par quoi était-elle for-

Obs. de mée? Cependant Ruisch en rapporte un- exemple; Une

Kuisch. r . . - r

femme .en travail d entant depuis trois jours ne pouvait accoucher. La tête se présentait au dehors, mais elle était retenue par l’hymen , qui lui bouchait le passage, et qui était fort tendu. Ruisch y fit. faire pne incision qui fut sans snccès , parce qu’unë autre membrane plus épaisse , et située plus profondément dans le vagin, empêchait la sortie de l’enfant. Cette seconde membrane ayant été coupée , l’enfant sortit , et le reste de l’accouchement se termina heureusement.

imperfora- Lorsque l’imperforation du vagin est complète, il 4 d^vT^in.16 survient, au moment de l’éruption des règles, un grand nombre d’incommodités qui augmentent d’intensité à

mesure que le sang s’amasse dans ee canal, et qui peuvent entraîner la perte de la malade, lorsque la cause en est inconnue, ou qu’on s’en aperçoit trop tard. Ces incommodités sont assez semblables à celles

de la grossesse. Tels sont les borborygmes , la perte ou la dépravation de l’appétit, les nausées, les vomissemens, le gonflement des mamelles , les spasmes , les mouvemens convulsifs, la tuméfaction du ventre, etc. Aussi est-il souvent arrivé que de jeunes filles qui étaient dans ce cas aient passé pour être enceintes , quoiqu’elles n’eussent pas en elles les conditions nécessaires pour le devenir : quelques-unes sont mortes après avoir, éprouvé les aqcidens les plus douloureux.

Lorsque la membrane qui se trouvé à l’extrémité du vagin est le seul vice de conformation que présent tent les parties génitales, il est facile de guérir les "malades par une incision cruciale, ou par une seule incision dont on tiendra les bords écartés par une tente d’une longueur et d’une grosseur raisonnable. On trouve des exemples de la réussite de cette opération dans un grand nombre d’auteurs. Je me contenterai de rapporter le suivant, qui est tiré de Fabrice d’Aquapendente. Une fille vint au monde avec une membrane qui bouchait le vagin eft entier ; elle n’en fut pas incommodée jusqu’à l’âge de treize ans , temps auquel ses règles voulurent paraître. Comme elles étaient retenues, il survint à la malade des douleurs atroces dans les reins, à la partie inférieure du bas-ventre , et au haut des cuisses. On crut qu’elle était attaquée de goutte sciatique , et on la traita en conséquence :,les remèdes qu’on lui prescrivit ne l’empêchèrent pas de

Comment on % remédia. '

Obs. de Fabrice d’Aquapen-

44 O DE li A MÉDECINE

tomber dans une fièvre étique^ qui la réduisit à un marasme décidé, et qui causa des insomnies, de Finappétenc’e et du délire. I! se forma ensuite une tumeur douloureuse et fort réniten té dans la partie du basventre qui répond à la matrice. Ces* douleurs augmentèrent tous les mois, au temps où la malade devait* avoir ses règles ; elle était mourante lorsqu’on appela Fabrice d’Aquapendente , qui , après avoir examiné l’état des choses, fit l’opération qui convient en ce cas. Il sortit du vagin une quantité prodigieuse de sang noir et putréfié; les aceidens diminuèrent peu à peu, t et la malade guérit.

Il n est pas toujours également facile de remédier à l’imperforation du vagin , lorsqu’ elle est produite par le rapprochement des 'parois' de ce canal * dans une grande étendue : la réussite dê l’opération devient plus difficile, parce quôn ne peut parvenir au dieu qui ; contient le sang, qmen traversant une épaisseur de par*» Obs. de ties plus ou moins considérable , et qu’il est a craindre deHaeu.. d'intéresser le rectum ou la vessie. Une. demoiselle de vingt-quatre ans , après avoir éprouvé sans succès » depuis huit ans, les remèdes les plus propres à provoquer l’écoulement des menstrues, avait le ventre extrêmement gonflé et dur, et une espèce de zone étendue d’un côté à l’autre , à la hauteur du nombril. On aperçut enfin que l’imperforation du vagin était la seule cause de ces àccidéns et de tous ceux qu,e la malade n’avait cessé d’éprouver depuis long temps. On lui fit une incision qui permit de porterie doigt dans un grand vide, et qui fut suivie d’un écoulement de sang assez abondant. On croyait avoir pénétré dans

le vagin; mais la malade étant morte trois jours- après, on s’aperçut , à l’ouverture de son corps, qu’on s’était trompé : la cavité dans laquelle on avait introduit le doigt était la vessie. Le .vagin était terminé inférieurement par un corps de vingt-sept millimètres de. diamètre, quatorze de haut; la partie supérieure de ce conduit, la matrice et les trompes, étaient excessivement dilatées et remplies d’une sanie de couleur brune noirâtre; Une pareille humeur était répandue dans le ventre , et l’on vit qu’elle venait d’une crevasse qui s’était faite aux trompes. Les ovaires étaient dans leur état naturel. De Haen , qui rapporte ce fait dans la sixième partie de son ouvrage intitulé Ratio medendi, pense que , jjour éviter l’ouverture du rectum ou de la vessie, il faudrait ne faire à la membrane qui bouche le vagin qu’une seule incision oblique, suivant le conseil qui en a été donné par Job à Meeckren.

(il est à remarquer toutefois que dans les cas d’imperforation de la matrice ou du vagin , l’opération n’est pas, en général, d’une exécution fort difficile , parce que le chirurgien est guidé par la collection sanguine accumulée dans la cavité de ces organes. Mais ce qui est spécialement à craindre , c’est la vive inflammation de la matrice. Le sang qu’elle contient est toujours noir, fluide, homogène,- sans odeur désagréable , et visqueux comme un mucilage très - épais. Or , il arrive presque, constamment que la sortie de ce liquide est suivie d’une métrite sur- aiguë , produite soit par l’affaissement brusque des parties , soit par l’action de l’air qui pénètre dans leur cavité. Cette phlogose est souvent d’une intensité telle que les

Obs. de M. Dupuy-

DE Ti A MÉDECINE

sujets y succombent en peu de jours. Il faut donc être averti dé l’existence de ce danger, afin de prévenir ou de combattre la phlogose qui doit survenir , à l’aide de saignées générales et locales, des fomentations émollientes, de la diète la plus sévère, en un mot du traitement antiphlogistique le plus actf , et surtout de bains îièdes presque continuels»

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